Tout peut arriver

23 novembre 2009

Les trois mousquetaires – Alexandre Dumas

Classé dans : Livres — dflasse @ 16:39
Tags: ,

Ouf ! Terminé. Cela fait près d’un mois que je me traîne cette brique de 900 pages.
D’Artagnan est un personnage qui fait partie de la culture populaire. Tout le monde connaît Athos, Porthos et Aramis. Ou croient les connaître. En effet, j’ai découvert des personnages fort éloignés de l’image de héros un peu datés, pétris d’honneur, de bravoure et de bons sentiments. En réalité, j’ai trouvé des soudards à la morale légère dotés d’un sens de l’honneur idiot qui s’apparente plus à un code maffieux qu’à de la distinction. En lisant, je me suis souvent demandé comment des personnages aussi peu recommandables étaient devenus des modèles pour des tas de gamins en mal d’aventure. Drôles de modèles.

La vérité est que si je ne l’ai réellement adoré, le livre m’a souvent intéressé. D’abord pour la modernité incontestable du récit si on met de côté l’aspect « capes et épées » qui n’est plus très en vogue depuis une bonne trentaine d’année. Ensuite, les multiples rebondissements et les intrigues parallèles sont dignes d’une série TV actuelle. Les ressorts de l’intrigue n’ont pas beaucoup changés depuisle 19ème siècle (le roman a été publié sous forme de feuilletons en 1844). Ce qui a changé serait plutôt le professionnalisme des éditeurs (de nombreuses incohérences du récit rendent la lecture parfois déstabilisante)
Il me faudra sans doute plusieurs semaines avant que je ne sache si j’ai apprécié ou pas. J’ai l’impression de ne pas avoir (trop) perdu mon temps mais je n’éprouve aucune envie de prolonger l’expérience avec les deux autres volets de la trilogie des mousquetaires. En dépit de l’intérêt que représente le décalage avec le roman moderne, c’est assez long, bâclé (personne ne relisais Dumas ?) et l’intrigue est à ce point entrée dans la culture populaire que les pages sont parfois lourdes à tourner.

16 novembre 2009

Centre démocrate

Classé dans : Humeur — dflasse @ 22:51
Tags: , ,

Le CDH organise des élections pour désigner un(e) successeur à Joëlle Milquet. J’aime bien les élections. Il y a un enjeu, des poses, des déclarations, un suspense, des haines, des alliances, … Pour éviter qu’il n’y ait trop de tout ça, le CDH a bien fait les choses. Un réglement en béton qui disqualifait quiconque n’était pas Benoit Lutgen (j’exagère à peine). Un comité des sages devait examiner les (la?) candidature pour vérifier qu’elle correspondait bien aux critères stricts qui encadraient la procédure.

Le hic, c’est que Benoit il n’est pas chaud-chaud. Il aime son boulot à Namur et n’a pas envie d’aller s’enferrer dans le panier de crabes fédéral. Donc, Benoit a posé sa candidature (fallait bien) et tout le monde était content.

Sauf le comité des sages qui est bien embêté pour vérifier la validité de la candidature: Benoit est d’accord d’être élu si on attend deux ans. Sinon, ça le fait pas. Le comité ne peut pas dire que le réglement fait pour élire Lutgen n’est pas bon. Mais il ne peut pas qualifier Lutgen non plus puisqu’il pose sa candidature pour dans deux ans.

En fait, j’aime bien aussi les élections au CDH. C’est réconfortant de voir à quel point un parti politique est soucieux de la transparence et respecte les réglements qu’il édicte. C’est rassurant de constater que des gens aussi pointilleux soient les mêmes que ceux qui nous représentent pour conduire le pays.

12 novembre 2009

Quand Fabiola, on ne compte pas

Classé dans : Humeur — dflasse @ 23:00
Tags: , ,

Je me demande s’il s’agit de résignation ou d’invraisemblance.

La presse s’est faite l’écho d’une baisse de la dotation accordée à la famille royale de Belgique suite  à la baisse de l’inflation. Ce qui est intéressant, à lire les divers commentaires, c’est qu’une forme de consensus semble se dégager. Je suis partiellement en phase avec lui. On vit dans une démocratie où le Roi a une légitimité légale qui est contestable mais qui est reconnue par une large part de la population. Qu’Albert II et son héritier soient entretenus (je ne trouve pas d’autre mot) par les finances publiques est une chose qu’on peut déplorer mais qu’il faut respecter. Après tout, le trésor public français finance des choses parfois bien discutables et voici plus de deux siècles qu’on n’y parle plus de royalisme (quoique).

On sent glisser l’opinion en ce qui concerne le reste de la fratrie de Philippe. On s’offusque légèrement du yacht d’Albert II mais on se lasse encore plus des frasques de Laurent. Bienvenue au 21ème siècle!

Bref, la participation financière des belges à l’institution royale n’est pas ma tasse de thé mais je la respecte. Comme je respecte le financement d’autres institutions telles que l’Eglise malgré la méfiance qu’elles m’inspirent. Là aussi, un consensus se dégage.

Ce qui me frappe vraiment, c’est que personne ne remette en cause la hauteur des sommes allouées à la veuve du roi Baudouin. 1.462.000 Euros pour l’année 2010 (elle perd 132.000 euros car sa pension est liée à l’inflation qui a été négative). Elle touche 30 fois le salaire brut d’un employé moyen avec pour seule qualification d’avoir été la femme du roi et d’aller écouter les violonistes du concours reine (encore) Elisabeth et la messe du Te Deum (elle revient juste pour ça après un repos de 3 mois en Espagne. C’est ce que j’appelle de l’argent bien dépensé).

Si la presse Flamande tape régulièrement sur Philippe et si tout le monde le fait sur Laurent, je n’ai jamais entendu personne s’étonner qu’une vieille bigote sympathique touche une retraite de plus de 110.000 euros par mois. Ca me laisse pantois.

26 octobre 2009

Rendez-vous avec Rama – Arthur C. Clarke

Classé dans : Livres — dflasse @ 22:45
Tags: , , ,

Je lis assez peu de Science-Fiction. A l’instar du polar qui permet de soulever de graves questions par le biais d’une intrigue dont les codes sont attendus par le lecteur, la SF et ses dérogations aux contraintes de la physique et de la technologie actuelle devrait permettre aux romanciers une multitude de thèmes à explorer. Comme c’est un genre que je connais à peine (et principalement grâce au cinéma), je ne lis pratiquement que ce qui est consacré comme des ‘valeurs sûres’ par les amateurs. C’est ainsi que j’ai pu découvrir le monde de Dune, la quête d’Hypérion, les interrogations du Spin, voire, il y a très longtemps le monde du non-A qui m’a laissé un souvenir perplexe. Ces lectures m’ont souvent fascinées par leur univers mais presqu’aussi souvent irritées pour la médiocre qualité de leur écriture. Rendez-vous avec Rama ne fait pas exception à la règle. J’oserais même écrire qu’il illustre parfaitement le constat.

