Extrêmement fort et incroyablement près – Jonathan Safran Foer

13 mars 2009 at 11:04 5 commentaires


J’avais déjà soupesé ce bouquin de nombreuses fois avant de me le faire recommander par une lectrice de ce blog. Si j’hésitais tant à franchir le pas alors que le livre me tentait, c’est parce que le contexte dans lequel le roman se déroule est celui du post-11 septembre à New York. D’une manière générale, je fais un rejet sur les grands malheurs rabâchés des milliers de fois à longueur de roman. C’est ainsi que je me suis tapé (!) le millier de page des Bienveillantes de Johnathan Littel mais que Si c’est un homme de Primo Levi prend la poussière sur l’étagère à lire de ma bibliothèque. Chaque fois que je le prends en main, j’ai l’angoisse de la déprime qui alourdit ce tout petit livre au point que je le repose tout de suite. C’est conscient de ce paradoxe et rassuré par Reka que j’ai entamé ce livre.

Oskar est un gamin un peu trop intelligent et beaucoup trop angoissé. A 11 ans, il est orphelin de son père mort dans les Twin Towers lors des attentats du 11 septembre. Deux ans plus tard, il découvre une clef dans les affaires personnelles de son père avec pour seul indice le mot « Black » écrit au dos de l’enveloppe qui contenait la clef. Oskar va se lancer dans la quête de la serrure qui correspond à la clef.

Il serait vraiment dommage de réduire ce roman à ce simple fil conducteur.  C’est d’abord un roman à propos de l’amour de l’incapacité  à l’exprimer, de l’absence et du pouvoir des mots. Oskar va rencontrer une vraie diaspora de Black dans tout New York qui lui apporteront tous quelque chose. La famille d’Oskar est la vraie colonne vertébrale du roman avec le grand père qui a perdu l’usage de la parole mot par mot qui compense en écrivant des lettres qu’il n’envoie jamais. Sa mère qui se remet trop vite de la perte de son mari au goût de son fils. Son père dont l’absence est trop lourde à porter. Sa grand mère qui pleure encore la supercherie de l’amour qu’elle n’a pu recevoir.

Enfin, il convient de souligner l’incroyable talent de Jonathan Safran Foer. C’est proprement époustouflant. Il est difficile de réellement décrire les procédés littéraires utilisés sans trop dévoiler l’intrigue mais sachez que la mise en page, les illustration voire les fautes d’orthographe font partie intégrante du récit. La poésie et la cohésion qui s’en dégage révèle une maîtrise de l’écriture absolument formidable.

Toutefois, cette maestria est peut-être également le principal défaut du roman. Peut-être est-ce le sujet qui m’a filé le bourdon, peut-être est-ce ma stupéfaction devant l’incroyable prouesse romanesque (je sais que je me répète mais le livre vaut d’être lu rien pour apprécier la cohérence d’un récit où tout n’est pas écrit), peut-être étais-je fatigué. Toujours est-il que je me suis plus attaché au style de l’auteur qu’à ses personnages. J’ai mis une dizaine de jour à le lire en repoussant presqu’inconsciemment le moment où je reprendrais le cours du récit. C’est un peu comme se trouver devant une peinture d’un grand maître dans un musée. On est fasciné par la technique et la manière dont les couleurs s’expriment mais on on n’en voudrait pas dans son salon.

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5 commentaires Add your own

  • 1. Reka  |  13 mars 2009 à 18:02

    Bien, je garde ce livre pour moi toute seule, en ce cas 😉
    C’est tout de même amusant. Ca fait des mois que j’ai refermé ce bouquin et j’en suis encore toute imprégnée. Je songe des gogolplex de fois à Oskar lorsque je me fends la pêche, je souris à chaque adverbe, … Enfin, incontestablement, ce livre n’a pas été pour moi qu’une peinture, ce fut une immersion tridimensionnelle, une présence vivante.
    Je suis quand même enchantée que vous ayez su apprécier le style et la poésie de Foer…
    Tant que la froideur et l’impression de perdre votre temps ne vous ont pas submergé, j’imagine ne pas devoir vous présenter d’excuses pour vous avoir convaincu de vous plonger dans ce roman… 😉
    Merci à vous d’avoir accepté ce partage.

    PS : Le « grand perd »? Quel étrange lapsus… :/ 🙂

    Réponse
  • 2. dflasse  |  13 mars 2009 à 19:02

    🙂 Je ne suis pas aussi tranché. Comme je l’ai écrit, ce livre vaut déjà beaucoup par son écriture prodigieuse. Cela dit, j’ai aussi un livre fétiche que j’offre souvent à mes proches mais que peu ont aimé autant que moi. Je me suis déjà demandé ce que j’éprouverais à le relire (c’est au-dessus de mes forces, je n’ai jamais été capable de relire un livre). Oserai-je vous le recommander? Le livre de par Jonathan Tropper (chez 10/18 étranger). De cette manière on sera quitte 🙂
    Sérieusement, je ne l’aurais jamais lu sans votre coup de pouce et je suis heureux de l’avoir lu.

    Pour le lapsus, je crois que mes piètres talents de dactylographe sont à blâmer. Ma tête était probablement déjà à ‘perd la parole’ 🙂 Je corrige. Merci

    Réponse
  • 3. Reka  |  13 mars 2009 à 21:47

    J’ai noté votre suggestion. Je l’acquerrai lors de ma prochaine escapade en librairie 😉 Merci !

    Réponse
  • 4. Leigh Perez  |  31 mai 2010 à 16:51

    Incredibly great writing! Honestly..

    Réponse
  • 5. llallu  |  16 février 2012 à 15:04

    livre indigeste et incomprehensible, à éviter

    Réponse

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