Posts tagged ‘religion’

Black Album – Hanif Kureishi


Black Album a été publié en 1997. C’est, d’après, moi le principal attrait d’un livre qui traite entre autre du radicalisme islamique. Kureishi nous décrit les péripéties d’un jeune anglais d’origine pakistanaise féru de littérature et de Prince. Shahid est en permanence tiraillé par les différentes composantes de son identité: la culture, son âge, l’explosion de sa sexualité, son pays, ses parents immigrés, et surtout … son rapport à la spiritualité. Son désir de s’intégrer à la vie estudiantine le mène à fréquenter des étudiants très religieux emmenés par un ascète charismatique au discours radical.

L’auteur a réussi un tour de force a posteriori en décrivant les mécanismes du communautarisme et du radicalisme musulman. Comme beaucoup, j’ai découvert l’ampleur du phénomène le 11 septembre 2001. A cette époque, je croyais que les extrémistes religieux vivaient très loin de nous dans des régions où la pauvreté et le manque d’éducation servait de terreau à une foi intransigeante. En utilisant un jeune immigré comme personnage atypique, Kureishi donne de l’épaisseur à un phénomène que je ne connaissais que par les articles de journaux.

Cela écrit, je conserve une opinion mitigée sur le roman lui-même. Il est conçu comme un longue fable plombée par une symbolique trop évidente pour être efficace. En outre, comme dans tous les contes, la vraisemblance est délaissée au profit de situations explicites et bancales. On a l’impression que l’auteur a écrit 600 pages pour n’en garder que 400 et je me suis surpris plusieurs fois à revenir quelques pages en arrière pour comprendre comment le personnage en était arrivé là. L’accumulation de ces ellipses et l’artificialité de ce conte moderne n’aide pas le lecteur à s’attacher aux personnages. En effet, qui a jamais réellement frémi pour le Chaperon Rouge ou pour Blanche Neige?.

En ce qui concerne la thématique, j’avais été nettement plus séduit par Terroriste de John Updike qui décrivait également les mécanismes et les racines de l’extrémisme religieux. Toutefois, Updike avait clairement choisi le mode journalistique pour appuyer son propos. Kureishi commet le péché d’orgueil en voulant en faire de trop et affaiblit de fait son propos.

2 avril 2010 at 13:37 Laisser un commentaire

Albert et Benoit


xn7djmnaJe ne sais pas ce que vous en pensez mais cette photo publiée par le Soir me fiche le bourdon. Lorsque le symbole non élu de mon pays se prosterne devant un autre symbôle, cela me met mal à l’aise. Albert II a le droit d’être catholique mais s’il représente la Belgique, il perd ce droit au profit du respect de toutes les opinions qu’il est censé représenter. Une simple poignée de mains aurait largement suffit.

12 octobre 2009 at 08:41 3 commentaires

Les identités meurtrières – Amin Maalouf


Lorsqu’on m’en a parlé pour la première fois, c’était accompagné d’une mine ébahie: « Tu ne connais pas? C’est pourtant la base de tout! » Si je trouve le propos légèrement excessif, je ne peux m’empêcher de penser qu’il s’agit effectivement d’une lecture fondamentale au sens où elle devrait être encouragée dès le plus jeune âge. C’est d’un style très abordable et, même si Maalouf prêchait un convaincu, j’y ai trouvé des angles d’analyses auxquels je n’avais jamais songé.

A mes yeux, la seule faiblesse de ce livre est qu’il n’en est pas un. C’est purement subjectif mais, pour moi, un bon livre est toujours un roman. Sinon, c’est un manuel ou une référence. Je sais que c’est idiot mais je n’arrive pas à considérer un texte purement factuel (telle qu’une biographie par exemple) comme un ‘vrai’ livre. Les identités meurtrières n’est même pas un essai; c’est un discours vibrant et érudit couché sur papier. L’ approche de Maalouf, toute en nuances, s’enrichit de son histoire personnelle et sa vaste culture pour appuyer son propos. C’est brillant et convaincant (même pour un convaincu). Il renverse régulièrement les prismes à travers lesquels les médias traitent l’information. Il pose l’axiome (qui me parait toutefois un peu limite) que l’identité d’un individu est composées d’une multitudes d’identités (tels que la langue, la culture, la religion, la couleur de peau, les préférences sexuelles, …) dont la conjonction fait un individu unique. Selon lui, si l’une de ces identités est mise en péril, elle prend le pas sur l’identité globale. Pour caricaturer, un noir homosexuel flamand mettra en avant l’une ou l’autre de ses identités selon qu’il vit en Alabama, à New York ou à Oostende.

