Le quatrième Cavalier – Bernard Cornwell
Il s’agit du deuxième tome de la saga d’Uthred le Saxon qui fût élevé par les Danes. Vers la fin du IXème siècle, les Viking déferlent depuis le Danemark sur l’Anglie qu’on n’appelle pas encore l’Angleterre. L’Anglie est constituée d’une myriade de petits royaumes que tente d’unifier le dévôt roi Alfred du Wessex.
J’avais beaucoup apprécié le premier tome que j’avais lu voici quelques années. La période historique qui suit la chute de l’empire Romain et qui précède le moyen âge est bizzarement peu exploitée par les romanciers. Le faible taux d’alphabétisation et les luttes d’influences religieuses expliquent probablement que peu de documents nous soient parvenus mais il n’en reste pas moins que la période est très fertile en intrigues pour un auteur imaginatif.
Malheureusement, j’ai trainé ce bouquin comme un fardeau qu’on se résigne à porter malgré les courbatures et les jambes flageolantes. C’est uniquement porté par le souvenir du premier opus que je suis parvenu au bout de celui-ci. Peut-être que je vieillis. On est loin des considérations politiques ou historiques bien qu’on suive le roi Alfred tout au long de l’épisode. Il semble que l’Histoire n’est faites que de batailles, de viols et de bains de sang dans une ambiance de religiosité superstitieuse. Cornwell se permet même des épisodes magiques qui auraient leur place dans un contexte de fantasy mais qui sont franchement malvenus dans un récit qui se veut historique. Au secours!
Une déception. Toutefois, j’appécierais qu’un lecteur de ce billet me recommande quelques titres qui traitent de cette période historique. L’Europe actuelle s’est bâtie pour une bonne part à cette époque et je réalise à quel point les manuels scolaires l’ont passé sous silence.
Hortense et Queenie – Andrea Levy
En Jamaïque, dans les années 30, Hortense est une métisse qui ne doit sa bonne éducation qu’à la culpabilité de la famille de son père, un Anglais notable de la colonie. Sa prestance n’a d’égale que sa suffisance.Gilbert est un noir Jamaïcain qui s’engage pour défendre la Mère Patrie. Il se rendra vite compte que l’Angleterre qu’il croyait si bien connaître a bien du mal à reconnaître ses fils de couleur. Queenie est la fille d’une petite famille bourgeoise de la campagne anglaise sans beaucoup d’éducation mais avec beaucoup de personnalité. Bernard est un anglais petit employé de banque qui prend soin de son père rendu fou par la première guerre mondiale.
Cela vous est sûrement déjà arrivé. On vous recommande un bon petit resto. Un truc vraiment sympa. Un troquet dont tous vos amis parlent avec ravissement. Lorsque vous vous y rendez, le décors est sympa, l’accueil est chaleureux. Lorsqu’on vous sert, le plat semble délicieux. Mais rien ne va. Vous ne vous sentez pas à votre place, le plat est trop épicé, ou pas assez, ou c’est vous qui n’êtes pas dans l’humeur. Le repas se traîne et vous ne pensez qu’à payer l’addition, sourire au chef et vous tirer de là. Ce n’était pas le bon jour. Vous auriez mieux fait de manger votre reste de pâtes à la maison.
C’est à ce genre de mésaventure que je pense en terminant les aventures d’Hortense et Queenie. Il est vraiment très bien. Je n’hésiterais pas à le recommander mais … il y a un je-ne-sais-quoi qui m’a fait traîner ce roman pendant près de deux semaines. Je suis incapable de mettre le doigt dessus. C’est peut-être une simple question d’état d’esprit.
L’auteur croise habilement les intrigues entre les différents protagonistes et entre les différentes périodes historiques. On saute régulièrement le la réalité qui précède la deuxième guerre mondiale au monde qu’elle a laissé en se terminant. Le style est facile et sans sophistication excessive.
Au final, j’ai un sentiment d’inachevé. Peut-être est-ce la densité du roman. La richesse des personnages méritait probablement un livre pour chacun d’entre eux. Il y a tant de sujets développés que certains ne sont pas assez aboutis à mon goût. Je réalise en écrivant ce billet que je me sens incapable de résumer le livre en quelques mots. Incapable de dire de quoi il parle vraiment.
