Posts Tagged ‘historique’
Le quatrième Cavalier – Bernard Cornwell
Il s’agit du deuxième tome de la saga d’Uthred le Saxon qui fût élevé par les Danes. Vers la fin du IXème siècle, les Viking déferlent depuis le Danemark sur l’Anglie qu’on n’appelle pas encore l’Angleterre. L’Anglie est constituée d’une myriade de petits royaumes que tente d’unifier le dévôt roi Alfred du Wessex.
J’avais beaucoup apprécié le premier tome que j’avais lu voici quelques années. La période historique qui suit la chute de l’empire Romain et qui précède le moyen âge est bizzarement peu exploitée par les romanciers. Le faible taux d’alphabétisation et les luttes d’influences religieuses expliquent probablement que peu de documents nous soient parvenus mais il n’en reste pas moins que la période est très fertile en intrigues pour un auteur imaginatif.
Malheureusement, j’ai trainé ce bouquin comme un fardeau qu’on se résigne à porter malgré les courbatures et les jambes flageolantes. C’est uniquement porté par le souvenir du premier opus que je suis parvenu au bout de celui-ci. Peut-être que je vieillis. On est loin des considérations politiques ou historiques bien qu’on suive le roi Alfred tout au long de l’épisode. Il semble que l’Histoire n’est faites que de batailles, de viols et de bains de sang dans une ambiance de religiosité superstitieuse. Cornwell se permet même des épisodes magiques qui auraient leur place dans un contexte de fantasy mais qui sont franchement malvenus dans un récit qui se veut historique. Au secours!
Une déception. Toutefois, j’appécierais qu’un lecteur de ce billet me recommande quelques titres qui traitent de cette période historique. L’Europe actuelle s’est bâtie pour une bonne part à cette époque et je réalise à quel point les manuels scolaires l’ont passé sous silence.
Un monde sans fin – Ken Follett

Une suite à la hauteur des piliers de la terre
Voici enfin la suite fort attendue des Piliers de la terre qui, bien que publiés voici plus d’une dizaine d’année, continue de connaître un succès public considérable. Ken Follett a pris soin de ne pas en faire une suite trop proche du précédent opus afin de pouvoir renouveler les personnages tout en conservant les références qui permettent au lecteur du premier tome de se retrouver en terrain de connaissance et permettre au nouveaux lecteurs de ne pas se sentir largués. On retrouve la cité Kingsbridge au milieu du 14ème siècle, soit 200 ans après que la cathédrale aie été achevée. Si la ville a prospéré, le monde a beaucoup changé. Il s’agit d’une période charnière où des idées nouvelles commencent à se répandre, où les guerres déciment la noblesse et où le pouvoir séculier de l’Eglise tremble sur ses bases. Au fil des 1300 pages d’un livre qui ne fatigue que les bras, on suit les destins de quelques personnages introduits dès le premier chapitre de manière un peu artificielle. C’est ainsi que se croisent un bâtisseur, une brute, un moine retors, une idéaliste et une pragmatique dans un moyen âge aux injustices sociales figées dans une féodalité entretenues par la religion, la cupidité et les superstitions.
Bien qu’il s’agisse avant tout d’un livre de divertissement, contexte économique et social de cette époque nous aide à comprendre une partie de notre société contemporaine. Les guerres et la peste ont forcé la société de l’époque à évoluer significativement. Les graines de la renaissance sont plantées.
On lit le roman d’une traite gourmande. C’est parfois à la limite du soap opéra mais les rebondissements et les coups de théâtre permanents se révèlent diablement efficaces pour entraîner le lecteur à tourner les pages de plus en plus rapidement. On pardonne à Follett d’abuser de la technique du feuilleton car elle dynamise la structure du récit. Le style est dépouillé de tout ce qui pourrait nuire à l’efficacité des multiples intrigues. Ce qui fait qu’on est souvent plus près du scénario truffé de dialogues que d’un roman mais le tout est soutenu par une documentation solide et une trame bien étayée.
Le seul véritable bémol que j’apporterai se situe plus sur le fond. En développant ses personnages depuis l’enfance, dès le début, Follett accorde tout son poids à l’inné et à l’esprit d’entreprise. Seuls seront sauvés les entrepreneurs. Les autres personnages ont à peine le droit de vivre. Ensuite, l’auteur conforte l’imression que les caractéristiques de ses personnages sont quasiment le seul produit de leur hérédité. Le courage, la roublardise, l’intelligence, la violence des ancêtres déterminent le comportement des personnages. J’ai un peu de mal à adhérer àcette vision que je trouve simpliste.
Un bon livre de vacances.
Le peuple du vent : L’épopée des Normands de Sicile – Viviane Moore

Une saga dont on peut se dispenser
Deux chevaliers à l’allure étrange se présentent aux portes du chateau de Pirou où règne une athmosphère pesante pleine de souffrances de secrets et de rancoeurs.
Difficile d’introduire plus avant ce bouquin sans en dévoiler l’intrigue qui n’intéressera que les fans de polars historiques. Je n’arrive pas à saisir ce qui tient le plus du prétexte: le contexte historique où le mystère policier. Tout m’a l’air bancal. Le style est pauvre et le fond historique semble couler directement d’une documentation récoltée laborieusement par l’auteur. Il y a toute une série d’histoires liées au deux protagonistes principaux(le beau et fougueux Tancrède et son mentor Hugue de Tarse) qui connaître un beau succès. Je suppose qu’il y a un public pour les livres mal écrits ayant des prétentions historiques.
Inutile.
Je ne suis pas états-unien
J’ai beaucoup de mal à saisir l’engouement médiatique et populaire pour Obama. J’aurais probablement voté pour lui si j’étais états-unien (ne dite jamais à un sud-américain ou un canadien que les états-unis sont l’Amérique) mais ne l’étant pas, je me sens beaucoup moins concerné.