Parmi les questions qui poussent à revoir sa vision du monde et de l’Histoire, nous avons:

  • Est-ce la religion qui influe sur une civilisation ou une civilisation qui influe sur la religion?
  • La chrétienté se serait-elle développée si elle n’avait pu s’appuyer sur le droit romain et et sur la culture grecque?
  • Le marxisme aurait-il été différent s’il ne s’était développé en Russie?

Un point particulièrement intéressant est soulevé par Maalouf concernant la domination culturelle de la civilisation occidentale  sur les autres civilisations. D’après Maalouf, l’accélération de la prédominance culturelle de l’occident date de la campagne d’Egypte de Napoléon en 1799. Depuis lors, que ce soit d’un point de vue politique, scientifique ou culturel, toutes les grandes évolutions (elles ne sont pas toutes positives mais elles sont toutes marquantes: cela va du nazisme à la conquête de l’espace, de l’informatique à la bombe atomique) ont pris corps en Occident. Jusqu’alors, les différentes civilisations évoluaient d’une manière asynchrone mais globalement au même rythme. La Chine, l’Inde, l’Orient, les Aztèques ont tous un moment ou l’autre été un moment ou l’autre en avance. Mais l’accélération fulgurante que connaît  l’Occident depuis trois siècles n’a aucun précédent historique. Cela joue sur les autres civilisations qui doivent renoncer à une partie de leur identité pour suivre le mouvement. Un mouvement  depuis trop à sens unique longtemps qui génère des frustrations. Maalouf illustre intelligemment cette dernière idée en parlant des Français qui s’insurgent contre l’envahissement des anglicismes et des fast food. Toute culture vit mal d’avoir le sentiment d’être dominée par une autre.

Les nombreuses citations que j’ai pu extraire de ce livre démontrent à quel point il m’a impressionné malgré la naïveté parfois pesante du propos de Maalouf. On ne peut que rester admiratif devant son analyse et sa vision (Les identités meurtrières ont été écrites avant les attentats de New York, l’élection d’Obama qui s’est élevé au dessus de son identité raciale pour être élu). En tant que Belge, j’avoue que j’aimerais que ce bouquin soit un préalable avant de débuter les négociations communautaires qui s’annonce.

12 septembre 2009 at 18:56 3 commentaires

Fortune de France (tome 4) – Le prince que voilà – Robert Merle


Depuis quelques années, lorsque je suis en vacances au soleil, j’aime lire les aventures de Pierre de Siorac, un jeune nobliau protestant qui accompagne les turbulences de la France de la fin du XVIème siècle. Le premier tome parle de la petite noblesse et de la guerre de religion qui couve, le second parle de la vie quotidienne à Montpellier, le troisième du massacre de la Saint Barthélémy.

Ce quatrième opus nous fait vivre de près le combat feutré entre le roi Henri III et le duc de Guise. Siorac, en tant que médecin du roi, nous fait vivre les intrigues et les luttes de clans qui minent la cour du roi. Robert Merle décrit bien les méthodes employées par le duc de Guise pour parvenir à ses fins. Comment il soudoyait le clergé pour que ses prêches mettent en avant sa volonté de défendre l’Eglise. Les prêches remplaçaient les discours télévisés. On est abasourdi par le cynisme qui déguisait l’ambition sous le manteau de la foi.

Une des particularités de cette saga c’est qu’elle est intégralement écrite en vieux français. En effet, Robert Merle a écrit ces romans comme une chronique écrite par Pierre de Siorac. L’érudition et la précision historique ne doit pas vous laisser croire qu’il s’agit d’une ennuyeux jus de crâne. Il s’agit de romans très vivants et parfois paillards. Foin des tristes manuels d’histoire, Siorac se bat, drague et dague. C’est Dumas avec la rigueur historique. Lire le vieux français est un peu comme lire une seconde langue. Certains mots nous échappent, c’est pratiquement impossible à lire à voix haute mais, une fois dans le bain, on oublie la langue pour se délecter du récit.

