Posts tagged ‘société’

Journée de la femme


Voici quelques jours avait lieu la journée de la femme. Comme chaque année, les médias ont taillés les mêmes marronniers en publiant les dernières statistiques salariales homme/femme et en s’étonnant de la faible représentativité des femmes dans les organes de décisions. Comme chaque année, les mêmes boutades ont fleuri dans les bureaux et sur facebook.

Je ne suis pas sociologue ni économiste mais je vais oser l’impensable dans une société consensuelle et hypocrite. Selon moi, il ne s’agit pas d’un problème de genre. Plus exactement cela l’a été et il reste des poches de machismes inoxydables (comme il subsiste des mégères insupportables) mais cela ne constitue plus la source du problème. D’après moi, lorsqu’on analyse les chiffres en tenant compte du genre, on biaise la réflexion. Il est indéniable que les femmes sont globalement moins payées et beaucoup moins valorisées que les hommes. La question est de savoir si leur genre est la cause de la discrimination. Je prétends que la discrimination prend sa racine dans le rapport qu’a notre société envers le travail. Encore une fois, je n’ai pas les compétences juridiques pour l’affirmer, mais je doute qu’une femme soit moins bien payée qu’un homme doté des mêmes compétences,  dela même ancienneté et des mêmes responsabilités. Si c’est le cas, c’est scandaleux et ce que je vais écrire n’a aucun sens.

Si ce n’est pas le cas, d’où provient une telle disparité? On estime la différence salariale à 25%. Une femme touche en moyenne 3/4 du salaire d’un homme! Ce qui est étrange, c’est que les femmes sont surreprésentées dans les professions ‘sociales’ (infirmière, institutrices, assistantes sociales, …) où les perspectives de hausses salariales sont structurellement illusoires. Ce qui est étrange c’est qu’un homme qui choisi une telle profession est regardé comme s’il avait enfilé une minijupe avant de se maquiller. Ce sont les femmes qui prennent de temps partiels pour s’occuper des enfants. Un papa qui prend un temps partiel est considéré comme un original avec des problèmes hormonaux. Lorsqu’une femme refuse une réunion tardive pour rentrer chez elle, elle reçoit un regard résigné. Un homme refuse de faire du présentéisme et qui brosse les pots du vendredi soir entre collègues peut dire adieu à sa carrière. Jusqu’il y a peu, les jugements de divorce donnaient systématiquement la garde des enfants à la mère.

En produisant les chiffres scandaleux des inégalités salariales, on devrait prendre en compte la dimension culturelle qui veut que, pour assurer une carrière, il faut être présent tard. Arriver tard au boulot est un signe de réussite, partir tôt est un signe de faiblesse. Je serais curieux de connaitre les disparités salariales entre les personnes qui privilégient leur temps de famille à leur temps professionnel. Lorsque j’entends les critiques qu’ont essuyées Emilie Hoyos (présidente du parlement Wallon) et Freya Vandenbosche (ministre du gouvernement Flamand) pour avoir osé prendre leur repos d’accouchement malgré leurs hautes responsabilités, je remarque qu’aucun commentateur n’a jamais eu à s’offusquer de l’attitude d’un décideur qui aurait eu l’outrecuidance de prendre un congé parental.

10 mars 2010 at 18:20 Laisser un commentaire

Le bureau vide – Frank De Bondt


Une nouvelle fois, je me félicite d’avoir participé à l’action masse critique de Babelio. En effet, voici un bouquin que je n’aurais probablement pas spontanément acheté mais qui se révèle intéressant. Un mot pour l’éditeur: 13,5 € pour un livre de 129 pages au format poche? Si on tient compte du bel interligne et de la taille de la typographie, je trouve que cela fait fort cher le mot. J’ai un peu de mal à comprendre la politique commerciale qui recouvre la décision d’éditer un si petit texte pour un tel prix qui risque de ne pas susciter une forte audience.

Le texte écrit à la première personne narre la mise au placard d’un dirigeant des ressources humaines d’une grosse entreprise française suite à une fusion. C’est drôle et féroce et truffé d’observations acides sur le milieu des grosses multinationales. J’avoue pourtant avoir été un brin  déçu car Le capital de Stéphane Osmont qui aborde la même thématique m’a laissé une impression plus marquante. A mon avis, la force du bouquin  de ??? tenait surtout de la violence de la charge contre les excès engendrés par les CEO zélés serviteurs du capitalisme. Si on est dans le même registre, on sent de la part de l’auteur une forme de retenue qui n’évite pourtant pas la caricature. L’époque est différente: il n’y a plus rien aujourd’hui qui pourrait choquer le lecteur plus que ce qu’il a lu dans les journaux depuis fin 2008.