Pour bien comprendre la composante technologique du livre, il convient de resituer l’époque où il a été écrit. C’est-à-dire en 1973, au moment où le programme Apollo touchait à sa fin et que les expéditions vers la Lune devenaient banales. Rama a reçu un excellent accueil et s’est vu attribuer de nombreux prix littéraires lors de sa sortie qui l’ont quasi instantanément propulsés au rang de classique de la littérature SF. L’intrigue n’est pas banale même si elle tourne autour d’un thème récurrent (un objet inconnu à la finalité incertaine). Au début du 22ème siècle, le système solaire a été colonisé par l’homme et, pour se protéger des astéroïdes, un système de surveillance de l’espace a été mis en place. C’est ainsi qu’un objet parfaitement cylindrique d’une taille gigantesque (50 km de longueur et 16 km de diamètre – on ne peut tenir rigueur à Clarke de son manque de précision) est détecté. Une expédition est rapidement montée pour aller l’explorer l’objet baptisé Rama. L’aspect franchement génial du bouquin est la cohérence de l’univers imaginé par l’auteur. A l’intérieur du cylindre est enfermé un monde mort mais disposant d’une gravité due à la rotation du cylindre.  Imaginez un monde où vous marcheriez à l’intérieur d’un cylindre au lieu de l’extérieur d’une sphère (une planète). Tout est chamboulé et toutes les conséquences de ce changement de références géométriques est abordé avec une rigueur presque mathématique.

Cela dit, j’ai vraiment trainé ce bouquin comme un boulet. Si l’imagination d’Arthur C. Clarke ne peut être remise en question, son style est réellement poussif et son intrigue parait plus artificielle que l’objet qu’il décrit à longueur de page. Il y a plus de chaleur humaine dans un article du Monde sur les quotas de pêche que dans tout ce livre.  Si on connait précisément les dimensions de Rama, les personnages n’ont même pas l’épaisseur d’une feuille de cigarette.

En ce qui concerne le style, voici un court extrait qui m’a laissé perplexe. Il s’agit d’un paragraphe et il ne fait pas plus sens dans le contexte global du récit. C’est pour moi grammaticalement incompréhensible (j’ai conservé les italiques). Je mets quiconque au défi de m’expliquer la partie soulignée (p. 246):

Il ne restait qu’une seule solution. Chaque atome, jusqu’au dernier, de l’Endeavour, devait être sous l’emrpise d’une quelconque force, et seul un très puissant champs gravitationnel pouvait produire un tel effet. Du moins, aucun autre champs connu

Rama bousculera votre imagination en vous ennuyant. Un exploit paradoxal.

23 octobre 2009

Nouvelle version de Windows

Classé dans : Humeur, Technologie — dflasse @ 08:47
Tags:

Sans entrer dans les perpétuelles discussions byzantines sur les qualités relatives de chaque système d’exploitation, on ne peut que constater que Microsoft reste la seule compagnie à vendre un produit dont personne ne peut vérifier ce qu’ils font ou peuvent faire de nos données.

22 octobre 2009

Vaccine-toi et marche

Classé dans : Humeur — dflasse @ 09:34
Tags:

Selon le Soir et la RTBF, un groupement de citoyens a introduit une plainte en référé auprès du tribunal de Bruxelles contre l’état Belge. Ils mettent en cause la campagne de vaccination. J’avais déjà fait part de mes doutes quant à la nécessité des mesures prises en comparaison avec le risque avéré. Je dois dire que les méthodes employées par la cellule Influenza ont de quoi interpeller.

En premier lieu, les coordonnées de chaque citoyen vacciné seront enregistrées dans une base de données. Je peux comprendre la nécessité de croiser les informations mais mettre des données relatives à la santé dans un système informatique nécessite des précautions légales et de sécurité qui n’ont pas pu être mises en place dans un délai si court. Nécessité ne peut pas faire loi en ce qui concerne la vie privée.

Ensuite, carrément incroyable: la notice du vaccin Pandemrix choisi par les autorités fédérales est différente selon le public visé. Pour les médecins, la notice est plus complète en ce qui concerne les effets secondaires hautement improbables mais parfaitement possible (tels que le Syndrôme de Guillain-Barré ). Ce qui est certain, c’est qu’il est inadmissible que le grand public soit privé d’une information essentielle. La cellule Influenza se défend en affirmant ne pas vouloir inquiéter la population. Qui sont-ils pour juger ainsi ce qui est bon pour nous? Depuis quand as-t-on réinstauré ce paternalisme anachronique?

21 octobre 2009

Bons de réduction électroniques sur internet

Classé dans : Humeur — dflasse @ 09:33
Tags: ,

Un article du Soir m’a fait sourire ce matin. Présenté comme une avancée, le bon de réduction “électronique” est maintenant une réalité. Il paraît que les Belges sont les champions du monde de l’utilisation de bons de réduction en magasin. Sans doute pour faire moderne, les distributeurs ont mis au point un système où il est possible de se procurer ces bons depuis votre ordinateur. En plus d’être complexe, le système est assez pernicieux.

Complexe? Jugez-en. Vous devez vous inscrire sur un site, choisir le bon, cliquer dessus pour qu’il s’imprime automatiquement sur votre imprimante. Il ne peut pas apparaître sur l’écran pour éviter les fraudes. Ce n’est pas tout. Il vous faut encore découper le bon (les caissières n’accepteront pas les feuilles A4).

Pernicieux? D’abord, les bons sont nominatifs. Les distributeurs pourrons tracer avec précision qui a acheté quel produit à quel moment et avec quel bon. Ensuite, la valeur faciale du bon ne peut pas dépasser 1 €. Ce qui est drôle, c’est que le coût de revient d’une page imprimée à l’aide d’une jet d’encre peut aller jusqu’à 30 centimes.

