L’insoutenable légèreté de l’être – Kundera

1 juin 2010 at 14:02 3 commentaires


Lorsqu’elle me l’a offert, mon amie m’a dit ‘tu verras bien’. C’est vrai que mes humanités m’ont rendu réfractaire à tout ce qui est reconnu comme « classique » de la littérature. Je raconte souvent que je n’aurais probablement plus jamais ouvert un livre si je n’en avais pas pris l’habitude (et éprouvé du plaisir) avant d’être obligé de lire Thérèse Desqueyroux. Ce n’est qu’un exemple mais, je persiste à trouver criminel de faire lire un bouquin aussi ennuyeux à des gamins de 16 ans. Je pensais qu’une des missions de l’école était de donner le goût de lire. D’après ce que je peux constater, la mission a échoué.

Ce livre a été élevé au rang de classique quasiment dès sa sortie. A mon avis, ce prestige doit autant au statut de l’auteur – un intellectuel persécuté dans un pays situé du mauvais côté du rideau de fer (le livre est sorti en 1982) – qu’à de la qualité du texte. Autant l’écrire tout de suite, je n’ai pas aimé. Kundera crée ses personnages pour leur faire emprunter les chemins qu’il n’a pas pu ou su prendre dans sa vie (un des thèmes du roman est une réflexion sur l’implication de ses choix conscients et le poids du hasard dans notre existence) plutôt que pour leur donner de la chair. Ils ne sont qu’un prétexte pour articuler les réflexions de l’auteur autour de leurs vies artificielles. J’ai trouvé pénible cette manière qu’a le narrateur de jeter à la figure du lecteur sa faconde et ses sophismes.

Assez étrangement, c’est très facile à lire. Si le style est pompeux (et parfois pompant), le texte reste aéré car aucun chapitre ne fait plus de quelques pages. Le lecteur n’a pas le temps d’être assommé par les pontifications de Kundera.

Cela dit, tout n’est pas à jeter. Les conditions de vie dans la Tchécoslovaquie d’après le printemps de Prague sont intéressantes. Le problème est que j’ai eu l’impression de lire un livre de salon parisien écrit par un intellectuel maudit. Une quasi-caricature. Peut-être aurais-je été moins virulent si Kundera avait écrit un essai philosophique au lieu d’un roman.

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3 commentaires Add your own

  • 1. mimylasouris  |  9 juin 2010 à 20:01

    C’est

    Réponse
  • 2. mimylasouris  |  9 juin 2010 à 20:06

    C’est très amusant, parce que c’est exactement ce qui vous déplaît dans le livre qui m’a enthousiasmée – c’est si précis, que je comprends et que cela me fait rire, même si je ne peux pas m’empêcher d’ajouter pour ma défense de lectrice, que c’est justement un « essai romanesque » que Kundera a écrit.

    (J’ai beau être en lettres modernes, je sais bien que l’étude de certains textes suffit à nous faire adopter l’esprit de contradiction qui nous fera en toute mauvaise foi détester un livre qu’on aurait aimé autrement – heureusement, il y a parfois le cas inverse qui se produit, si le prof fait judicieusement ses choix)

    Réponse
  • 3. Cecile de Quoide9  |  26 juillet 2010 à 18:13

    Tu as aimé et trouvé bien écrit (sic !) un sommet (G8) de vacuité comme Kuru (et c’est quelqu’une dont Mort d’un parfait bilingue figure dans son top 3 des lectures de 2009 qui l’écrit) et tu n’as pas aimé un livre aussi monumental que ce Kundera… Intéressant.

    Réponse

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