Je ne voudrais pas chausser les bottes d’Obama. L’espoir qu’il cristallise autour de sa personne à travers le monde (à tout le moins les états-unis et l’Europe) doit être un fardeau très lourd à porter pour un seul homme. Confronté à une dure réalité, il ne pourra éviter de décevoir certains de ses plus chauds partisans.
La folie Obama atteint des sommets qui me laisse pantois. Le jour de l’investiture, la commune de Braine-le-Comte a organisé une “journée américaine” avec parade, musique “typique” et retransmission du discours d’investiture accompagné de popcorn.
Obama a été élu par ses compatriotes. Il les représente, il va mener une politique qui les concerne. Les USA représentent moins de 5% de la population mondiale et je n’en fais pas partie. Bush était déplorable mais il n’a finalement fait du tort que chez lui … et en Irak. Donc, à la limite, je pourrais comprendre un enthousisme plus marqué en Irak. Mais autrement … ca me dépasse.
Je sais que d’autres que moi l’ont noté mais la frénésie avec laquelle les médias utilisent l’adjectif “historique” laisse songeur. Un président noir? Historique. Un procés de pédophile? Historique. Le standard gagne? Historique. Nuremberg? Connais pas. Waterloo? Plat. Un pied sur la lune? Vielles images.
Le Siècle des chimères, Tome 1 : Les Ogres du Gange – Philippe Cavalier
C’est fort bien écrit. Un peu comme si John LeCarré avait écrit un apocryphe d’Indiana Jones. On retrouve l’ambiance rétro et un peu désuète de la période qui précède la seconde guerre mondiale. L’angle est d’ailleurs inhabituel à plus d’un titre, car le roman se situe dans une Inde qui voit poindre son indépendance dans une période historique que les protagonistes devinent charnière.
Le roman est écrit à la première personne dans un style qui rappelle le romantisme aventurier du début du 20ème siècle. Sanglé dans son éduction stricte et toute britannique, le héros fait preuve à la fois de courage, naïveté et pudibonderie.
Ce livre a énormément de bons côtés. Pourtant, s’il est le premier tome d’une quadrilogie, je ne crois que je lirai la suite. Le rationaliste indécrottable que je suis a beaucoup de mal à s’imprégner de l’ambiance obscurantiste. Si vous aimez les sorciers nazis qui combattent des prêtres Hindous à coups de sorts et d’épingles, foncez acheter les quatres tomes. C’est assez dommage, car, encore une fois, le contexte historique est très bien rendu et fort bien documenté. L’auteur se sert habilement des conséquences politiques des amours du roi Edouard VIII avec Wallis Simpson. Ce dernier point est le plus intéressant de mon point de vue. J’avais vaguement entendu parler de cette histoire d’un roi qui avait abdiqué pour épouser une roturière divorcée et américaine (quelle horreur). Le roman dépeint les tensions politiques (Edouard VIII n’était pas insensible aux thèses nazies) que cette histoire de coeur engendraient dans l’empire britanique sur le déclin.
Imperium – Robert Harris
Absolument passionnant.
Robert Harris a écrit plusieurs romans baignants dans un contexte historique sans être des romans historiques. Ses deux derniers livres suivent une trame différente. Il s’attache a évoquer un évènement ou un personnage de la Rome antique en suivant d’aussi près que possible la réalité historique. Pour imposer un rythme à son roman, il décrit les évènements à travers les yeux d’un personnage secondaire. Cette technique lui permet quelques libertés avec l’histoire officielle et distingue son roman d’un essai historique.
C’est fascinant de voir à quel point la politique a peu changé en 21 siècles. Je suis un béotien complet en ce qui concerne la Rome antique. Je n’en connais en gros que les poncifs habituels (César et Cléopâtre, Astérix et la série Rome). Robert Harris fait vraiment oeuvre louable en relatant des extraits significatifs de cette période (son précédent roman retraçait la catastrophe de Pompéï). Cicéron est un fameux personnage de roman. Sa vie est une vraie tragédie au sens littéral du terme: le pouvoir, les intrigues, les trahisons, la vulgarité, … tout s’y trouve.
Cicéron est le produit de son époque mais il façonne également la politique d’une manière telle que nous en ressentons encore les effets aujourd’hui. Il y a vraiment très peu de points commun entre la démocratie romaine de cette époque et celle qui nous est familière aujourd’hui. Mais l’intérêt de cette période réside dans l’énorme évolution qui a eu lieu en une cinquantaine d’année. Les institutions étaient en perpétuelle évolutions alors que Rome devenait la plus grande puissance militaire et économique de la région. Les lignes de force de la vie politique actuelles ont été créée à cette époque. Le populisme et le calcul politique n’est pas une invention récente.
Remarquable.
Resurection Row
Bien que très réticent en début de lecture, j’ai beaucoup aimé ce livre.
J’étais gêné par le côté pesant des dialogues et l’aspect artificiel des relations sociales. Rien d’étonnant puisque l’intrigue se déroule à Londres
en fin de XIXeme siècle mais je suis fatigué de ces romans policiers qui se déroulent dans la haute société britannique. Agatha Christie me gave et je n’ai
jamais pu finir un Conan Doyle.
Bref. C’est assez subtilement différent dans ce roman. L’intrigue policière respecte tous les codes du genre: la haute société, un mystère ‘épais’, une dose de macabre et un cercle de suspects très fermés. L’auteur se
sert de ces codes pour dépeindre la société britannique de cette époque. Elle évoque l’étanchéité des couches sociales, l’extrême pauvreté qui côtoie la richesse la plus indécente.
C’est au final un roman assez agréable à lire et très enrichissant.
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