Ce genre de procédé qui vise à pousser le client à faire le boulot du distributeur et à contrôler la façon dont il consomme un produit se répand de plus en plus. On songe bien sûr aux banques qui découragent l’usage du guichet humain. Mais que penser du DVD qu’on ne peut pas lire s’il a été acheté légalement dans une autre ‘zone’ géographique? Que penser des connecteurs des gadget électroniques qui sont conçus pour ne fonctionner qu’avec une seule marque?

13 octobre 2009

La souris bleue – Kate Atkinson

Classé dans : Livres — dflasse @ 08:49
Tags: , , ,

Une belle surprise. Je m’attendais à un roman assez contemplatif. Un peu larmoyant pour tout dire. Je n’arrive plus à me rappeler d’où me venait cet a priori mais ce qui est certain, c’est que je n’ai acheté La souris bleue que sur la recommandation du système de suggestion d’Amazon. Il y a quelque chose de vaguement inquiétant dans le fait d’apprécier un livre qui vous a été recommandé par un robot.

Bref.

Le roman traite de plusieurs disparitions dont certaines remontent à plusieurs dizaines d’années sur lesquelles un détective privé (évidement) désabusé amateur de musique country chargé d’enquêter. Sur une trame narrative de forme fort classique, Kate Atkinson construit un roman qui n’a absolument rien d’un polar. Elle suit une ligne du temps complètement désarticulée qui gagne en chaos au fur et à mesure que l’intrigue se développe. Avec sensibilité, l’auteure prend soin de s’éclipser derrière ses personnages qui se révèlent légèrement azimutés mais attachants. Le mélange des genres permet une fluidité au récit qui aurait été difficile à créer sur des thèmes aussi difficiles que la disparition, le deuil, l’amour familial et la difficulté de voir ses enfants grandir.

Le style d’Atkinson est très clair et, si les ellipses dont elle use sont parfois déstabilisantes, elles rendent plus nerveux le rythme du roman. Le fait d’utiliser comme personnage pivot de son roman un détective privé dont les enquêtes se révèlent secondaires chahute agréablement les repères du lecteur. Le regard aiguisé qu’elle porte sur notre société navigue entre l’incompréhension et une légère mélancolie.

Je n’avais jamais entendu parler d’Atkinson auparavant mais je compte bien creuser le reste de son œuvre pour garnir ma bibliothèque.

12 octobre 2009

Taxer les banques

Classé dans : Humeur — dflasse @ 17:05
Tags: ,

Imaginons que Rudy est le propriétaire d’un petit fritkot Bruxellois. Comme la commune ou il exerce ses activités voit ses caisses se vider, elle impose une taxe supplémentaire sur le litre d’huile à frite consommée. Pour faire passer la mesure, le conseil communal prend garde de peindre la mesure en vert en mettant en avant des raisons ‘environnementale’. Ca se fait beaucoup. Apprenant la chose, Rudy a hausse les épaule, augmente le prix du paquet et râle sur les politiciens qui sont tous des pourris.

Demain soir, nous allons tous voir défiler les responsables politiques nous expliquer fièrement comment ils ont pu éviter de faire payer trop lourdement les effets de la crise au citoyen pour faire peser un maximum de la charge sur les banques. Je me demande comment les banques vont réagir.

D’après moi, la contribution des banques telle qu’elle est envisagée n’est rien d’autre qu’une taxe indirecte qui sera payée par les consommateurs. Pourquoi ne pas s’attacher à lever les secret bancaire? Pourquoi ne pas mieux taxer les plus-values? Imposer les transactions? Il y a quelques années, l’industriel Flamand John  Cordier a revendu pour plusieurs dizaines de millions d’euros la société Telindus qu’il avait achetée une bouchée de pain avant de la développer. Il n’a pas eu à payer un centime d’euro sur la plus-value.

Tous ces bidules qui consistent à taxer les banques et supprimer les bonus sont des fumisteries qui loupent leur objectif.

Albert et Benoit

Classé dans : Humeur — dflasse @ 08:41
Tags:

xn7djmnaJe ne sais pas ce que vous en pensez mais cette photo publiée par le Soir me fiche le bourdon. Lorsque le symbole non élu de mon pays se prosterne devant un autre symbôle, cela me met mal à l’aise. Albert II a le droit d’être catholique mais s’il représente la Belgique, il perd ce droit au profit du respect de toutes les opinions qu’il est censé représenter. Une simple poignée de mains aurait largement suffit.

9 octobre 2009

Ainsi va l’Histoire

Classé dans : Humeur, Série — dflasse @ 17:46
Tags: , , ,

Une suggestion: pour éviter de vous retaper un nouvel épisode de Joséphine ce soir, courrez vous procurer la série ‘Mad Men’. Le pitch est assez novateur: la vie de publicistes dans le New York de 1960. A-delà des qualités de la narration, de l’interprétation et de la réalisation, ce qui nous frappe comme un coup de poing est de mesurer à quel point le monde à changé en cinquante petites années. Même si c’est un gimmick et que le trait est forcé, voir les acteurs allumer clope sur clope est devenu choquant. Ensuite, la place de la femme (et des hommes d’ailleurs) est tellement enclavée dans des stéréotypes soigneusement entretenus que le New Yorkais de 1960 ne nous paraît pas si différent du taliban moderne. Les noirs sont des serviteurs, les femmes des potiches, les hommes des chasseurs. Les hommes boivent. Tout le monde fume.

On a vraiment l’impression de regarder une émission de téléréalité dans une région oubliée de l’histoire. Un peu comme si on découvrait des pigmées polygames dans le sud des Ardennes.

Mon premier réflexe fût de me dire que le trait était grossi. Pourtant, j’approche de la quarantaine et le monde beaucoup changé depuis que j’étais gamin. Je me souviens qu’il n’y a pas si longtemps, les fumeurs étaient rois dans les bureaux. C’est aussi assez nouveau que tout le monde fasse plus ou moins gaffe à ne pas se prendre une biture avant de prendre le volant. Même si on est loin du compte, être homosexuel ne vous condamne plus à être un paria de la société. Il y a encore une vingtaine d’année, homo était une insulte et pas une préférence sexuelle. Si les pères au foyer sont encore rare, ils suscitent plus l’envie et le respect. Les femmes sont respectées pour leur compétences et plus uniquement pour leur rôti du dimanche après la messe.

Il y a cinq ans, les USA n’avaient pas réélu Bush Jr. Van Cau était le premier personnage politique de la Wallonie. Happart était le second. Personne n’avait oublié les noms de Despiegeler et Cariat. Tsunami était probablement le nom d’un pays d’Asie. Votron était un patron de banque respecté.

