Posts tagged ‘politique’

La Flandre


La transcription du débat virtuel que le rédacteur en chef du Standaard a fait avec les lecteur de La Libre est un peu longue mais c’est intéressant de connaître le point de vue d’un prescripteur d’opinion en Flandre. Voici le résumé qu’en fait un participant (texto):

– De wever est sympathique et vous l’aimez bien, il va jouer un rôle historique pour la Flandre
– les Flamands ne veulent pas l’indépendance mais vont voter de Wever en masse
– Maingain est un extrémiste
– les frontières linguistiques sont inamovibles et c’est de la provocation d’en parler
– c’est normal que les 3 bourgmestres ne soient pas nommés,
-Bourgeois est « un peu bizarre » quand il soutient ceux qui boycottent les élections
– Il faut une grande réforme de l’état et le confédéralisme, c’est mieux pour tout le monde

Un autre:

Il est extrêmement révélateur que M. Vandermersch parle de la frontière linguistique comme d’une chose sacrée (« nous, néerlandophones, considérons la frontière linguistique comme une chose acquise. C’est très difficile pour nous de voir que les francophones essaient de faire bouger cette frontières et qu’ils n’acceptent pas le principe de territorialité qui est si important pour nous. ») mais qu’il oublie que les facilités ont été précisément octroyées aux francophones en échange de la fixation de la frontière linguistique, qu’elles constituaient la seconde partie de l’accord de 1962 et qu’elles devaient être permanentes et non temporaires, comme les Flamands nous le racontent maintenant.

C’est très exactement la manière dont Kennedy résumait la technique de négociation des Soviétiques : « ce qui est à nous est à nous. Ce qui est à vous est l’objet de nos discussions. »

Ou enfin:

Que l’on arrête les frais. Ils se foutent de notre gueules. Je préfère avoir 100 euro en moins que d’être méprisé comme ça.

On peut adhérer ou réprouver ces propos mais je trouve singulier qu’ils proviennent de lecteurs d’un journal francophone qui n’a jamais caché ses options belgicaines. J’y vois un profond changement dans l’opinion francophone qui n’accepte plus de courber l’échine devant la majorité flamande par peur ou par honte du passé. Je me demande sincèrement si la Flandre a conscience de ce basculement de l’opinion.

9 juin 2010 at 13:59 Laisser un commentaire

Je ne comprends pas


Cette semaine, on a pu se procurer l’hebdomadaire Télémoustique accompagné de 6 cannettes de bières. Le tout pour 2 euros. Mon libraire m’a dit que l’action avait eu un succès considérable: des gens qui savent  à peine lire se sont précipité pour l’acquérir. On peut saluer un tel effort pour relancer l’alphabétisation.

Dans un autre registre,Nicolas Sarkozy a pris des mesures énergiques pour lutter contre le déclin de l’intérêt des électeurs envers leur représentants politiques. Il a conditionné la taxe carbone à un accord européen. Si vous désirez éviter de faire preuve de courage envers un sujet polémique, posez comme condition que 27 pays aux intérêts divergents se mettent d’accord sur ce même sujet. Même les calendes grecques sont dépassées. Ce qui est étrange, c’est que ce même Nicolas Sarkozy présentait cette réforme comme la plus importante pour la société française depuis l’abolition de la peine de mort. Alors qu’il avait déjà subi un revers sur le sujet lorsque la cour constitutionnelle avait rejeté le projet de loi (pour des raisons d’équité entre les contribuables), il avait annoncé qu' »il n’était pas de ceux qui renoncent à la première difficulté« . Alors que le vote écologiste ne fait que progresser depuis plusieurs élections, j’ai un peu de mal à comprendre comment interpréter la gifle infligée aux quelques électeurs qui croyaient encore que voter avait un sens.

30 mars 2010 at 10:41 Laisser un commentaire

Haro sur Henry?


La gestion  du dossier Citta Verde à Farciennes me semble emblématique de deux conceptions fondamentalement différentes de pratiquer la politique (de gérer la cité au sens étymologique).

D’un côté l’ensemble du PS Carolo villipende la décision de Philippe Henry (Ecolo) pour sa décision concernant l’annulation du permis pour le gros projet immobilier à finalité commerciale ‘Citta Verde’ à Farciennes. Le promoteur (privé) du projet a des mots moins durs que Magnette (PS – Carolo) qui a qualifié Henry d’amateur. Le collègue (!) d’Henry Paul Furlan (PS – Carolo) au gouvernement régional  a enjoint les bourgmestres, promoteurs, citoyens à inonder le cabinet Henry de recours.

