Sukkwan Island – David Vann

20 avril 2010 at 14:18 Laisser un commentaire


Un dentiste convainc son fils de 13 ans de passer un an avec lui dans une cabane perdue au fin fond de l’Alaska.  Sur cette trame légère, David Vann construit une intrigue solide et étouffante dans un décors sauvage qui souligne la solitude des personnages.
Ce livre plongera dans un abîme de perplexité tout lecteur souffrant de troubles obsessionnels du comportement qui le pousse à classer ses livres exclusivement par catégories. Sukkwan Island navigue avec beaucoup de bonheur entre les genres. C’est à la fois une réflexion sur la complexité des relations père-fils, un huis-clos et un thriller. En effet, la construction du roman pivote autour d’un moment clef qui prend le lecteur à contrepied surprendra tout amateur de sensations fortes. L’auteur installe également une atmosphère pesante qui tiendra en haleine les lecteurs les plus exigeants.
Une anecdote: je lisais avec avidité lorsqu’une phrase me frappa tellement que je cru avoir mal lu. J’ai relu le paragraphe pour m’assurer que j’avais bien lu. Ce coup de théâtre est un vrai coup de maître. Une seule phrase d’à peine quelques mots retourne complètement le sens du roman sans bouleverser la cohérence du récit. J’ai rencontré le procédé de temps à autre au cinéma mais jamais avec un tel bonheur dans un livre.

Le style nerveux de David Vann contribue au plaisir de la lecture. Les dialogues ne se distinguent jamais du reste du texte comme l’usage le prescrit: aucun tiret, aucun guillemet, pas d’italique. Juste le texte dans sa nudité brutale. Si le procédé m’a effrayé dans les premières pages, il s’avère très efficace pour pénétrer la profondeur des deux protagonistes.On ne peut s’empêcher de penser à Into the wild de Jon Krakauer (que je n’ai pas lu mais dont j’ai adoré l’adaption de Sean Penn au cinéma) et à La route de Cormac McCarthy(dont j’ai vainement tenté à deux reprises de passer le cap des 40 pages) auxquel Sukkwan Island fait immanquablement écho. Toutefois, la tension et la folie qui percolent à chaque page rendent ce roman plus saisissant.

Une belle idée de cadeau. Je regrette le peu de couverture médiatique qu’il suscite.

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