Voici bientôt 5 ans, le 13 décembre 2005, était promulgué au Moniteur Belge la loi relative à l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

Cinq ans. Une éternité.

2 octobre 2009

La maison du bout du monde – Michael Cunningham

Classé dans : Livres — dflasse @ 22:03
Tags: , , ,

C’est drôle comme un livre peut vous enchanter; son style vous émerveiller; son histoire vous surprendre. Lorsque j’ai la chance de tomber sur une pépite ou juste un très bon roman, je suis impatient de partager ma découverte avec mes lecteurs. Lorsque j’ai détesté, je me défoule en espérant que ma hargne en détournera l’un ou l’autre qui  mettra à profit le temps gagné pour lire un textes plus excitant.

Pas celui-ci. Une ombre est passée au dessus de mon enthousiasme.  Il paraît que La maison du bout du monde a fait un tabac dans tous les pays où il fût traduit. Tant mieux pour l’auteur. Je suis sincèrement heureux pour lui. On sent qu’il le mérite. On éprouve le labeur qu’il a mis dans son ouvrage. Michael Cunningham est probablement un type qui était premier de classe. Un gars qui bossait bien tard pour remettre la copie la plus aboutie. Un bosseur. Pas un génie.

Tout est très bien dans ce livre. C’est très bien écrit. Il y a une belle réflexion sur la nostalgie et la difficulté de communiquer dans une famille. Un beau point de vue aussi sur le fait que quelque soit son mode de vie, on aspire à une certaine forme de banalité. C’est aussi un livre sans relief, sans âme véritable. Sans étincelle.

C’est un roman choral où chaque chapitre est écrit du point de vue subjectif de l’un ou l’autre des personnages principaux de l’intrigue. Il y a la mère de famille névrosée, délaissée et froide. Il y a son fils, ténébreux et légèrement misanthrope. Il y a son ami, qui comme lui, est issu d’une ambiance familiale glauque et pesante. Au fur et à mesure, des trips musicaux et de drogues, au fil des expériences sexuelles qui dépassent le touche-pipi (les gamins se sont connus à 11 ans), des liens ambigus se tissent et se défont lorsque l’un deux part vivre à New York.

J’arrête ici la litanie des étapes qui mènent les deux amis de déboires sexuels, familiaux et sociaux à une aspiration de vie rangée. C’est comme si l’auteur pensait pouvoir combler son manque d’inspiration par la marginalité mal acceptée de ses personnages. Je me suis surpris à plusieurs reprises à revenir lire le titre du chapitre qui annonçait le nom du personnage qui s’exprimerait dans le passage qui suivait. Pour être sûr de bien suivre. J’en avais besoin car le ton, les expressions, la verve et les réflexions étaient étrangement monotone. Que ce soit la mère délaissée, le jeune homo bobo, la femme excentrique qui se voit vieillir, … tous s’expriment et pensent de la même manière. C’est lassant. Bien écrit mais lassant.

Il m’a fallu une bonne semaine pour venir à bout de ce bouquin. Il n’était pas mauvais mais la chimie n’a jamais pris. Il m’a juste paru terne et laborieux.

29 septembre 2009

Frantic Polanski

Classé dans : Humeur — dflasse @ 14:02
Tags:

Je n’aime pas trop les faits divers. En fait, c’est une litote qui me permet de dire ce que j’en pense vraiment. Cependant, il y a dans l’affaire Polanski des éléments qui me donnent à réfléchir.

Voici plus de trente ans, aux USA, en pleine gloire artistique, Roman Polanski a couché avec une mineure de 13 ans. C’est un fait. Il l’a avoué. La gamine n’était pas une oie blanche et sa mère espérait en tirer quelqu’avantage. Depuis, la victime a demandé à ce qu’on cesse de ramener ce sujet à la une et qu’on oublie tout ça. Un récent documentaire a montré comment le procureur de l’époque s’était servi du dossier pour asseoir sa popularité (aux Etats-Unis, les procureurs sont élus). Polanski a fait 40 jours de prisons préventive avant de sortir sous caution. Mort de trouille, il  a tout plaqué et s’est envole pour la France où il s’est établit et a poursuivi sa carrière artistique. Franchement, étant donné la partialité avec laquelle il était traité à l’époque, je pense que j’en aurais fait autant.

Polanski n’a jamais pu remettre les pieds aux USA. Ce samedi, alors qu’il se rendait à un festival à Zurich, il a été arrêté par la police suisse en vue de l’extrader vers les USA afin d’honorer le mandat international dont Polanski fait toujours l’objet.

C’est ici que l’histoire devient intéressante. Primo, Polanski a une résidence à Gstaad. En Suisse, donc. Le mandat court depuis 30 ans, c’est un premier point étrange. Ensuite, je suis ébahi de voir la liste des “éminents” artistes et des responsables politiques qui s’indignent qu’un artiste d’une telle importance soit jeté en prison. Une pétition en ce sens a déjà été signée par de très grands noms du cinéma. Kouchner en appelle à la clémence auprès d’Hillary Clinton. Frédéric Mitterand est stupéfait. On croit rêver. On peut penser ce que l’on veut de ce qu’il a fait mais je comprends mal que ceux qui pense que sa renommée l’a desservi voici 30 ans lorsque la justice lui a refusé un débat contradictoire soient les mêmes qui pense qu’une telle personnalité devrait être exemptée de futilités telles qu’un mandat d’arrêt pour viol de mineure. Cette réaction est franchement inquiètante.

Même les grands artistes doivent répondre de leurs actes. Même les grands artistes ont droit à une justice équitable. Le talent n’a rien à voir avec la justice.

22 septembre 2009

Je m’en fous

Classé dans : Humeur — dflasse @ 18:59

Cette supplique est destinée à tous les journalistes, à tous les responsables éditoriaux des organes d’information.

Je sais qu’il faut vendre et que le spectacle mettant en scène les sportifs est un argument commercial dont le succès ne se dément pas. C’est juste que ça fait beaucoup lorsque le retour d’une retraitée de 25 printemps fait la une. J’aimerais beaucoup partager la félicité des journalistes lorsqu’une joueuse remporte une forte somme d’argent. Je n’y arrive pas. En fait, ça me laisse aussi froid que, jadis,  les commentaires admiratifs des journalistes économiques sur les “grands capitaines d’industries” qui croulaient sous les bonus. C’était il n’y a pas si longtemps. J’ai parfois l’impression que les journalistes économiques et les journalistes sportifs sont interchangeables. Ils nous vendent les mêmes conneries.