Je peux comprendre que le promoteur soit énervé. Je peux comprendre que les responsables communaux des environs de Farciennes soient en colère. On vient de leur retirer leur jouet qui pourrait rapporter gros à la commune. J’ai beaucoup plus de mal à comprendre les propos de Magnette et Furlan que j’ai connu plus inspirés.

J’ai mon opinion sur le projet. Sans être docteur en économie, croire qu’on peut créer ex nihilo 1500 emplois dans la distribution me parait hautement illusoire. Allez demander aux commerçants du centre ville à Mons ou à Charleroi (!) ce qu’ils pensent des Grands-prés ou de Ville 2. Le pouvoir d’achat global de la population n’est pas extensible et ce n’est pas créer de nouveaux commerces qui va créer de nouveaux acheteurs. Donc, en gros, on va simplement déplacer l’emploi et les consommateurs à Farciennes. Ce qui, je le répète, est une manne inespérée pour les finances de Farciennes. Le hic, c’est que la déclaration de politique générale (DPR) qui est l’équivalent de l’accord de gouvernement pour la coalition régionale stipule clairement qu’il faut évaluer l’intérêt de tout nouveau projet commercial en terme d’aménagement du territoire. Désertifier les villes où se trouvent les noeuds de communications pour envoyer les emplois et les clients à perpette les bains de pieds (Désolé pour Farcienne mais ce n’est pas précisément une métropole) n’a aucun sens en terme de développement, d’environnement et de sécurité (une ville sans passant devient vite un coupe-gorges).

Cela dit, mon opinion ne compte pas. Henry a été désigné responsable pour l’aménagement du territoire Wallon. Il a rempli son job en suivant à la lettre la DPR dans le cadre de ses compétences (ce que ne fait pas Furlan)

Deux manières de faire de la politique: le clientélisme et le sous-régionalisme du PS contre l’application des règles et la vision à long terme d’Ecolo.

Un dernier mot. Je n’ai plus regardé la télévision depuis jeudi mais le reportage de jeudi sur la RTBF quand le ‘scandale’ a éclaté m’a laissé perplexe. On y voyait Rudy Demotte (PS) qui entrevoyait la possibilité de ‘réétudier’ le dossier (de désavouer la décision de son ministre compétent),  on y entendait le promoteur éructer que le ministre Ecolo était contre la création de 1500 emplois, et on devinait Henry (un grand communicateur) minauder timidement que c’était comme ça. Na.

Cela fait longtemps que je m’insurge contre la dérive de la ligne éditoriale de la RTBF mais ces derniers temps, le tempo semble s’accélérer. On a vu pendant 25 minutes des reportages sans intérêt (et toi mon petit, tu aime bien la neige?) sur la neige qui bloquait la circulation. On a vu des louanges pour Justine Hénin qui a repris le boulot. On a vu des torrents d’émotion à Haïti et à Liège (en quoi la tristesse et le recueillement des familles sont de l’information. La RTBF confond émotion et information). Et, en ce qui concerne Citta Verde, on a vu des déclarations incendiaires sans aucune (!) mise en perspectives des propos tenus par chacun des intervenants.

15 février 2010 at 11:43 1 commentaire

Fume, c’est du belge!


C’est étonnant comme l’opinion publique change rapidement et plus spontanément qu’on ne le pensait. Au début des années 90, une circulaire royale interdisait purement et simplement qu’on fume dans les lieux publics. Comme souvent, personne n’en a tenu compte. On a continué à fumer dans les trains, les restaurants, les cafés, les bureaux … sans que personne ne sourcille.

Depuis quelques années, les lois interdisant le tabac dans les lieux publics fleurissent malgrés le travai lde sape des lobbies du tabac qui s’époumonnent devant cette grave atteinte aux libertés individuelles. Fumeurs ou pas,  restons courtois. Tu parles. Le législateur a habilement contourné l’argument des libertés individuelles pour appliquer le principe de la protection de la santé publique face au problème du tabagisme passif. Fumeur ou pas, cancer tu auras. C’est ainsi que tout le monde respecte la loi et son esprit en s’abstenant d’enfumer son voisin au bureau, au restaurant, dans les trains. On peut juste continuer à enfumer les garçons de café.