Une série absolument formidable. Je ne résiste pas à l’envie de vous  livrer quelques extraits. Les choisir fut très facile: chaque page est un merveilleux mélange de style et de dépaysement.

Dans le même temps, poursuivit le roi, M. Pomponne de Bellelièvre sera dépêché à Soissons pour quérir expressément au duc de Guise qu’il ne vienne à Paris que je ne l’y mande; que s’il y vient, les affaires étant ce qu’elles sont, sa venue pourrait me causer une émotion, de laquelle je le tiendrai à jamais coupable.

Monsieur de Siorac, dit Sarmacas, nullement rabattu par ma roideur, je ne doute pas que votre bonne foi désormais veillera avec le dernier scrupule à ce que Larissa ne soit jamais par vous avec sa jumelle confondue, confusion qui aurait pour tous des conséquences si amères que je répugne à les envisager, et plus encore à les nommer.

Mais Quéribus dont l’oeil avait brillé quand s’était déclos l’huis de la librairie, pour s’éteindre incontinent quand Fanchou avait paru, laissa la chambrière remplir son gobelet sans un merci et sans y toucher, envisageant son vin avec des yeux absents et ne sachant même point, à ce que je cuide, ce qu’il tenait en sa dextre.

27 août 2009 at 22:07 Laisser un commentaire

Terroriste – John Updike


Un grand livre

Un grand livre

J’ai un peu de mal à parler de ce livre comme d’un roman. John Updike a écrit un essai sur le terrorisme en le travestissant d’une intrigue pour lui donner des airs de roman. A l’aide d’une plume vivace et cultivée,  il retrace l’histoire d’un jeune homme qui accepte une mission suicide pour commettre un attentat à New York.

L’auteur contemple l’Amérique à travers les yeux des protagonistes de son intrigue assez légère mais bâtie sur des fondations extrêmement solides. C’est ainsi que le vieux professeur athée d’origine juive porte un regard nostalgique sur le pays de sa jeunesse ou qu’un jeune homme mi-arabe mi-irlandais s’investi dans sa Foi musulmane comme un jardinier place un tuteur pour que sa plante pousse bien droit. Dans une petite ville dont l’avenir est derrière elle et  dans une Amérique dont les valeurs se limitent au consumérisme et à l’argent, peu d’options sont à la portée de sa jeunesse. Le jeune lycéen en quête d’identité en quête de valeurs se retranche dans la Foi.

John Updike brosse un portrait très sombre d’une Amérique qui aurait perdu ses repères. De longues et passionnantes digressions appuient son propos dans un langue magnifique quoique parfois baroque. Hormis dans les dialogues, Updike ne sait pas faire de phrase de moins de 10 lignes (j’exagère à peine) ce qui donne un texte souvent magnifique sans être pédant mais qui rend aussi la lecture difficile. Ne tentez pas de lire ce bouquin lorsque que vous n’êtes pas complètement concentré ou trop fatigué pour regarder un nanar  à la télévision.

Je n’avais jamais rien lu d’Updike le classant inconsciemment d’une manière totalement arbitraire dans  la catégorie des auteurs intellos pontifiants (à côté de BHL). Je ne saurais trop vous recommander ce livre pour le regard qu’il porte sur notre civilisation. Le trait peut parfois être caricatural mais il est absolument lucide sur le fond.

18 août 2009 at 17:08 2 commentaires

Knowing / Prédictions – Alex Proyas


Prédiction: Vous nirez surtout pas le voir!

Prédiction: Vous n'irez surtout pas le voir!

Disons que mon enthousiasme était mesuré. Je m’atttendais à blockbuster américain classique avec un grosse catastrophe, un héros torturé que personne ne veut écouter avant qu’il ne soit trop tard, un président américain paternaliste et protecteur. Un film avec Nicolas Cage qui a participé à des oeuvres majeures telles que The Rock, Con Air, Ghost Rider, Benjamin Gates. Un film réalisé par Alex Proyas qui m’avait laissé un bon souvenir avec The Crow et un Dark City que je n’ai jamais pu voir sans – littéralement – m’endormir mais que mon entourage aime beaucoup.