Bref, je ne sais pas si Justine a besoin de regarnir son compte en banque. Je ne sais pas si Kim a assuré l’indépendance financière de sa fille. Je ne sais pas si Maurice est désolé. Je m’en fous. Vraiment. Je voudrais juste que vous respectiez mon désir de préserver l’intimité de ces personnes et que vous nous exposiez les arguments sur des enjeux, certes moins glamour, mais plus proches de mes préoccupations.

A quoi sert la guerre en Afghanistan? Je suis toujours un peu surpris que personne ne relève le fait qu’on va en terre musulmane avec l’armée de L’Atlantique Nord. Comme si la Chine venait pacifier le débat autour de BHV.

Pourquoi il y a-t-il une cinquantaine de ministres en Belgique? Je ne parle pas de leurs salaires (je m’en fous) mais j’ai du mal à concevoir l’intérêt de compétences d’un si petit pays morcelées en 50 administrations qui se parlent à peine.

A quoi servent les provinces? Au moment où on nous dit que les communes ont du mal à boucler leur budget, qu’il faut faire des coupes dans les politiques d’éducation et que le fédéral est sans le sou, je voudrais juste qu’on m’explique à quoi servent les provinces. Sérieusement. Qu’un reportage suive le travail d’un député permanent (il parait que c’est ainsi qu’ils s’appellent) et m’explique à quoi il sert. On nous explique bien que Justine s’entraine nuit et jour.

Qu’on m’explique pourquoi il est si compliqué d’ériger une éolienne. J’ai du mal à comprendre les arguments paysagers dans des régions percluses de chancres industriels le long d’une de nos nombreuses autoroutes.

Bref.  Je comprends que le spectacle des sportifs qui gagnent leur vie intéresse beaucoup de gens. Pas de soucis. Mais est-ce le travail d’un journaliste de rapporter des résultats financiers d’une entreprise? Est-ce aux journalistes de nous saouler avec les atermoiements d’une sportive qui sort de sa retraite pour ‘défendre nos couleurs’.

Je me fous autant de nos couleurs que de son compte en banque. Comme elle.

Je me fiche des résultats du Standard.

Je me contrefous d’Anderlecht.

Je me tape du retour de Kim.

Foutez-moi la paix avec les gens qui gagnent outrageusement leur vie sur le compte du besoin d’admiration.

18 septembre 2009

Chats

Classé dans : Citations — dflasse @ 18:12
Tags:

Ma mère, qui a lu tout Balzac et cite Flaubert à chaque dîner, démontre chaque jour à quel point l’instruction est une escroquerie fumante. Il suffit de la regarder avec les chats. Elle est vaguement consciente de leur potentiel décoratif mais elle s’obstine à leur parler comme à des personnes. Ce qui ne lui viendrait pas à l’idée avec une lampe ou une statuette étrusque.

Muriel Barbery dans L’élégance du hérisson

14 septembre 2009

H1N1, Principe de précaution et totalitarisme.

Classé dans : Humeur — dflasse @ 18:59
Tags:

Je vais me faire des amis.

J’en ai plus qu’assez de la psychose entretenue par les médias et les autorités concernant la grippe. On ne doit plus se serrer la main, ne plus se faire la bise. Des flacons de gel désinfectant fleurissent dans les endroits publics. En France (où la psychose atteint des sommets du ridicule), des mesures sont prises pour fermer une école si une classe recense plus de quelques malades.

Juste pour la clarté de l’argumentation, on parle bien d’une grippe. Pas de l’Ebola ni de la peste ou du SIDA. D’une grippe, certes contagieuse, mais ni plus grave ni plus bénigne que les autres. Jusqu’à présent, toutes les études montrent que l’A H1N1 est fort contagieuse, qu’elle a un taux de mortalité comparable à la grippe saisonière et qu’elle ne se conjugue pas avec des souches animales. Il y a donc quelque chose d’inquiètant, à la limite du totalitaire, dans la manière dont les institutions traitent une épidémie somme toute fort banale. Vous trouvez que j’exagère? Pensez aux millions dépensés sans évaluation médicale pour acheter des médicaments sous licence à des firmes phamaceutiques. Songez à la manière dont certains médias enfoncent le clou chaque soir. Songez que la poignée de main est en passe de devenir aussi mal vue que la cigarette. Lorsqu’on induit de nouveaux comportements pour lutter contre une menace imagnaire, je m’inquitète. Un réflexe.

Principe de précaution.

Encore une locution qui m’énerve. Lorsque quelqu’un n’est pas d’accord, lorsqu’un lobby veut faire valoir son opinion, il prononce “Principe de Précaution”. Il n’y a rien à répondre à ça. Le débat est mort, on passe à autre chose. Pour rappel, ce n’est qu’une locution qui sonne très scientifique (c’est un principe voyez-vous) mais qui ne veut absolument rien dire. Il permet de cristalliser une peur pour l’instrumentaliser. Ce n’est pas neuf. Lorsque le train s’est développé à la fin du XIXème siècle, de nombreuses voix (dont des scientifiques) se sont élevées. Le grand physicien Ampère a même écrit qu’un voyageur qui traverserait un tunnel ferroviaire à plus de  50 km/h verrait ses poumons éclater. Dommage pour lui qu’il ne connaissait pas le principe de précaution. On aurait bien ri.

Sérieusement, imaginez qu’au lieu de prendre des sujets qui inquiètent les population à cause de leur légitime ignorance (combien d’entre nous maitrisent des sujets des ondes GSM, les infections virales, la sécurité informatique, etc?), imaginez donc, que des fanatiques religieux brandissent le principe de précaution contre le sexe avant le mariage? Finalement, on ne sait pas si ce n’est pas néfaste pour la santé. On ne sait jamais …

Une dernière chose. La première fois que j’ai entendu parler de ce foutu principe, c’était Le Pen qui voulait qu’on ne puisse faire de transfusion sanguine qu’au sein d’une même famille pour éviter d’attraper le SIDA d’un homosexuel. Il fallait appliquer le principe de précaution. Il pensait sans doute qu’il n’y avait pas d’homosexuel dans sa famille.

J’aimerais qu’on applique le principe de précaution à ceux qui ne sont pas d’accord avec moi.