Enseignants
Ceux qui savent faire font, ceux qui ne savent pas faire enseignent, ceux qui ne savent pas enseigner enseignent aux enseignants et ceux qui ne savent pas enseigner aux enseignants font de la politique.
Muriel Barbery dans L’élégance du hérisson
Elus buissoniers
C’est promis, après j’arrête de m’indigner sur la pratique politique. Je ferai comme tout le monde: je râlerai dans mon coin ou je traiterai de fripouilles les politiques les plus exposés.Ou pire, je me tairai. Comme la grande majorité d’entre nous.
En effet, tout le monde semble avoir renoncé. Nous sommes tous résignés. Personne ne s’étonne. Un seul leitmotiv: “Ca a toujours été comme ça.”
Je ne vais pas illustrer mon propos en prenant l’exemple trop évident de Didier Donfut qui a été élu confortablement par une population amorphe. Non, je vais simplement citer les noms de quelques élus hennuyers. Ils sont pratiquement tous PS (il y a un CDH) mais c’est un hasard du à la forte proportion d’élus PS en Hainaut. Aux dernières élections, il ont rassemblé sur leurs noms plus de 140000 voix cumulées (uniquement sur le Hainaut!).
Paul Magnette, Eric Massin, Ingrid Collicis, Catherine Fonck, Didier Donfut, Camille Dieu, Philippe Busquin ont tous en commun d’avoir reçu un mandat fort de la part de leurs électeurs. Tous ont arpenté les quartiers, serrés des mains sur les marchés, ont fait la bises dans les meetings.
Tous ont en commun d’avoir d’ores et déjà annoncé qu’ils n’iraient pas siéger à Namur pour remplir le mandat qu’ils ont sollicité! Elio Di Rupo (près de 45000 voix) a annoncé qu’il allait s’appliquer le décumul des mandats. Très louable en soi mais je vous parie mon dernier slip qu’il n’ira pas au parlement wallon. Armand De Decker ne fait pas mystère qu’il ne quittera le sénat pour la région bruxelloise que si il en devient le président. Si le siège de député n’est pas assez chic pour Armand, pourquoi se présente-t-il sur les listes?
Ce qui m’énerve le plus, c’est l’apathie générale. Quand on pose la question, tout le monde s’en indigne mais aucun mouvement d’opinion ne se cristallise.
Un dernier exemple de pratique douteuse. La RTBF a passé un reportage dans “Question à la une” sur les célébrités ou les “fils de” qui se présentaient aux récentes élections. Un quizz de culture politique générale a été posé à des gens aussi différents que Jean-Claude Defossé, Anne Delvaux, Julien Uyttendaele, Pierre Mishiga, Florence Reuter ou Frédérique Ries. Les résultats sont ahurissants. Seuls Defossé et Ries semblent savoir de quoi ils parlent. Anne Delvaux (journaliste qui a présenté le journal télévisé pendant près de 13 ans) a même estimé que Bruxelles compte environ 80% de néerlandophones!
Ca a toujours été comme ça.
Coup de blues
J’adore suivre les joutes politiques. J’aime ce mélange de théâtre et de mauvaise foi sur fond d’enjeux réels et concrets. C’est avec un plaisir coupable que j’écoute Happart grommeler ses stupidités, Reynders énoncer ses insultes acides et Di Rupo nous menacer d’un “bain de sang social”.
Par contre, depuis dimanche soir, je frise l’indigestion. Un peu comme un gamin qui aurait abusé des friandises. Les premiers symptômes sont apparus lorsque Michel Daerden nous a affirmé avec sa gouaille si particulière que “tout allait bien”. Cela s’est aggravé lorsque Happart nous a annoncé sans ciller qu’il se verrait bien redevenir ministre de l’agriculture. Didier Donfut l’a rejoint dans son délire en se proposant d’aller siéger en argant de la très bonne raison qu’il avait été élu.
Il est clair que le PS a été injustement visé dans son ensemble du fait du comportement de quelques uns de ses mandataires. Bien qu’il s’en défende, le PS est néanmoins responsable de n’avoir pas pris de mesures préventives. Il cultive depuis des années un systèmes de contrôle des rouages administratif (vendredi dernier, le responsable des ressources humaines de la provice de Hainaut a mis en garde par courrier le personnel de la province contre le vote Ecolo). Comment expliquer que Daerden est tête de liste régionale et pas Marcourt si ce n’est que les fédérations PS dictent leurs volontés au parti.