Un bon texte qui aurait eu sa place dans un recueil de nouvelles. Bien fichu mais sans véritable cachet.

2 mars 2010 at 10:15 Laisser un commentaire

Apple à la raison?


Un événement survenu récemment dans le petit monde de l’informatique a enfilé les frusques du ridicule pour mieux dissimuler sa nature profondément inquiétante.

Tout le monde (ou presque) connaît l’iPhone. Le couteau suisse que l’adepte des nouvelles technologies arbore avec fierté ou le couve d’un regard envieux au travers des vitrines. Car, en plus de téléphoner, l’engin vendu par Apple sait tout faire (ou presque). La grande idée d’Apple a été de coupler un design novateur à une plateforme de vente d’applications qui enrichissent les fonctionnalités du joujou. Sur cette boutique en ligne (l’App Store), vous pouvez acheter pour une somme allant de zéro à quelques euros de petits programmes qui vont du franchement inutile à l’indispensable en passant par le ludique et le pratique.

Apple a eu l’intelligence de faciliter la vie des développeurs de ces applications en leur fournissant les outils pour écrire ces programmes et de faciliter leur distribution tout en garantissant un partage équitable des bénéfices. En contrepartie, les applications pour l’iPhone ne peuvent être vendues que sur la boutique d’Apple et nulle part ailleurs. On a déjà lu des critiques lancées par les développeurs qui devaient se soumettre au diktat d’Apple pour voir le fruit de leur travail mis en vente. Il y a quelques jours, Apple est allé plus loin en retirant de la vente plus de 5.000 applications jugées trop suggestive. On pourrait gloser sur l’infantilisme d’une telle décision: dans une société qui érotise l’achat d’un pot de yaourt, une fille en bikini peut paraître moins dangereuse qu’un coussin péteur (allez voir  à quoi sert iFart – toujours en vente). On pourrait mais cela serait dénier à Apple et ses dirigeants le droit de vendre des programmes qui sont en accords avec leurs valeurs puritaines. Si le libraire du coin de la rue refuse de vendre Play Boy parce qu’il considère que c’est contre ses convictions, qui l’en blâmera? Le problème vient qu’avec un iPhone, vous n’avez pas le choix du vendeur. Pas question d’aller chez un autre libraire. Cette dérive n’en est pas à sa première manifestation: Amazon avait retiré de son espace de vente électronique en privant d’accès les clients qui l’avaient acheté en toute bonne foi (pour l’anecdote, il s’agissait de 1984 de George Orwell). Le client n’est plus propriétaire de ce qu’il achète. Vous avez un iPhone? Faites ce qu’Apple vous laisse faire, pas ce que vous voulez faire.

Quelle sera l’étape suivante? Si Apple n’aime pas ce billet, pourra-t-il s’afficher sur un Mac? Apple envisage de vendre des livres électroniques. Va-t-elle censurer les ouvrages trop suggestifs? Les journaux qui publient des articles non certifiés par Apple seront-ils interdits?

Je n’aime pas cette dérive qui rappelle singulièrement … George Orwell

23 février 2010 at 09:47 1 commentaire

Il faut qu’on parle de Kevin – Lionel Shriver


Ne vous fiez pas à la tristesse de la couverture

A l’entame de ce billet, je me rend compte que je manque de vocabulaire pour qualifier ce bouquin. Excellent? Pas seulement. Dur? Difficile? Dérangeant? Palpitant? Je pense que mon choix va se porter sur l’ambivalent « terrible ».

On connait d’emblée la fin de l’histoire. Eva écrit à son mari dont elle est séparée pour lui faire part de ses état d’âme depuis que leur fils de 16 ans a tué 10 de ses condisciples à l’école. Le choix de la correspondance à sens unique (seule Eva y participe) développe une dimension excessivement intime à ses propos.  cela accentue l’horreur de ses révélations mais cela permet également de briser nombre de tabous en décrivant le désarroi d’une mère confrontée à un enfant qu’elle pressent foncièrement malfaisant dès sa naissance. On ne peut réduire ce livre à une complainte d’une maman terrifiée par sa progéniture ni au cheminement d’un gamin mauvais. Shriver décrit par ailleurs fort bien une société américaine en décalage avec le reste du monde. Un pays en perte de repères dont sa jeunesse peine à briser le rideau de superficialité pour donner un sens à  son avenir.

