Kuru – Thomas Gunzig

4 mars 2010 at 10:18 Laisser un commentaire


J’ai beaucoup hésité avant de choisir ce livre. D’un côté, j’adore les chroniques que Thomas Gunzig présente régulièrement à la semaine infernale  sur la RTBF. D’un autre côté, comme j’adore entendre ses chroniques, j’avais peur d’être déçu sur un texte plus long. Je craignais également que sa voix à la diction si particulière hante ma lecture et ne la rende irritante.

Si les premières pages ont conforté mes craintes, le sentiment d’être en terrain trop familier s’est vite dissipé. On retrouve certes les tics d’écriture de l’auteur mais ils servent  fort bien le livre. Gunzig est le roi de la comparaison et de la métaphore. J’ai songé à en retranscrire l’une ou l’autre mais c’est peine perdue. Ouvrez le livre à n’importe quelle page et vous en trouverez une qui n’aura aucun mal à vous dessiner un sourire sur les lèvres. On retrouve l’univers déjanté à la fois drôle et inquiétant qui est une vraie marque de fabrique. On évolue dans deux mondes qui se côtoient et s’ignorent alors qu’ils puisent leurs racines dans le même terreau sociologique. Les deux groupes de personnages principaux proviennent tous de milieux aisés  et urbains mais ont des centres de préoccupation forts différents. Les premiers se rendent à Berlin pour participer à une grande manifestation altermondialiste. Les autres y viennent pour traiter leur problème d’éjaculation précoce (!). Les personnages sont minables et drôles. L’ambiance est lourde et drôle. C’est Gunzig. C’est impossible à raconter et c’est un bonheur à lire.

On rit beaucoup. On s’attache aux personnages. C’est fort bien écrit. Je pense que Gunzig est victime du syndrome d’infériorité des belges vis-à-vis des français. Il a tout d’un écrivain à succès mais il n’habite pas Paris. Ses textes restent confidentiels outre-Quièvrain alors que les librairies débordent d’auteurs français médiocres. Pour citer un nom: Djian est adulé et célèbre mais ses textes me paraissent fades en comparaison de ceux de Gunzig.

Un mot sur la collection Folio poche. C’est assez incroyable de considérer la résilience du concept de la collection: je me rappelle avoir lu voici plus de 20 ans chez Folio Poche l’écume des jours de Boris Vian (une obligation scolaire dont je garde un mauvais souvenir). Rien n’a changé: la couverture est toujours aussi triste et sans rapport avec le texte. Le papier est toujours aussi désagréable au toucher (il ressemble en moins doux  au papier recyclé qui sert à se sécher les mains dans les toilettes publiques). La typographie est toujours aussi baveuse. On peut considérer comme un exploit pour une collection assez exigeante dans sa ligne éditoriale de n’avoir pas su  mettre son produit au goût du jour.

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