Que tout cela soit adoubé par l’électeur me rend plutôt mélancolique.
Rase campagne
Voilà. On ferme. On range les discours, on graisse les armes pour qu’elles puissent reservir. Un dernier banquet d’adieu ce soir et puis, on recommence à vivre comme avant. Les programme d’été vont remplacer les débats électoraux à la télévision. Les journaux vont s’amincir (à croire qu’en été, ils font aussi régime pour être appétissants en maillot sur la plage).
Jean-Michel va passer dans la classe des grands. Il va petit à petit perdre ce sourire d’enfant qui peut pour la première fois se promener dans la campagne sans un grand frère pour lui tenir la main. Il grandit. Il ne sait pas encore qu’être adulte c’est aussi vieillir plus vite.
Joëlle va continuer à étudier. C’est une élève bosseuse et sans imagination. Quoiqu’on lui demande, il faut qu’elle récite leçon. Une machine à réciter ses tables de multiplications. Elle a bien travaillé mais ne se rend pas compte qu’elle prend tellement à coeur son rôle d’intello de la classe que personne ne lui demande jamais de jouer avec elle.
Didier va arrêter de terroriser Elio. Leurs chamailleries enfantines laissent les adultes perplexes. Difficile de dire ce qui inquiète le plus. Leur manie de s’insulter ou de rapporter l’un sur l’autre. Dire que ça fait des années qu’ils sont chefs de classe.
Intelligence
Ca fait toujours bien d’avoir une andouille dans un groupe. Ca rend tout le monde plus intelligent.
Christophe Aleveque
Drôle d’époque
Drôle d’époque. On se nourrit de vide et on est de plus en plus gros.
Christophe Alevêque
Interview de Reynders dans Le Soir
La crise est libérale, l’écologie est libérale, Obama est libéral. Il n’y a que la malgouvernance qui ne reste désespérément socialiste.
Didier Reynders dans Le Soir du 4 juin 2009
Le Soir: Dire “Crise libérale” selon vous, ce n’est pas correct?
Didier Reynders : Mr Madoff est en prison aux USA.
Le Soir: Pas Mr Lippens.
Didier Reynders: (silence)Le Soir du 4 juin 2009
Computer says no!
Pour ceux qui ne connaissent pas la formidable série “Little Britain”, voici un court extrait de sa déclinaison USA
L’assassin royal, tome 6: la reine solitaire – Robin Hobb

Le moins bon et le plus magique épisode de la saga de Fitz
C’est avec une nostalgie téintée d’amertume que j’ai refermé l’ultime tome du premir cycle de l’assassin royal. Autant je m’étais passionné pour les premiers volumes autant j’ai trouvé indigestes les multiples emprunts à la magie. Jusqu’alors, FitzChevalerie nous avait habitué à évoluer dans un monde féodal où régnait diverses formes de Magies qui étaient d’ordre plutôt exceptionnel. Une forme de don dont seuls quelques uns était dotés et dont les contours étaient mal définis. Certaines formes de Magie étaient d’ailleurs fort mal considérées par la population qui y voyait une forme de damnation (tel le Vif qui permet de communiquer avec des animaux). Bref, la Magie était un adjuvent nécessaire au développement de l’intrigue mais qui n’empêchait pas les protagosnistes à devoir affronter des situations très réelles.
Dès lors, j’ai vraiment eu beaucoup de difficultés à surmonter les cent dernières pages de la quête de Fitz et de Vérité qui, par moment, ressemblaient à un mavais épisode de DragonBall. Je lirai la suite de la saga en espérant que Hobb a évité de sombrer dans ces travers faciles dasn les prochains tomes.
Compter les votes
Ce qui compte, ce n’est pas le vote, c’est comment on compte les votes.
Joseph Staline
Rouche: La couleur de l’argent
Je ne connais rien au foot. Je ne comprends rien à l’extase du supporter. La couleur du maillot du gars qui met le ballon au fond des filet me laisse totalement indifférent.
En fait, c’est plus que de la méconnaissance, de la mécompréhension ou de l’indifférence. C’est de l’ébahissement.