12 septembre 2009

Les identités meurtrières – Amin Maalouf

Classé dans : Livres — dflasse @ 18:56
Tags: , , , ,

Lorsqu’on m’en a parlé pour la première fois, c’était accompagné d’une mine ébahie: “Tu ne connais pas? C’est pourtant la base de tout!” Si je trouve le propos légèrement excessif, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit effectivement d’une lecture fondamentale au sens où elle devrait être encouragée dès le plus jeune âge. C’est d’un style très abordable et, même si Maalouf prêchait un convaincu, j’y ai trouvé des angles d’analyses auxquels je n’avais jamais songé.

A mes yeux, la seule faiblesse de ce livre est qu’il n’en est pas un. C’est purement subjectif mais, pour moi, un bon livre est toujours un roman. Sinon, c’est un manuel ou une référence. Je sais que c’est idiot mais je n’arrive pas à considérer un texte purement factuel (telle qu’une biographie par exemple) comme un ‘vrai’ livre. Les identités meurtrières n’est même pas un essai; c’est un discours vibrant et érudit couché sur papier. L’ approche de Maalouf, toute en nuances, s’enrichit de son histoire personnelle et sa vaste culture pour appuyer son propos. C’est brillant et convaincant (même pour un convaincu). Il renverse régulièrement les prismes à travers lesquels les médias traitent l’information. Il pose l’axiome (qui me parait toutefois un peu limite) que l’identité d’un individu est composées d’une multitudes d’identités (tels que la langue, la culture, la religion, la couleur de peau, les préférences sexuelles, …) dont la conjonction fait un individu unique. Selon lui, si l’une de ces identités est mise en péril, elle prend le pas sur l’identité globale. Pour caricaturer, un noir homosexuel flamand mettra en avant l’une ou l’autre de ses identités selon qu’il vit en Alabama, à New York ou à Oostende.

Parmi les questions qui poussent à revoir sa vision du monde et de l’Histoire, nous avons:

  • Est-ce la religion qui influe sur une civilisation ou une civilisation qui influe sur la religion?
  • La chrétienté se serait-elle développée si elle n’avait pu s’appuyer sur le droit romain et et sur la culture grecque?
  • Le marxisme aurait-il été différent s’il ne s’était développé en Russie?

Un point particulièrement intéressant est soulevé par Maalouf concernant la domination culturelle de la civilisation occidentale  sur les autres civilisations. D’après Maalouf, l’accélération de la prédominance culturelle de l’occident date de la campagne d’Egypte de Napoléon en 1799. Depuis lors, que ce soit d’un point de vue politique, scientifique ou culturel, toutes les grandes évolutions (elles ne sont pas toutes positives mais elles sont toutes marquantes: cela va du nazisme à la conquête de l’espace, de l’informatique à la bombe atomique) ont pris corps en Occident. Jusqu’alors, les différentes civilisations évoluaient d’une manière asynchrone mais globalement au même rythme. La Chine, l’Inde, l’Orient, les Aztèques ont tous un moment ou l’autre été un moment ou l’autre en avance. Mais l’accélération fulgurante que connaît  l’Occident depuis trois siècles n’a aucun précédent historique. Cela joue sur les autres civilisations qui doivent renoncer à une partie de leur identité pour suivre le mouvement. Un mouvement  depuis trop à sens unique longtemps qui génère des frustrations. Maalouf illustre intelligemment cette dernière idée en parlant des Français qui s’insurgent contre l’envahissement des anglicismes et des fast food. Toute culture vit mal d’avoir le sentiment d’être dominée par une autre.

Les nombreuses citations que j’ai pu extraire de ce livre démontrent à quel point il m’a impressionné malgré la naïveté parfois pesante du propos de Maalouf. On ne peut que rester admiratif devant son analyse et sa vision (Les identités meurtrières ont été écrites avant les attentats de New York, l’élection d’Obama qui s’est élevé au dessus de son identité raciale pour être élu). En tant que Belge, j’avoue que j’aimerais que ce bouquin soit un préalable avant de débuter les négociations communautaires qui s’annonce.

Tribus

Classé dans : Citations — dflasse @ 09:14
Tags:

On partage le pouvoir entre les communautés, à titre provisoire, nous dit-on, dans l’espoir d’atténuer les tensions, et en se promettant de pousser les gens, progressivement, vers un sentiment d’appartenance à la “communauté nationale”. Mais la logique du système va dans une tout autre direction: dès lors qu’il y a partage du “gâteau”, chaque communauté à tendance à estimer que sa part est trop maigre, qu’elle est victime d’une injustice flagrante, et il se trouve des politiciens pour faire de ce ressentiment un thème permanent de leur propagande.

Peu à peu, les dirigeants qui ne se livrent pas à la surenchère se retrouvent marginalisés. Le sentiment d’appartenance aux différentes “tribus” se renforce alors, au lieu de s’affaiblir, et le sentiment d’appartenace à la communauté nationale se rétrécit, jusqu’à disparaître, ou presque. Toujours dans l’amertume, et parfois dans un bain de sang. Si l’on est en Europe occidentale, cela donne la Belgique; si l’on est au Proche-Orient, cela donne le Liban.

Amin Maalouf dans Les identités meurtrières

10 septembre 2009

Nationalisme

Classé dans : Citations — dflasse @ 22:05
Tags:

N’est-ce pas la vertu première du nationalisme que de trouver pour chaque problème un coupable plutôt qu’une solution?

Amin Maalouf dans Les identités meurtrières

Happart en vrille

Classé dans : Humeur — dflasse @ 09:55
Tags: ,

J’aime bien lire les articles du journal où le nom de Happart apparaît en titre. A chaque fois, il y a un truc drôle qui suit. Le prénom importe peu. La connerie est une règle bien respectée dans la famille. Pourtant ces derniers jours, si la règle est bien suivie (une connerie dans le titre), et bien qu’instinctivement j’ai envie de me joindre à ceux qui le conspuent pour recevoir une telle somme (500.000 € en 4 ans) alors même qu’il quitte la vie politique, j’ai envie de me placer du côté de Jean-Marie.

Qu’on me comprenne bien: qu’un homme politique reçoive une indemnité lorsqu’il perd son siège, c’est très sain. Le contraire ne laisserait à la politique que ceux qui peuvent se permettre de mettre leur carrière en pause et qui ont l’assurance de reprendre leur travail une fois leur mandat révolu. Que quelqu’un qui part à la retraite bénéficie des mêmes avantages, c’est déjà plus discutable. Que le type de fonction parlementaire (ici, président du parlement) influe sur la taille du ‘parachute’, c’est également fort discutable (je ne vois pas en quoi un ex-président a plus de difficulté à se réinsérer dans la vie active qu’un parlementaire ‘normal’). Que ce ‘parachute’ soit une enveloppe globale est aussi une bizzareté. Le paiement de ces mensualités devrait être interrompu lorsque l’ex-parlementaire retrouve un travail ou un statut équivalent.

