American Psycho – Brett Easton Ellis

1 août 2008 at 10:26 Laisser un commentaire


American PSycho

American PSycho

Ce livre est vraiment un cas à part. Un bijou. Un diamant au tranchant dangereux. Une merveille pleine d’horreurs.

Il est très malaisé de relater l’intrigue sans dévoiler le mécanisme qui fait vraiment le sel du roman. Disons qu’il a le New york des années 80 pour cadre. Le personnage principal est un archétype du yuppie. Il est superficiel, riche, terrorisé.

American Psycho était un livre de commande: un éditeur a demandé à Brett Easton Ellis d’écrire un roman sur un serial Killer (sans doute pour surfer sur la vague Hannibal Lecter des années 90). Lorsque l’éditeur a lu le script, il a renoncé à l’avance versée à l’auteur car il n’osait pas publier un livre recelant des scènes aussi atroces. Ce livre a bien failli ne jamais être publié.

Je n’ai pas envie de parler des meutres tous plus horribles les uns que les autres pour la simple raison qu’il est difficile de départager le fantasme de la réalité. Les procédés stylistiques utilisés par l’auteur servent véritablement l’histoire et son propos. Le style devient de plus en plus chaotique et incohérent au fur et à mesure que l’intrigue se développe.

Les chapitres sont entrecoupés de critiques de groupes phares des années 80 qui ne feraient pas tache dans les Incrokuptibles. Ce qui s’avère déroutant la première fois que vous le lisez (mais qu’est-ce que ça vient faire ici ??) amplifie davantage le sentiment d’irréalité et rend la violence du récit plus horrible et improbable à la fois. A noter que la traduction est absolument remarquable: un texte qui repose autant sur les figures stylistiques doit représenter un défi de taille pour un traducteur.

Comme souvent lorsqu’un livre a du succès, il a été adapté pour en faire un film. Je le mentionne car je crois que c’est un cas d’école. Il démontre la différence fondamentale des deux médias. Le film dépeint un serial killer violent et psychotique alors que je suis absolument persuadé que ce n’est absolument pas le propos du livre.  Le film n’est pas mauvais mais c’est un peu comme dire que le chaperon rouge parle d’une petite fille imprudente. Le film est d’une superficialité affolante par rapport au livre. Totalement dispensable mais intéressant à comparer avec le livre après sa lecture.

Un véritable chef d’oeuvre. J’ai essayé de lire d’autres livres de Brett Easton Ellis. Ils me sont tous tombés des mains. J’ai vraiment la conviction qu’American Psycho est une oeuvre à part. Il ne s’agit ni de son premier ni de son dernir roman (Luna Park – Je ne suis pas arrivé au bout). Ce n’est ni un accident, ni un aboutissement. C’est un coup de génie.

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