Plus pour longtemps car le secteur HORECA estime la loi trop complexe et les experts médicaux restent dubitatifs devant l’inocuité de la cigarette dans les salle de cafés. C’est pourquoi, après des palabres dont nos élus ont le secret, l’interdiction totale du tabac pour 2012 avait été votée en commission du sénat. Y compris par le PS.

Là où je perds mes nerfs, c’est lorsque Elio Di Rupo retourne sa veste et annonce qu’il faudrait peut-être revoir cette position car, après tout, c’est la crise. L’argument qu’il développe, est que, bien conscient des dangers de tabac, l’interdiction de totale de fumer risque de mettre à mal l’emploi dans les cafés. Pas con. Pour contrer la crise, tuons les cafetiers. Moins de cafés, moins de cafetiers potentiellement sans emploi. Moins de café, moins de cancer. Imparable. Au delà de l’hypocrisie de l’argument, l’expérience démontre que c’est faux. Les cafetiers des pays qui ont voté l’interdiction totale n’ont pas vu leurs revenus baisser. Certains l’ont même vu augmenter car l’air vicié tenait à l’écart un public rétif à l’idée de puer le tabac froid après une soirée entre amis. Ou un public familial qui ne trouvait pas cohérent d’interdire à leurs gosses de fumer pour qu’ils s’intoxiquent en vidant leur orangeade.

Et si tout ça n’était qu’un écran de fumée pour céder au lobbies du tabac sans se mettre l’opinion à dos? L’argument de la crise peut alors expliquer des tas de positions impopulaires. Donfut qui reprend son job? C’est la crise. Libérale en plus (ça, ça en jette. Ce brave Elio était administrateur de Dexia et a enteriné bon nombre de choix qui ont mené à la crise libérale).

Restons courtois.

1 décembre 2009 at 22:51 1 commentaire

Centre démocrate


Le CDH organise des élections pour désigner un(e) successeur à Joëlle Milquet. J’aime bien les élections. Il y a un enjeu, des poses, des déclarations, un suspense, des haines, des alliances, … Pour éviter qu’il n’y ait trop de tout ça, le CDH a bien fait les choses. Un réglement en béton qui disqualifait quiconque n’était pas Benoit Lutgen (j’exagère à peine). Un comité des sages devait examiner les (la?) candidature pour vérifier qu’elle correspondait bien aux critères stricts qui encadraient la procédure.

Le hic, c’est que Benoit il n’est pas chaud-chaud. Il aime son boulot à Namur et n’a pas envie d’aller s’enferrer dans le panier de crabes fédéral. Donc, Benoit a posé sa candidature (fallait bien) et tout le monde était content.

Sauf le comité des sages qui est bien embêté pour vérifier la validité de la candidature: Benoit est d’accord d’être élu si on attend deux ans. Sinon, ça le fait pas. Le comité ne peut pas dire que le réglement fait pour élire Lutgen n’est pas bon. Mais il ne peut pas qualifier Lutgen non plus puisqu’il pose sa candidature pour dans deux ans.

En fait, j’aime bien aussi les élections au CDH. C’est réconfortant de voir à quel point un parti politique est soucieux de la transparence et respecte les réglements qu’il édicte. C’est rassurant de constater que des gens aussi pointilleux soient les mêmes que ceux qui nous représentent pour conduire le pays.

16 novembre 2009 at 22:51 Laisser un commentaire

Taxer les banques


Imaginons que Rudy est le propriétaire d’un petit fritkot Bruxellois. Comme la commune ou il exerce ses activités voit ses caisses se vider, elle impose une taxe supplémentaire sur le litre d’huile à frite consommée. Pour faire passer la mesure, le conseil communal prend garde de peindre la mesure en vert en mettant en avant des raisons ‘environnementale’. Ca se fait beaucoup. Apprenant la chose, Rudy a hausse les épaule, augmente le prix du paquet et râle sur les politiciens qui sont tous des pourris.

Demain soir, nous allons tous voir défiler les responsables politiques nous expliquer fièrement comment ils ont pu éviter de faire payer trop lourdement les effets de la crise au citoyen pour faire peser un maximum de la charge sur les banques. Je me demande comment les banques vont réagir.

D’après moi, la contribution des banques telle qu’elle est envisagée n’est rien d’autre qu’une taxe indirecte qui sera payée par les consommateurs. Pourquoi ne pas s’attacher à lever les secret bancaire? Pourquoi ne pas mieux taxer les plus-values? Imposer les transactions? Il y a quelques années, l’industriel Flamand John  Cordier a revendu pour plusieurs dizaines de millions d’euros la société Telindus qu’il avait achetée une bouchée de pain avant de la développer. Il n’a pas eu à payer un centime d’euro sur la plus-value.