Bref, un film parfait pour un après-midi en famille.

Faux.

Tout commence comme prévu. Un professeur au MIT père célibataire pas encore remis de la mort de sa femme. Une capsule temporelle enterrée voici 50 ans qui contient un code décrivant les dates, les lieux et le nombre de toutes les victimes de toutes les catastrophes majeures arrivées ces cinquantes dernières années. Durant la première heure, on est dans la veine des ‘Jour d’après’ et autres ‘Armagedon’ avec tous ses codes, sa musique trop forte et ses effets spéciaux tellement spectaculaires qu’on ne les remarque plus.

La suite est une vériable escroquerie. On tombe dans une farce biblique que les créationistes et les néo-chrétiens ont du adorer. Je vous passe les détails mais ce n’est même pas une vague métaphore. En soi, un film chrétien n’a rien de choquant. Pas plus qu’un film d’horreur. On peut préférer Cecil B. DeMille à Wes Craven ou Sam Raimi. Ce qui est réellement choquant, c’est que le film est vendu comme un thriller classique et prend soin d’installer le suspense dans la première heure avant de tomber dans le prosélitysme crétin. Ce n’est pas une question de Foi, c’est une question d’intelligence. On a droit à tous les clichés: l’arche de Noé, le paradis (avaec son arbre), les cavaliers de l’apocaplypse, le déluge, … La totale. Encore une fois, qu’il y ait un public pour ce genre de sujet, ce n’est pas le problème. Le coeur du problème, c’est de faire passer des textes obscurs pour un sujet grand public sans passer par une mise en contexte honnête.

J’ai commencé ce blog pour partager mes coups de coeurs mais si cet article a pu dissuader ne fût-ce qu’une personne d’aller voir Knowing,  pour de mauvaises raisons, je saurai que je n’écris pas dans le vide.

Ca fait du bien. Il y a bien longtemps qu’un film ne m’a pas révolté à ce point.

19 juillet 2009 at 08:22 Laisser un commentaire

Gaza


Le conflit Israelo-Palestinien m’emmerde.

Les deux protagonistes ont de bonnes raisons pour avoir avoir des objectifs divergents qui ne peuvent que dégénérer en antagonisme profond. Lorsque les deux parties ont raison, à moins d’être obtu, il est quasi impossible d’adopter une position tranchée en faveur de l’une ou de l’autre. C’est pourquoi la litanie de morts de haines et de sang que j’entends quotidiennement depuis mon enfance m’emmerde. Les haines religieuses sont les plus tenaces et les haines nationalistes les plus irrationnelles. Lorsqu’il y a conjugaison des deux, on se retrouve dans un processus que la diplomatie et la raison ne peuvent endiguer.

Un simple coup d’œil à la carte du moyen orient nous fait comprendre pourquoi Israël ne peut pas baisser la garde.

La manière dont sont entassé des population qui étaient sur ces terres depuis des siècles est scandaleuse. Les palestiniens sont massés les uns contre les autres sur une bande de terre à peine plus grande qu’une ville. Les déplacements sont contrôlés par une armée hostile et supérieurement équipée. Ces contraintes annihilent toute forme d’économie structurelle.

Malgré tout cela, ce que je ne comprends pas après toutes ces années, c’est le manque de discernement des politiciens locaux. La plupart de la classe politique Israelienne ainsi qu’un majorité de la population est favorable à un état palestinien indépendant. Seul l’intransigeance du Hamas fait obstacle à la concrétisation de ce projet. Le Hamas est né sur le terreau  de la colère et de la frustration des populations arabes privées de tout et constament humiliées. Le Hamas propère à l’abri des murs construits par Israel. Il cristalise le malheur engendré par le conflit. Pour faire face à cette situation politique, que fait Israel? Elle bombarde des hopitaux et envoie des chars. Même si seuls les membres du Hamas étaient victime de la force de frappe de l’armée israelienne, les politiciens croient-ils vraiment qu’on peut éradiquer un sentiment de haine en éliminant les membres du movement politique qui le porte? Ca me parait idiot et dangereux.

30 décembre 2008 at 10:30 1 commentaire

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