Je dois dire que, bien qu’emballé par l’écriture de Shriver dès les premières lignes, j’éprouvais un malaise presque physique à lire les lettre d’Eva. Principalement dans la première partie du bouquin où je n’avais pas encore pris toute la mesure du drame vécu par les parents de Kevin. Chaque lettre d’Eva était une épreuve que j’avais peur d’entamer mais dont je ne pouvais me soustraire. Les malheurs d’Eva me revenaient sans cesse dans mon quotidien. On ne peut s’empêcher de s’identifier à elle et de se demander ce qu’on aurait fait à sa place. Dans ma jeunesse, je dévorais les livres de Stephen King, Peter Straub ou Dean Koontz. J’en aimais le style délié et leur approche du mal que je jugeais moins caricaturale que les « mauvais » qui hantaient les films d’action de l’époque (ça doit encore être le cas). Ici, Shriver donne une vraie dimension littéraire au mal. Kevin est un damné qui ne croit en rien, n’espère rien, ne veut rien. Il incarne le mal. Mais ce n’est pourtant pas de là que provient le malaise. Le pire est dans la solitude de sa mère (dont nous partageons l’intimité) qui est la seule a deviner la profondeur malfaisante de son fils. Ce n’est pas un livre d’horreur, c’est une histoire horrible. C’est superbement écrit (Shriver entre dans mon panthéon personnel) et c’est un roman auquel il est difficile de rester indifférent.

Ne vous laissez pas rebuter par la noirceur de mes propos. « Il faut qu’on parle de Kevin » est un livre essentiel qui donne un éclairage nouveau sur le fait d’être parent, sur la société moderne et sur le déni culturel envers le mal inné.

Voici, pour quelques euros, la preuve qu’un livre est plus qu’un divertissement. Voici le genre de bouquin qui donne un sens à ce blog que j’ai entamé pour partager mes coups de coeurs et mes coups de gueule. Voici une évidence. Une vraie baffe que je recommande à tous ceux qui n’attendent pas famille (ça pourrait plomber l’ambiance ;-))

22 décembre 2009 at 12:08 5 commentaires

Fume, c’est du belge!


C’est étonnant comme l’opinion publique change rapidement et plus spontanément qu’on ne le pensait. Au début des années 90, une circulaire royale interdisait purement et simplement qu’on fume dans les lieux publics. Comme souvent, personne n’en a tenu compte. On a continué à fumer dans les trains, les restaurants, les cafés, les bureaux … sans que personne ne sourcille.

Depuis quelques années, les lois interdisant le tabac dans les lieux publics fleurissent malgrés le travai lde sape des lobbies du tabac qui s’époumonnent devant cette grave atteinte aux libertés individuelles. Fumeurs ou pas,  restons courtois. Tu parles. Le législateur a habilement contourné l’argument des libertés individuelles pour appliquer le principe de la protection de la santé publique face au problème du tabagisme passif. Fumeur ou pas, cancer tu auras. C’est ainsi que tout le monde respecte la loi et son esprit en s’abstenant d’enfumer son voisin au bureau, au restaurant, dans les trains. On peut juste continuer à enfumer les garçons de café.

Plus pour longtemps car le secteur HORECA estime la loi trop complexe et les experts médicaux restent dubitatifs devant l’inocuité de la cigarette dans les salle de cafés. C’est pourquoi, après des palabres dont nos élus ont le secret, l’interdiction totale du tabac pour 2012 avait été votée en commission du sénat. Y compris par le PS.

Là où je perds mes nerfs, c’est lorsque Elio Di Rupo retourne sa veste et annonce qu’il faudrait peut-être revoir cette position car, après tout, c’est la crise. L’argument qu’il développe, est que, bien conscient des dangers de tabac, l’interdiction de totale de fumer risque de mettre à mal l’emploi dans les cafés. Pas con. Pour contrer la crise, tuons les cafetiers. Moins de cafés, moins de cafetiers potentiellement sans emploi. Moins de café, moins de cancer. Imparable. Au delà de l’hypocrisie de l’argument, l’expérience démontre que c’est faux. Les cafetiers des pays qui ont voté l’interdiction totale n’ont pas vu leurs revenus baisser. Certains l’ont même vu augmenter car l’air vicié tenait à l’écart un public rétif à l’idée de puer le tabac froid après une soirée entre amis. Ou un public familial qui ne trouvait pas cohérent d’interdire à leurs gosses de fumer pour qu’ils s’intoxiquent en vidant leur orangeade.