Tous ces bidules qui consistent à taxer les banques et supprimer les bonus sont des fumisteries qui loupent leur objectif.

12 octobre 2009 at 17:05 1 commentaire

Les identités meurtrières – Amin Maalouf


Lorsqu’on m’en a parlé pour la première fois, c’était accompagné d’une mine ébahie: « Tu ne connais pas? C’est pourtant la base de tout! » Si je trouve le propos légèrement excessif, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit effectivement d’une lecture fondamentale au sens où elle devrait être encouragée dès le plus jeune âge. C’est d’un style très abordable et, même si Maalouf prêchait un convaincu, j’y ai trouvé des angles d’analyses auxquels je n’avais jamais songé.

A mes yeux, la seule faiblesse de ce livre est qu’il n’en est pas un. C’est purement subjectif mais, pour moi, un bon livre est toujours un roman. Sinon, c’est un manuel ou une référence. Je sais que c’est idiot mais je n’arrive pas à considérer un texte purement factuel (telle qu’une biographie par exemple) comme un ‘vrai’ livre. Les identités meurtrières n’est même pas un essai; c’est un discours vibrant et érudit couché sur papier. L’ approche de Maalouf, toute en nuances, s’enrichit de son histoire personnelle et sa vaste culture pour appuyer son propos. C’est brillant et convaincant (même pour un convaincu). Il renverse régulièrement les prismes à travers lesquels les médias traitent l’information. Il pose l’axiome (qui me parait toutefois un peu limite) que l’identité d’un individu est composées d’une multitudes d’identités (tels que la langue, la culture, la religion, la couleur de peau, les préférences sexuelles, …) dont la conjonction fait un individu unique. Selon lui, si l’une de ces identités est mise en péril, elle prend le pas sur l’identité globale. Pour caricaturer, un noir homosexuel flamand mettra en avant l’une ou l’autre de ses identités selon qu’il vit en Alabama, à New York ou à Oostende.

Parmi les questions qui poussent à revoir sa vision du monde et de l’Histoire, nous avons:

  • Est-ce la religion qui influe sur une civilisation ou une civilisation qui influe sur la religion?
  • La chrétienté se serait-elle développée si elle n’avait pu s’appuyer sur le droit romain et et sur la culture grecque?
  • Le marxisme aurait-il été différent s’il ne s’était développé en Russie?

Un point particulièrement intéressant est soulevé par Maalouf concernant la domination culturelle de la civilisation occidentale  sur les autres civilisations. D’après Maalouf, l’accélération de la prédominance culturelle de l’occident date de la campagne d’Egypte de Napoléon en 1799. Depuis lors, que ce soit d’un point de vue politique, scientifique ou culturel, toutes les grandes évolutions (elles ne sont pas toutes positives mais elles sont toutes marquantes: cela va du nazisme à la conquête de l’espace, de l’informatique à la bombe atomique) ont pris corps en Occident. Jusqu’alors, les différentes civilisations évoluaient d’une manière asynchrone mais globalement au même rythme. La Chine, l’Inde, l’Orient, les Aztèques ont tous un moment ou l’autre été un moment ou l’autre en avance. Mais l’accélération fulgurante que connaît  l’Occident depuis trois siècles n’a aucun précédent historique. Cela joue sur les autres civilisations qui doivent renoncer à une partie de leur identité pour suivre le mouvement. Un mouvement  depuis trop à sens unique longtemps qui génère des frustrations. Maalouf illustre intelligemment cette dernière idée en parlant des Français qui s’insurgent contre l’envahissement des anglicismes et des fast food. Toute culture vit mal d’avoir le sentiment d’être dominée par une autre.

Les nombreuses citations que j’ai pu extraire de ce livre démontrent à quel point il m’a impressionné malgré la naïveté parfois pesante du propos de Maalouf. On ne peut que rester admiratif devant son analyse et sa vision (Les identités meurtrières ont été écrites avant les attentats de New York, l’élection d’Obama qui s’est élevé au dessus de son identité raciale pour être élu). En tant que Belge, j’avoue que j’aimerais que ce bouquin soit un préalable avant de débuter les négociations communautaires qui s’annonce.

12 septembre 2009 at 18:56 3 commentaires

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