Ce qui ne souffre pas de discussions, c’est qu’Happart doit avoir cet argent. Tout comme Donfut d’ailleurs. Quoiqu’on pense de la somme, de la personne ou de l’opportunité de lui octroyer. Une règle est une règle. Un contrat est un contrat.  Le vrai scandale se trouve dans l’incompétence des personnes qui ont rédigés et approuvé ces contrats. Et, là, on touche à quelque chose de bien plus grave et moins folklorique que ce cas Happart. Qui a approuvé les émoluments de Votron? De Miller? De Donfut? De Happart? D’Ecclestone? Qui a approuvé les comptes de la Carolo? De Fortis? Des incompétents. Des conseils (!) d’administration. Des groupes parlementaires. Et ce sont souvent les mêmes qui hurlent au scandale des sommes engagées!

Je propose de créer une fondation pour qu’Happart touche son pognon et qu’on n’entende plus parler de lui! Quitte à ce qu’il y ait moins de bêtises dans les titres des journaux.

9 septembre 2009

Complaisance

Classé dans : Citations — dflasse @ 18:55
Tags:

Mais, de la compassion, nous glissons parfois vers la complaisance. A ceux qui ont souffert de l’arrogance, coloniale, du racisme, de la xénophobie, nous pardonnons les excés de leur propre arrogance nationaliste, de leur propre racisme et de leur propre xénophobie, et nous nous désintéressons par là-même du sort de leurs victimes, du moins tant que le sang n’a pas coulé à flots.

Amin Maalouf dans Les identités meurtrières

8 septembre 2009

Appartenance

Classé dans : Citations — dflasse @ 18:47
Tags:

On a souvent tendance à se reconnaître, d’ailleurs, dans son appartenance la plus attaquée;  parfois, quand on ne se sent pas la force de la défendre, on la dissimule, alors elle reste au fond de soi-même, tapie dans l’ombre, attendant sa revanche; mais qu’on l’assume ou qu’on la cache, qu’on la proclame discrètement ou avec fracas, c’est à elle qu’on s’identifie. L’appartenance qui est en cause – la couleur, la religion la langue, la classse, … – envahit alors l’identité entière. Ceux qui la partagent se sentent solidaires, il se rassemblent, se mobilisent, s’encouragent mutuellement, s’en prennent à “ceux d’en face”. Pour eux, “affirmer leur identité” devient forcément un acte de courage, un acte libérateur…

Amin Maalouf dans Les identités meurtrières

6 septembre 2009

Les yeux jaunes des crocodiles – Katherine Pancol

Classé dans : Livres — dflasse @ 08:56
Tags: , ,
Un livre de (pour?) femmes

Un livre de (pour?) femmes

J’ai toujours cru que les femmes étaient des personnes compliquées. Lorsque, devant sa garde-robes pleine à craquer, ma femme se plaint qu’elle n’a plus rien à se mettre, quand elle pleure devant un film, quand elle rit parce qu’elle est nerveuse, je me tourne vers mon fils d’un regard plein de ‘voilà comment est la vie mon fils‘ et je répète la locution qui rassure tous les hommes: “Ahhh … les femmes“.  Ensuite, on rit car les clichés tirent leurs drôleries de leurs simplismes et de leurs résiliences.

Bref, j’ai toujours cru que je ne comprendrais jamais rien aux femmes. J’aurais pu rester dans ma candide et confortable ignorance mais le livre de Pancol est comme un livre de recettes qui livre les ingrédients du plat secret de votre grand-mère (c’était juste un peu de beurre et de farine????!!!). Il tue la magie des stéréotype en livrant un des secrets les mieux gardés de l’humanité. Pour les paresseux qui voudraient soulever le voile du mystère sans se taper lire les 700 pages pleines de rebondissements qui feraient pâlir d’angoise les résidentes de Wisteria Lane,  je vais lâcher le morceau.

Les femmes sont des princesses et les hommes sont des princes. De pauvres princesses comme cendrillon, des méchantes reines comme la belle-mère de Blanche Neige, des rois bienveillants et forts, des princes charmants et des rois vils. Voilà. C’était simple.

Bon, j’admets que je pousse le sarcasme un peu loin. Ce n’est pas mal écrit. C’est fluide. C’est plaisant.Mais c’est aussi d’une naïveté confondante. Je n’exagère pas dans mon analogie de conte de fées.  L’héroïne principale est une femme pataude, intello, délaissée par son mari, sans le sou qui, à l’instar de Cendrillon, va battre le mauvais sort à l’aides de quelques amis friqués (les fées). Sa soeur est une femme magnifique mais frivole, riche mais seule, propère mais creuse. Leur mère (la marâtre) est une femme  avide et sèche qui préfère la belle à la souillon. Elle se repose sur la fortume d’un riche commerçant (le roi bienveillant) qu’elle enferme dans ses griffes.

J’avoue ne pas comprendre la raison du succès de Pancol. Ce n’est pas vide ni creux comme un série télévisée française. Ce n’est pas aussi rythmé qu’un thriller américain. Ce ne sont pas des personnages dont le lecteur peut se sentir proche. Le style est correct sans être renversant. C’est d’abord et surtout naïf.

Je ne résiste pas à l’envie de citer une courte phrase qui, à mon sens, résume le ton du roman. Il n’a aucun sens hors contexte mais je suis resté bouche bée en lisant la réplique. La société américaine résumée par Pancol. Notez la profondeur de la forme ( boue médiatique) et du fond (je me demande combien de justiciables américains viennent devant le juge en avouant avoir noyé un bébé pour ne pas encourir les foudres de la justice en affirmant que c’était simplement pour le rendre plus propre).

- Elle avait commis un véritable crime aux yeux de la loi américaine qui ne plaisante pas avec les menteurs. C’est le crime suprême là-bas.

- C’est pour ça que Clinton a été traîné dans la boue médiatique…

5 septembre 2009

Réalité de la peur

Classé dans : Citations — dflasse @ 09:05
Tags:

A partir du moment où une population a peur, c’est la réalité de la peur qui doit être prise en considération plus que la réalité de la menace.