Comment investir autant d’émotions dans ce qui n’est finalement qu’une marque commerciale comme une autre? Des professionels assurent un spectacle et un suspense pour lequel ils sont rétribués. Leur employeur perçoit des bénéfices qui leur permet de développer leur masse salariale afin de recruter des collaborateurs plus efficaces afin de développer les parts de marché.
Reconnaissez que, sous cet angle, il est plus difficile de s’enthousiasmer. Il m’est tout autant impossible de comprendre pourquoi la marque ‘Standard’ fait la une de tous les médias sans devoir écorner son budget marketing. Je me demande ce que penserait le CSA si la RTBF relayait les efforts de Coca Cola (rouge et blanc) pour marquer des points contre Pepsi (bleu).
Que des parents encouragent leurs enfants sur un terrain de sport, c’est naturel. Qu’un amateur de sport apprécie de beaux gestes, c’est une question de goût. Qu’on soutienne une marque, ça me dépasse.
La transaction – John Grisham

C'est Grisham ... euh ... son livre.
Moui. Je ne sais pas trop en fait. D’un côté je l’ai lu d’une traite. De l’autre, je ne suis pas sûr de m’en souvenir la semaine prochaine. On le lit avec une distraction paresseuse.
C’est Grisham.
Les millions s’échangent comme des figurines Panini dans les cours de récréation. Les heures de labeur supplémentaires s’égrènent avec la même facilité que dans un discours de Sarkozy. Des avocats s’affrontent dans les arcanes du système judiciaire américain que l’auteur dénonce comme s’en amuse.
C’est Grisham.
C’est un gros paresseux. Il a une très belle plume bien au-dessus de la moyenne des auteurs de best-sellers mais il s’adonne le plus souvent à l’écriture automatique et laisse ses tics d’écritures s’exprimer pour lui. La plupart de ses intrigues sont interchangeables. Pourtant, si vous désirez juger de son talent, lisez plutôt La dernière récolte qui est un témoignage poignant de la vie des agriculteurs du Midwest des années 50.
C’est Grisham.
C’est caricaturalement américain. Le culte de l’argent est à la fois décrié et encensé. Il se gausse des nouveaux riches comme ses self made men fascinent. On a souvent l’impression que Grisham n’a aucune culture du monde qui l’entoure. Le monde compte 50 états.
C’est Grisham.
J’aime bien mais je ne sais vraiment pas pourquoi.
Nüremberg
Si les lois de Nüremberg étaient appliquées, tous les présidents américains de l’après-guerre auraient été pendus
Noam Chomsky
Désert économique
Pour contrer les arguments d’ecolo, Didier Reynders et son parti répète à l’envi qu’ “On ne peut pas bâtir un paradis environemental sur un désert économique”.
On suit pourtant la proposition inverse depuis près de deux siècle (un désert environemental pour un paradis économique) sans grand succès du point de vue de la planète. On peut même dire que le paradis économique a sérieusement muté en une horreur économique au cours des 50 dernières années. Dès lors, pourquoi ne pas tenter de suivre la proposition de Reynders inversée?
Cette antienne m’amène une autre réflexion qui tient plus à la forme. Elle représente un cas typique du slogan publicitaire qui devient une vérité à force d’être répété. C’est énoncer une vérité que de dire que le développement économique prime sur le développement durable est vérité puique je l’ai facilement retenu. Un peu comme on peut affirmer qu’on peut remédier à un coup de fatigue avec une barre chocolatée (et ça repart). Le slogan est simpliste, facile à retenir et tue toute contre-argumentation dans un échange d’idée balisé par le chronomètre. Un peu comme le ferait une maxime populaire. “Les contraires s’attirent”. Ou bien est-ce “Qui se ressemble s’assemble”?
Petit cours d’autodéfense intellectuelle – Normand Baillargeon

Ne manquez pas de lire le premier chapitre
Voilà un livre assez singulier dans mon parcours de lecteur moyen. D’usage ordinaire, j’évite les livres qui sont trop factuels. Voilà des années que je n’ai pas ouvert une biographie ou même des mémoires. Ca m’ennuie.
