Posts Tagged ‘liberté’
Die Welle – La Vague

Un film à voir et à faire voir
En Allemagne, un professeur vaguement anar et rock ‘n roll (le genre de prof que ses élèves tutoient) se voit confier à contrecœur d’exposer les tenants et aboutissants de l’autocratie à une classe de terminale secondaire. Très vite, il se retrouve confronté à des étudiants lassés de s’entendre parler des nazis et des dictateurs. Pour eux, ils sont trop au courant, trop alertés pour qu’une telle abomination se reproduise aujourd’hui. Le professeur change de méthode et instille une nouvelle discipline et un esprit de groupe qui va souder sa classe.
Cette fiction dramatique dépeint sans jamais lasser le spectateur les mécanismes du fascisme. Ses bienfaits pour le groupe (cohésion, élimination des différences, soutien mutuel, signes de reconnaissance, …) sont au prix du rejet des personnes ne faisant pas partie du groupe ou ne partageant pas l’intégralité de ses valeurs. La dynamique mise en place par le professeur lui échappe petit à petit pour aboutir à la dépersonnification des élèves au profit du groupe.
A mon avis il serait dommage de réduire le message du film au seul fascisme politique. La dynamique pourrait s’appliquer à tous les groupes qui basent leur cohésion sur l’identité. Les supporters, les fans qui suivent leurs idôles, les religieux qui confondent codes et rites spirituels peuvent tout à fait se retrouver victime des mêmes dérapages. La force du film est de ne jamais aborder le sujet sous le seul angle politique ou historique.
Saisissant et essentiel. Je vous invite tous à voir et à faire voir ce film.
Par parenthèse, je trouve triste qu’on nous matraque avec la promotion de films insipides (Coco, Indiana Jones 4, Safari, Slumdog Millionaire, Milk, Watchmen, …. la liste ne s’arrêtera pas) et qu’on passe à côté d’un tel bijou.
Industrie du divertissement

L'industrie du disque cherche à retourner la technologie à son avantage pour retrouver ses anciens profits
L’obscurité n’est pas la sécurité
Des chercheurs de l’UCL ont mis au point un logiciel capable d’extraire des données de la carte MoBib de la STIB. Cette carte permet à l’abonné des transports en commun bruxellois de pointer son abonnement devant un portique sans contacts physique. L’abonnement électronique est aussi nettement plus flexible. Il en ressort un confort pour l’usager et un meilleur contrôle pour l’entreprise publique.
Toutefois, contrairement à ce qu’avaient affirmés les responsables de la STIB relayés par les édiles politiques (Pascal Smet), cette carte contient des informations qui posent question d’un point de vue de la vie privée (les 3 derniers voyages, le nom, l’adresse, etc.). En soi, je ne crois pas que cela soit un problème puisque les controleurs doivent avoir la possibilité de … contrôler. Ce qui l’est plus, c’est que ces données sont accessible en clair. Cela signifie que n’importe qui disposant d’un lecteur de carte (20 € en grande surface) et du programme exploitant la faille mis au point par les chercheurs de l’UCL peut lire les données personnelles du détenteur de la carte.
C’est ici que la faute commence. Les responsables cités plus haut contre-attaquent en en argumentant que les chercheurs sont des pousse-au-crime! Qu’ils donnent aux personnes mal intentionnées des outils pour perpétrer leurs méfaits! Après avoir menti (il ont toujours prétendu que ces données n’existaient pas), ils reportent leurs responsabilités (une politique de sécurité défaillante et une négligence du respect à la vie privée) sur ceux-là même qui ont mis en lumière leur incompétence. Dans le passé, les grandes firmes informatiques qualifiaient abusivement de pirates les curieux qui rendaient publique une faille de sécurité de leur produit. Avec dix ans de retard, les responsables bruxellois tiennent le même discour irresponsable.
Lorsqu’un citoyen découvre un problème, il est de son devoir de le faire savoir afin que le problème soit résolu par le responsable. Il est du devoir de la STIB de corriger son problème de sécurité. Si les chercheurs ne l’avaient pas fait, une personne moins bien intentionnée aurait pu en profiter sans que l’usager de la carte Mobib puisse se douter que cela était possible. En matière de vie privée, la transparence s’imposent à ceux qui se vantent de vouloir la préserver. En l’occurrence, l’encryption des données suffirait à résoudre le problème vis-à-vis des usagers.