Amin Maalouf dans Les identités meurtrières

2 septembre 2009

Alfresco Community 3.2 sur Ubuntu server 9.04 NTLM – passthru – SSO – CIFS

Classé dans : Technologie — dflasse @ 15:15
Tags:

Ceci n’est pas un article habituel sur ce blog mais j’en ai tellement bavé pour installer et comprendre les mécanismes d’installation d’Alfresco que je crois que ça pourra aider d’autres qui seraient tentés par la même aventure.

Le but a atteindre est d’obtenir une installation d’Alfresco sur un serveur Ubuntu de manière à ce que les utilisateurs identifiés sur un active directory accèdent de manière transparente aux shares d’Alfresco et à l’interface Web (sans devoir se réauthentifier).

L’installation proprement dite est assez simple:

Dans le /etc/apt/source.list, vous ajoutez le repository ‘partner’

deb http://archive.canonical.com/ubuntu jaunty partner
deb-src http://archive.canonical.com/ubuntu jaunty partner

Ensuite, apt-get update (mettre à jour la db apt) et, enfin,

apt-get install alfresco-community

Dès que le processus est terminé, vous pouvez d’ores et déjà atteindre l’interface web en pointant sur:

http://addresse_du_serveur:8080/alfresco en vous authentifiant par admin/admin (par défaut)

Contrairement à l’installateur  fourni par Alfresco, le package Ubuntu n’installe pas les fichiers dans /opt/Alfresco. Voici quelques répertoires utiles à connaître pour configurer (et débugger) le serveur.

  • Alfresco indexes and contentstore: The Alfresco indexes and contentstore can be found under /var/lib/alfresco
  • Alfresco war files: The alfresco and share war files can be found under /var/lib/tomcat6/webapps
  • Alfresco extension directories: The extension directory, where you should make configuration changes to alfresco and share, can be found under /var/lib/tomcat6/shared
  • Alfresco log files: The alfresco log files can be found under /var/log/tomcat

J’ai créé quelques liens symboliques dans mon home afin de me simplifier la vie:

ln -s /var/lib/tomcat6/webapps/alfresco/WEB-INF/classes/alfresco/subsystems/ subsystems
ln -s /usr/share/tomcat6/shared/classes/alfresco-global.properties alfresco.properties
ln -s /var/log/tomcat6/alfresco.log alfresco.log

  • ‘subsystems’ comprends tous les fichiers de configuration du file server et de l’authentification
  • Alfresco-global.properties comprends tous les paramètres d’Alfresco qui ont préséance sur les autres paramètres.
  • Alfresco.log est le log d’alfresco en tant qu’application (différent du log tomcat)

Dans alfresco.properties :

authentication.chain=passthru1:passthru,alfrescoNtlm1:alfrescoNtlm
ntlm.authentication.sso.enabled=true
passthru.authentication.authenticateCIFS=true

Ensuite, dans le subsystem passthru:

subsystems/Authentication/passthru/passthru-authentication-context.properties

passthru.authentication.useLocalServer=false
passthru.authentication.domain=Nom_de_votre domaine
passthru.authentication.servers=IP_AD_SERVER1,AD_SERVER1,Nom_de_votre domaine\\AD_SERVER1 (les doubles ‘\’ sont nécessaires)
passthru.authentication.guestAccess=true
passthru.authentication.defaultAdministratorUserNames=administrator (qui vous voulez. Séparés par une virgule sans espace)

#Timeout value when opening a session to an authentication server, in millisecondspassthru.authentication.connectTimeout=5000

#Offline server check interval in seconds
passthru.authentication.offlineCheckInterval=300
passthru.authentication.protocolOrder=TCPIP,NetBIOS
passthru.authentication.authenticateCIFS=true
passthru.authentication.authenticateFTP=true

Pour que le NTLM fonctionne, il faut que:

Internet Explorer will use your Windows logon credentials when requested by the web server when NTLM is configured. If IE sends the login popup window this probably means you will need to add the URL of your alfresco server to your IE Intranet sites in

Tools->Options->Security->Local Intranet ->Sites->adavanced In the Intranet security->custom, at the bottom of the list did you tick User Authentication->Logon->Automatic login with current user name and password? (the 2nd possibility “”automatic logon only in Intranet zone” may also work depending on your settings)
Firefox and Mozilla also support the use of NTLM but you need to add the URI to the Alfresco site that you want to access to network.automatic-ntlm-auth.trusted-uris option (available through writing about:config in the URL field) to allow the browser to use your current credentials for login purposes.

The Opera web browser does not support NTLM authentication, the browser is detected and will be sent to the usual Alfresco logon page.

Dès lors, le SSO fonctionne sur l’interface Web. Pour le CIFS, comme Tomcat n’est pas lancé en tant que root, les ports CIFS ne lui sont pas directement accessibles. Pour contourner ce problème, il faut donc configurer les protocoles nécessairessur  d’autres port (>1024):

Dans subsystems/fileServers/default/file-servers.properties (en tenant compte des liens symboliques):

cifs.tcpipSMB.port=1445
cifs.netBIOSSMB.namePort=1137
cifs.netBIOSSMB.datagramPort=1138
cifs.netBIOSSMB.sessionPort=1139

Et faire du NATting avec IPtables (je vous conseille de le scripter):

echo 1 > /proc/sys/net/ipv4/ip_forward
modprobe iptable_nat
iptables -F
iptables -t nat -F
iptables -P INPUT ACCEPT
iptables -P FORWARD ACCEPT
iptables -P OUTPUT ACCEPT
iptables -t nat -A PREROUTING -p tcp --dport 445 -j REDIRECT --to-ports 1445
iptables -t nat -A PREROUTING -p tcp --dport 139 -j REDIRECT --to-ports 1139
iptables -t nat -A PREROUTING -p udp --dport 137 -j REDIRECT --to-ports 1137
iptables -t nat -A PREROUTING -p udp --dport 138 -j REDIRECT --to-ports 1138
iptables -t nat -A PREROUTING -p tcp --dport 80 -j REDIRECT --to-ports 8080 (cette ligne permet à l'utilisateur de se connecter à l'interface web via le port 80)

L’usager peut accéder au share: net use * \\IP_DU_SERVER\Alfresco toutefois, pour y accèder en utilisant le nom du serveur, veillez à créer une entrée DNS (ou dans votre fichier host) qui mappe ‘nomduserverA’ avec ‘nom du serveur’. Je n’ai pas compris le mécanisme mais autrement, ni

net use * \\Nom_DU_SERVEUR\Alfresco

ni

net use * \\Nom_DU_SERVEURA\Alfresco

ne fonctionnent.

Page suivante »

Publié sur WordPress.