Le monde selon Garp – John Irving

7 décembre 2008 at 11:00 1 commentaire


Ce livre me laisse pensif. J’ai passé un bon moment avec lui mais je n’arrive pas à comprendre le parfum de culte qui le précède. Lorsque j’ai mentionné à mon entourage que je le lisais, tous ceux qui l’avaient lu levaient les yeux, accrochaient un sourire à leurs lèvres et avaient des trémolos dans la voix en en parlant.

Pas moi. C’est un bon livre. Sans plus. Bien construit et agréable à lire, s’il m’a agréablement distrait, il n’a pas réussi à me toucher.

Les clefs de lectures foisonnent: c’est un roman ayant une construction littéraire solide. Le livre se présente sous la forme d’une biographie fictionnelle mais, à mon avis, il s’agit plutôt d’une longue mise en abîme (un des livres écrit par le personnage principal se nomme Le monde selon Bensenhaver. Garp est un écrivain qui ne cesse de clamer qu’il n’écrit rien d’autobiographique malgré le fait que les longs extraits de ses oeuvres fassent directement référence à sa vie. Dans sa préface, l’auteur se morfond à l’idée que son roman est horriblement moralisateur. En effet, l’un des principaux thèmes exploités est la concupiscence. Tous les personnages qui ont éprouvé une forme quelconque de désir inavouable se retrouve puni par le destin. Malgré cela, je doute fort que John Irving se retrouve un jour comme livre de référence dans un école catholique. L’angoisse, la concupiscence, la violence sont tous abordés à travers le prisme de l’excentricité ou de l’outrancier.

Pour moi, ce livre me rappelle quelques bon bouquins de David Lodge qui mets souvent ses personnages vaguements autobiographiques dans des situations de marivaudages qui frôlent le grotesque. Toutefois, aucun livre  de Lodge ne respire cette ambiance d’angoissante vanité de Garp.

Une fois encore, j’ai beaucoup aimé ce livre mais ma réaction va plutôt à l’encontre de sa réputation. C’est un bon roman avec des qualités littéraires indéniables mais qui, à l’instar de son titre, est d’une incroyable prétention.

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Télévision Pineapple Express – Délire Express

Un commentaire Add your own

  • 1. Anonyme  |  19 décembre 2012 à 21:53

    « C’est un bon roman avec des qualités littéraires indéniables mais qui, à l’instar de son titre, est d’une incroyable prétention. »
    Ne pouvons nous pas penser qu’il s’agit d’un parti pris de l’auteur ?
    Cette incroyable prétention n’est elle pas présente tout au long de la vie de Garp?
    « Le monde selon Bensenhaver. », les explications qui suivent ce passage ne nous montrent t-elles pas la volonté de l’auteur?
    John Irving ne voulait-il pas nous montrer à nous lecteurs que le succès du monde selon Garp est du au désir inconscient des gens de connaitre le maximum sur la vie de l’auteur, dans notre société voyeuriste celà est courant. Nous pouvons donc penser que Jonh Irving a voulu dénoncer ce voyeurisme et cette perversité de la société à travers ce roman, et il a merveilleusement réeussi grâce notamment à deux mots présents sur la quatrième de couverture :  » autobiographique » et « sexualité » qui ont attirés les foules.
    Cependant quatre mots manquent cruellement à votre commentaire sur ce roman :  » facétieuse satire de notre société. « .

    Réponse

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