C’est sur Amazon que je suis tombé sur ce petit bouquin qui ne manque aps d’intérêt. Je voulais profiter de la campagne électorale qui bat son plein en Belgique afin d’y appliquer la grille de lecture proposée par l’auteur. Si on met de côté la tonalité ahurissante des arguments échangés par nos “responsables” politiques, on peut dire que ce cours est d’application directe. Cela dit je me trompais sur un point: il n’est en aucun cas circonscrit au discours politique. C’est plutôt d’un décrypteur de médias au sens large dont il est question.
Le premier chapitre -à mon sens le plus intéressant- traite des techniques linguistiques qui servent à éviter l’argumentation solide et rigoureuse. Une fois lu, on se prend à déceler des paralogisme un peu partout (publicité, politique, économie, …). Etre conscient des artifices courament usités permet de prendre conscience qu’on les détecte. Savoir qu’un homme politique fait constament appel à la langue de bois n’est pas la même chose que de se rendre compte de quels moyens il utilise et attire notre attention sur ce qu’il évite de dire.
Le second chapitre traite de probabilités et de statistiques. Il nous donne les clefs pour comprendre les subtilités des sondages et des graphiques. Mais, s’il est évident qu’on ne peut se passer de se doter d’outils qui nous permettent de comprendre les chiffres qu’on nous serine à longueur de journée, il sera à mon avis illisible pour qui n’a pas une formation mathématique de base. C’est la limite de ce bouquin. C’est un cours. Au moins, on n’est pas trompé sur la marchandise. Même si Baillargeon est un excellent pédagogue et qu’il distille des exemples drôles et pertinents pour étayer son cours, le niveau est assez élevé et n’est pas à la portée de tous. Si le but est d’apprendre à faire réfléchir, un ton moins docte aurait élargi le lectorat et se révélerait plus efficace.
Les trois chapitres suivants traitent des convictions (comment sont-elles forgées), du formalisme scientifique et des médias.
Si je m’étends moins sur ces chapitres, c’est parce que je les ai trouvé plus militants qu’éclairants. Si je partage un bon nombre d’idées de l’auteur, je n’ai pas choisi de lire un essai politique. Oui, les médias nous manipulent (les exemples sont fort éclairants), oui, ils sont manipulés. Mais ce n’est qu’un constat.
Normand Baillargeon pêche par un manque étonnant d’exhaustivité: il ne parle ni des blogs ni des forums, il ne formule aucune critique des mouvements alternatifs qui ont aussi leurs contre-défenses intellectuelles… Son prisme est très nord américain (il est Québecois) s’accorde parfois difficilement avec notre vécu et ses citations sont quasi exclusivement d’origine anglo-saxonne.
Au final un sentiment mitigé. Un bouquin vraiment éclairant mais qui manque son objectif. Le premier chapitre est extrêment intéressant.
Mémoire
Le plus dur pour les hommes politiques, c’est d’avoir la mémoire qu’il faut pour se souvenir de ce qu’il ne faut pas dire.
Coluche
Confiture
Chaque fois qu’on prend les socialistes la main dans le pot de confiture, ils décident d’interdire la confiture.
Serge Kubla – MR
Baiser
Tous embrassaient mal et pourtant aucun n’embrassait mal à l’identique. Pour ma part, je ne savais pas qu’ils embrassaient mal; je croyais normal de sortir d’un baiser le nez aussi trempé qu’après la pluie ou la bouche sèche d’avoir été trop bue. Au pays du patin, les moeurs indigènes ne me choquaient jamais.
Amélie Nothomb – Antéchrista
Antéchrista – Amélie Nothomb

Un bouquin dont on peut se dispenser
On reproche souvent à Amélie Nothomb d’écrire des romans trop courts. A la lecture d’Antéchrista, je ne vois pas comment une idée aussi légère aurait pu soutenir un texte plus lourd. Le roman parle de la soumission d’une jeune fille à une autre qui telle une jeune incarnation de Janus adopte un comportement revêche ou adorable selon qu’elle s’adresse à sa victime ou à ses proches.
Le thème de la submersion dans la domination semble relever de la prédilection pour Amélie Nothomb. Elle l’avait abordé sous une forme plus positive dans les deux seuls autres romans que j’ai lu/vu (Stupeurs et tremblements et Les catilinaires). Je dois dire que je ne vois pas trop ce que celui-ci apporte de plus.