Et si tout ça n’était qu’un écran de fumée pour céder au lobbies du tabac sans se mettre l’opinion à dos? L’argument de la crise peut alors expliquer des tas de positions impopulaires. Donfut qui reprend son job? C’est la crise. Libérale en plus (ça, ça en jette. Ce brave Elio était administrateur de Dexia et a enteriné bon nombre de choix qui ont mené à la crise libérale).

Restons courtois.

1 décembre 2009 at 22:51 1 commentaire

Ultimatum climatique


Une signature, ça ne représente rien. Un million de signatures,  un million de fois rien?

Une signature, c’est un petit geste qui peut servir de bras de levier à une cause qui nous dépasse.

FAITES SIGNER L’APPEL POUR COPENHAGUE

Nous sommes à 15 jours de la conférence de Copenhague où tous les pays du monde vont décider de notre avenir en signant un accord ambitieux ou pas sur le climat.

Il y a aujourd’hui plus de 440 000 citoyens à avoir signé la pétition Ultimatum climatique.
A cette occasion, les 11 ONG* qui sont à l’origine de cet appel vous proposent une vidéo mettant en scène une dizaine d’artistes, chanteurs, sportifs qui sont mobilisés à nos côtés et vous remercient par avance de faire connaitre cet  »Ultimatum Climatique » à vos amis…

MOBILISEZ VOS PROCHES, FAITES SUIVRE CETTE INFORMATION

Plus nous serons nombreux, plus nous ferons entendre notre voix, votre voix… Nous comptons sur vous pour mobiliser vos proches

Faites suivre cet appel à 5, 10, 20 personnes de votre liste de contact mail et proposez-leur de signer l’appel sur le site www.copenhague-2009.com
Merci

Ils soutiennent :

  • 4 D
  • Agir pour l’Environnement
  • Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières
  • Alofa Tuvalu
  • Association Santé Environnement France
  • ATTAC
  • AVES France
  • Bolivia Inti-Terre Soleil
  • CCFD-Terre Solidaire
  • Colibris – Mouvement pour la Terre et l’Humanisme
  • Collectif de Liaison des Energies Renouvelables
  • Ecologie Sans Frontières
  • Fac Verte
  • GERES
  • Goodplanet
  • GRET
  • Handicap International
  • L’Alliance pour la planète
  • Ligue de Protection des Oiseaux
  • Max Havelaar France
  • Planète Urgence
  • Réseau Français des Etudiants pour le Développement Durable
  • Réseau Sortir du Nucléaire
  • Scouts et Guides de France
  • Solar Generation
  • Tara Océans

L’Ultimatum climatique est aussi soutenu par de très nombreuses collectivités, syndicats, entreprises et partis politiques.
« L’ultimatum climatique est une campagne s’intégrant dans la mobilisation internationale pour obtenir à Copenhague 2009 un accord à la hauteur des enjeux climatiques.

Pour plus d’information sur la mobilisation internationale cliquez ici »

Autres sources d’informations :

http://en.cop15.dk/

http://www.copenhagenclimatecouncil.com/

1 décembre 2009 at 09:56 2 commentaires

Centre démocrate


Le CDH organise des élections pour désigner un(e) successeur à Joëlle Milquet. J’aime bien les élections. Il y a un enjeu, des poses, des déclarations, un suspense, des haines, des alliances, … Pour éviter qu’il n’y ait trop de tout ça, le CDH a bien fait les choses. Un réglement en béton qui disqualifait quiconque n’était pas Benoit Lutgen (j’exagère à peine). Un comité des sages devait examiner les (la?) candidature pour vérifier qu’elle correspondait bien aux critères stricts qui encadraient la procédure.

Le hic, c’est que Benoit il n’est pas chaud-chaud. Il aime son boulot à Namur et n’a pas envie d’aller s’enferrer dans le panier de crabes fédéral. Donc, Benoit a posé sa candidature (fallait bien) et tout le monde était content.

Sauf le comité des sages qui est bien embêté pour vérifier la validité de la candidature: Benoit est d’accord d’être élu si on attend deux ans. Sinon, ça le fait pas. Le comité ne peut pas dire que le réglement fait pour élire Lutgen n’est pas bon. Mais il ne peut pas qualifier Lutgen non plus puisqu’il pose sa candidature pour dans deux ans.

En fait, j’aime bien aussi les élections au CDH. C’est réconfortant de voir à quel point un parti politique est soucieux de la transparence et respecte les réglements qu’il édicte. C’est rassurant de constater que des gens aussi pointilleux soient les mêmes que ceux qui nous représentent pour conduire le pays.

16 novembre 2009 at 22:51 Laisser un commentaire

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