La maison du bout du monde – Michael Cunningham

2 octobre 2009 at 22:03 3 commentaires


C’est drôle comme un livre peut vous enchanter; son style vous émerveiller; son histoire vous surprendre. Lorsque j’ai la chance de tomber sur une pépite ou juste un très bon roman, je suis impatient de partager ma découverte avec mes lecteurs. Lorsque j’ai détesté, je me défoule en espérant que ma hargne en détournera l’un ou l’autre qui  mettra à profit le temps gagné pour lire un textes plus excitant.

Pas celui-ci. Une ombre est passée au dessus de mon enthousiasme.  Il paraît que La maison du bout du monde a fait un tabac dans tous les pays où il fût traduit. Tant mieux pour l’auteur. Je suis sincèrement heureux pour lui. On sent qu’il le mérite. On éprouve le labeur qu’il a mis dans son ouvrage. Michael Cunningham est probablement un type qui était premier de classe. Un gars qui bossait bien tard pour remettre la copie la plus aboutie. Un bosseur. Pas un génie.

Tout est très bien dans ce livre. C’est très bien écrit. Il y a une belle réflexion sur la nostalgie et la difficulté de communiquer dans une famille. Un beau point de vue aussi sur le fait que quelque soit son mode de vie, on aspire à une certaine forme de banalité. C’est aussi un livre sans relief, sans âme véritable. Sans étincelle.

C’est un roman choral où chaque chapitre est écrit du point de vue subjectif de l’un ou l’autre des personnages principaux de l’intrigue. Il y a la mère de famille névrosée, délaissée et froide. Il y a son fils, ténébreux et légèrement misanthrope. Il y a son ami, qui comme lui, est issu d’une ambiance familiale glauque et pesante. Au fur et à mesure, des trips musicaux et de drogues, au fil des expériences sexuelles qui dépassent le touche-pipi (les gamins se sont connus à 11 ans), des liens ambigus se tissent et se défont lorsque l’un deux part vivre à New York.

J’arrête ici la litanie des étapes qui mènent les deux amis de déboires sexuels, familiaux et sociaux à une aspiration de vie rangée. C’est comme si l’auteur pensait pouvoir combler son manque d’inspiration par la marginalité mal acceptée de ses personnages. Je me suis surpris à plusieurs reprises à revenir lire le titre du chapitre qui annonçait le nom du personnage qui s’exprimerait dans le passage qui suivait. Pour être sûr de bien suivre. J’en avais besoin car le ton, les expressions, la verve et les réflexions étaient étrangement monotone. Que ce soit la mère délaissée, le jeune homo bobo, la femme excentrique qui se voit vieillir, … tous s’expriment et pensent de la même manière. C’est lassant. Bien écrit mais lassant.

Il m’a fallu une bonne semaine pour venir à bout de ce bouquin. Il n’était pas mauvais mais la chimie n’a jamais pris. Il m’a juste paru terne et laborieux.

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3 commentaires Add your own

  • 1. Reka  |  5 octobre 2009 à 08:24

    Allez, c’est bon, t’as gagné, je ne le lirai pas.
    En même temps, il suffit que je lise les mots « drogue » ou « sexe » pour que mon intérêt baisse de 50%, alors les deux à la fois, n’en parlons pas ! 😉

    Réponse
  • 2. Céline  |  6 mars 2010 à 13:55

    Je suis tombée par hasard sur cet article et j’en tombe des nues, ce livre m’a tout simplement bouleversée, il est magnifique, j’étais portée par l’histoire, je ne le lâchais plus! il ne faut pas décourager les gens de le lire, à chacun de se faire son propre avis…

    Réponse
  • 3. dflasse  |  6 mars 2010 à 14:45

    Céline, je suis complètement d’accord avec toi. A chacun de se faire son propre avis. Cela écrit, permets-moi de donner le mien. En l’occurrence, je n’ai pas vécu la même alchimie que toi avec ce bouquin mais je suis ravi qu’il t’ai plu. C’est toujours une grande expérience de tomber sur un livre qu’on n’arrive pas à lâcher.

    Réponse

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