Le style délié de l’auteure est rythmé par des dialogues brillants mais artificiels. A aucun moment, je ne me suis enti proche des personnages. On dirait une pièce de théâtre mal jouée.
Le meilleur atout du bouquin est la vitesse à laquelle on le lit. Un moyen de passer une soirée ou un après-midi pluvieux.
Dispensable.
Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil – Haruki Murakami

Indispensable à votre bibliothèque
Quel beau livre! Je me retrouve un peu idiot à poser un commentaire forcément insignifiant par rapport à l’écriture de Murakami.
C’est le genre de bouquin qui me fait plaindre les gens qui ont décrété qu’ils n’aimaient pas lire ou qu’il n’en avaient jamais le temps. Comment peut-on se priver d’une telle gourmandise? Deux cents pages de pur bonheur.
Voilà un roman où il ne se passe quasiment rien. L’intrigue se résume à un trentenaire qui retrouve une amie d’enfance dont il était amoureux. Pas forcément un sujet fascinant. Je ne pense pas que je l’aurais lu si une amie ne me l’avait offert. Et pourtant, l’écriture pleine de simplicité de Murakami transcende l’intrigue et nous laisse groggy à chaque fin de chapitre.
Je ne connais rien au Jazz et Murakami donne plusieurs clefs pour souligner le parallélisme de son texte avec un air de Jazz. Bien que je ne connaisse rien à ce style musical, j’ai très vite senti un rythme particulier qui me rappelait un vieil air de blues. L’auteur joue des phrase comme un vieux bluesman de sa guitare. Un style à la fois syncopé et mélancolique qui emporte le lecteur dans un tourbillon de sentiments.
C’est également un roman très masculin. Au sens où les doutes, les peurs et les envies du narrateurs sonnent toujours juste. Pour une fois l’homme n’est pas décrit comme une héros (machoire carrée, larges épaule, sûr de lui, …) ou un lâche (épaules tombantes, regard fuyant, chétif, …) mais comme un être humain avec ses forces et ses faiblesses.
Un dernier point plus anecdotique m’a frappé. L’intrigue se déroule au Japon et le texte est écrit par un Japonais mais l’ensemble parait tellement universel qu’à quelques détails près, cela pourrait se passer à Bruxelles ou à Lyon. On est très loin des stéréotypes asiatiques.
Magnifique.
Que ceux qui n’ont pas encore lu ce livre nous quittent pour venir nous en parler après l’avoir lu. Pour les autres, j’aimerais connaître votre sentiment sur la réalité de l’existence de Shimamoto-San. Est-elle la maîtresse retrouvée ou est-elle l’incarnation des regrets et des remords de Hajime? Je n’arrive pas à me décider.
Le codex – Douglas Preston

Le Codex. A prendre au premier degré.
Anachronique. Le mot qui me vient à l’esprit en refermant ce bouquin. Ce n’est pas forcément péjoratif. C’est une impression. Un arrière-goût. Une amertume. C’est la première fois que le lis une oeuvre de Douglas Preston à la prodution pourtant prolifique. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’avais ce bouquin depuis plus de six mois sans avoir pu dépasser le premier chapitre. Probablement une question d’état d’esprit. Ce n’est pas mal écrit bien que le style soit assez plat.
Bref.
L’auteur enfile les poncifs comme 3 suisses enfile les verroteries pour ses cadeaux à ses fidèles clients. Tout y passe. Trois fils fort différents découvrent que leur père (un milliardaire excentrique) atteint du cancer a disparu en emportant toutes les oeuvres d’art qu’il avait accumulées au cours de sa vie de pilleur de tombe. Ils partent séparément à sa recherche pour le magot. Ils doivent affronter un méchant détective privé sadique, des tribus mayas, la forêt amazonienne, une multinationale sans coeur, des indigènes qui parlent petit nègre et qui ne rêvent que de rejoindre les Etats-Unis (l’auteur na pas du beaucoup voyager). Une vraie litanie de stéréotypes. On se croirait parfois dans Tintin au Congo.
En toute sincèrité, au bout d’une centaine de page, je pensais que l’auteur me réservais un coup de théâtre du style le milliardaire a mis tout cela en scène en payant des acteurs pour confondre ses fils dans un intrigue retorse afin de leur donner une leçon de vie. Mais non. Tout est à prendre au premier degré.