Nous avons une fois de plus la preuve de l’incapacité des médias à éclairer le citoyen sur des sujets difficiles tels que la vie privée ou le danger des puces RFID.
La liberté
Arrivé aux USA, je suis allé visiter la statue de la liberté. La Liberté, elle a sa statue là-bas. C’est là-bas qu’elle est enterrée.
Patrick Timsit
La prison fait la force
La dérive sécuritaire à l’origine de bien des fantasmes de nombreux scénaristes est en train de prendre un virage dangereux en Belgique.
Plusieurs incidents récents deviennent franchement inquiétants. Il y a quelques mois, des anciens membres des CCC ont été mis en détention pour des raisons qui paraissent bien floues. Une journaliste partageant leurs idées politiques a également été emprisonnée. Le parquet n’a jamais communiqué de faits significatifs justifiant leur emprisonnement.
On a fait un grand battage autour de la menace terroriste sans convaincre réellement du potentiel dangereux des personnes concernées. Leurs avocats notent que le dossier ne mentionne pas clairement ce qui leur est reproché.
Le pire est l’attitude du ministre de la justice Jo Vandeurzen dans le dossier concernant un des meurtriers de la jeune policier. Suite a une erreur administrative, l’assassin aurait du être libéré. C’est la loi. Quelque soit la raison qui se dissimule derrière l’erreur administrative et quelques soient les faits reprochés. Or, le ministre a ordonné au directeur de la prison de le garder jusqu’à ce que on ait trouvé autre chose à lui reprocher afin de le garder “légalement” en taule. Vandeurzen a tout à fait le droit de demander qu’on fouille dans les tiroirs pour voir si on peut trouver quelques chose. C’est ce qu’on appelle le droit d’injonction positive du ministre de la justice. Par contre, dans un état de droit, rien ne permet de conserver quelqu’un en détention sans base légale. C’est un des fondements de la démocratie. Si ces pratiques choquent à Cuba et en Chine, elles mettent en péril nos libertés en Belgique!
Mais il y a pire. Bien pire. Y penser me donne des frissons dans le dos. Si la presse a fait part de ses doutes dans les deux premiers dossiers, il n’y a pratiquement rien eu sur l’attitude de Vandeurzen et du directeur de la prison. Que le prévenu soit un salopard n’excuse en rien l’attitude de ces deux responsables. C’est une question de principe démocratique. L’approche des élections, la nature des faits, le respect des victime ne justifient en rien que la loi ne soit pas respectée. Si la loi est mal faite, il faut la changer. Après un débat démocratique sanctionné par les élus. Dans le cas contraire, qui nous protègera contre une détention arbitraire parce que notre voisin au bras long ne supporte plus les aboiements de notre chien la nuit.
Le silence assourdissant de la presse peut signifier deux choses: soit ils approuvent les agissements du ministre fédéral (et c’est grave) , soit ils n’y trouvent rien d’anormal (et c’est terrifiant).
GTA
Grand Theft Auto IV. Je n’y ai jamais joué. Je n’en connais que ce que les articles que j’ai lu relataient sur lui à sa sortie. Apparemment, c’est un jeu qui se déroule dans un univers de gangs dans un LA imaginaire.
Bref.
La RTBF a diffusé hier un reportage expliquant la décision des autorités thaïlandaises d’interdire ce jeu parce qu’un dingue avait tué des gens en affirmant qu’il s’inspirait de GTA. Une psychologue à l’air soucieux comprenait les autorités thaïlandaises.
Qu’on m’explique.
Il y a une grosse vingtaine d’années, un cinglé à tiré sur Reagan. Il affirmait l’avoir fait pour impressionner Jodie Foster. Pourquoi n’a-t-on pas interdit Jodie Foster?
Depuis des siècles, des guerres ont lieu au nom de (au choix): la Bible, le Coran, La Torah, Le Capital, … Pourquoi ne pas les interdire?
Je reconnais la provocation mais je suis scandalisé qu’un journal de référence présente d’un oeil bienveillant un acte de censure manifeste sans fouiller un peu plus les arguments. Une psychologue, des boîtes de jeu mises dans des cartons par des policiers, le tout entrecoupé de scène violentes du jeu. Emballé, c’est pesé! Personne n’a émis l’idée que le dingue était un dingue violent.