Je sais que je peux paraître assez sévère au travers de ces lignes. Mais j’ai lu quasiment d’une traite ces 400 pages. C’est loin d’être mauvais. C’est juste d’une tonalité assez … anachronique.
Wallonie-Bruxelles
Il y a un truc qui me gave vraiment pour le moment. Un sondage. Les sondages m’ennuient toujours mais celui-ci est à la limite de l’honnêteté intellectuelle. Il s’agit d’un sondage commandé par le quotidien “Le soir” et la RTBF portant sur le regard croisé que portent les Bruxellois sur les Wallons.
C’est ainsi qu’on nous lance des chiffres sans fondement rationnel. Un extrait:
Que pensent les Wallons des Bruxellois ? Sont-ils prétentieux ou égoïstes ? Seuls, respectivement, 46,1% et 26,3% des 900 personnes sondées par le Centre d’étude de la vie politique de l’ULB confirment ces clichés. Par contre, ils sont 69,5% à les trouver ouverts sur le monde et 67,5% à les considérer sympathiques.
Imaginez qu’un type frappe à votre porte et vous demande si vous trouvez les Wallons/Bruxellois (rayez en fonction de votre lieu de résidence) égoïstes. Ben… mon bon Monsieur. Vous Parlez de Mr Debeukelaer de Hoffalize 5ème qui ne veut jamais prêter sa lampe à souder ou de Mme Wantiez de Molenbeek qui me prête souvent des intentions que je n’ai pas? Poser la question de cette manière implique déjà que:
- Les Wallons et les Bruxellois sont différents. Ce qui, pour moi, reste à démontrer. Si on teste des Liégois et des Carolos, bien que présentant tous un profil urbain et wallon, je suis à peu près certain que les résultats seraient différents. Va-t-on organiser un “regards croisés” entre chaque commune du pays?
- Les Wallons et les Bruxellois sont deux entités homogènes. Si Mme Wantiez est paresseuse, tous les Bruxellois le sont. La question induit le stéréotype.
Bref, sous le couvert d’un éclairage, on fige les clivages. Ou on les crée. Ce qui est pire.
Pour ma part (le principal bénéfice d’un blog est qu’on peut donner son avis sans qu’on vous l’aie demandé), j’ai beaucoup de mal à considérer le gros village de Namur comme la capitale de ma région. Bruxelles est la seule ville où un francophone belge se sent dans sa capitale.
Shutter Island – Dennis Lehane

Un livre qui dépasse la notion de suspense
Encore une bonne surprise. Ayant lu des tonnes de thrillers étant plus jeune, j’ai souvent eu l’impression d’avoir fait le tour du genre. L’impression que tout a été écrit et que les seules surprises subsistantes résultent d’une tricherie de l’auteur telles qu’un deus ex machina ou une incohérence dans son récit. Tout ceci pour dire que je ne lit plus que très rarement des suspenses comme on mange une sucrerie en sachant que c’est mauvais pour la ligne et d’une saveur industrielle. Un Harlan Coben et ça repart. Un Grisham par jour, en forme toujours.
Bref.
L’intrigue commence par une mise en place que n’aurait pas reniée Agatha Christie. Deux marshall (officiers de justice fédérale américains) débarquent d’un ferry sur une île au large de Boston au milieu des années 50. Cette île désolée n’est occupée que par un asile psychiatrique remplie des patients les plus dangereux des états-unis et de la communauté médicale. Une patiente s’est échappée et les marshalls sont chargés de la retrouver. Une île, une tempête, un enqueteur et son fidèle comparse, le mystère d’une disparition en chambre close… Tous les ingrédients d’une resucée des romans policiers anglais du début du 20ème siècle sont réunis. Assez rapidement, on a l’impression qu’Agatha Christie a pris de l’acide car la situation devient de plus en plus chaotique.
Le style très fluide et très riche de Dennis Lehane rende la lecture de Shutter Island passionnante. On dépasse le simple roman policier pour toucher à l’espionnage, au thriller pour finir dans un schéma très contemporain lors d’un coup de théâtre bien ficelé.
Un livre dont il serait dommage de se priver. Vous naurez jamais aussi bien profité de huit euros.
La crise est libérale, l’écologie est libérale, Obama est libéral. Il n’y a que la malgouvernance qui ne reste désespérément socialiste.