Posts tagged ‘liberté’

Contraintes


La vie est ainsi faite que les gens vivent en se contraignant mutuellement.

Haruki Murakami dans “La ballade de l’impossible

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15 mai 2010 at 11:44 Laisser un commentaire

Apple à la raison?


Un événement survenu récemment dans le petit monde de l’informatique a enfilé les frusques du ridicule pour mieux dissimuler sa nature profondément inquiétante.

Tout le monde (ou presque) connaît l’iPhone. Le couteau suisse que l’adepte des nouvelles technologies arbore avec fierté ou le couve d’un regard envieux au travers des vitrines. Car, en plus de téléphoner, l’engin vendu par Apple sait tout faire (ou presque). La grande idée d’Apple a été de coupler un design novateur à une plateforme de vente d’applications qui enrichissent les fonctionnalités du joujou. Sur cette boutique en ligne (l’App Store), vous pouvez acheter pour une somme allant de zéro à quelques euros de petits programmes qui vont du franchement inutile à l’indispensable en passant par le ludique et le pratique.

Apple a eu l’intelligence de faciliter la vie des développeurs de ces applications en leur fournissant les outils pour écrire ces programmes et de faciliter leur distribution tout en garantissant un partage équitable des bénéfices. En contrepartie, les applications pour l’iPhone ne peuvent être vendues que sur la boutique d’Apple et nulle part ailleurs. On a déjà lu des critiques lancées par les développeurs qui devaient se soumettre au diktat d’Apple pour voir le fruit de leur travail mis en vente. Il y a quelques jours, Apple est allé plus loin en retirant de la vente plus de 5.000 applications jugées trop suggestive. On pourrait gloser sur l’infantilisme d’une telle décision: dans une société qui érotise l’achat d’un pot de yaourt, une fille en bikini peut paraître moins dangereuse qu’un coussin péteur (allez voir  à quoi sert iFart – toujours en vente). On pourrait mais cela serait dénier à Apple et ses dirigeants le droit de vendre des programmes qui sont en accords avec leurs valeurs puritaines. Si le libraire du coin de la rue refuse de vendre Play Boy parce qu’il considère que c’est contre ses convictions, qui l’en blâmera? Le problème vient qu’avec un iPhone, vous n’avez pas le choix du vendeur. Pas question d’aller chez un autre libraire. Cette dérive n’en est pas à sa première manifestation: Amazon avait retiré de son espace de vente électronique en privant d’accès les clients qui l’avaient acheté en toute bonne foi (pour l’anecdote, il s’agissait de 1984 de George Orwell). Le client n’est plus propriétaire de ce qu’il achète. Vous avez un iPhone? Faites ce qu’Apple vous laisse faire, pas ce que vous voulez faire.

Quelle sera l’étape suivante? Si Apple n’aime pas ce billet, pourra-t-il s’afficher sur un Mac? Apple envisage de vendre des livres électroniques. Va-t-elle censurer les ouvrages trop suggestifs? Les journaux qui publient des articles non certifiés par Apple seront-ils interdits?

Je n’aime pas cette dérive qui rappelle singulièrement … George Orwell

23 février 2010 at 09:47 1 commentaire

Die Welle – La Vague


Un film à voir et à faire voir

Un film à voir et à faire voir

En Allemagne, un professeur vaguement anar et rock ‘n roll (le genre de prof que ses élèves tutoient) se voit confier à contrecœur d’exposer les tenants et aboutissants de l’autocratie à une classe de terminale secondaire. Très vite, il se retrouve confronté à des étudiants lassés de s’entendre parler des nazis et des dictateurs. Pour eux, ils sont trop au courant, trop alertés pour qu’une telle abomination se reproduise aujourd’hui. Le professeur change de méthode et instille une nouvelle discipline et un esprit de groupe qui va souder sa classe.

Cette fiction dramatique dépeint sans jamais lasser le spectateur les mécanismes du fascisme. Ses bienfaits pour le groupe (cohésion, élimination des différences, soutien mutuel, signes de reconnaissance, …) sont au prix du rejet des personnes ne faisant pas partie du groupe ou ne partageant pas l’intégralité de ses valeurs. La dynamique mise en place par le professeur lui échappe petit à petit pour aboutir à la dépersonnification des élèves au profit du groupe.

A mon avis il serait dommage de réduire le message du film au seul fascisme politique. La dynamique pourrait s’appliquer à tous les groupes qui basent leur cohésion sur l’identité. Les supporters,  les fans qui suivent leurs idôles, les religieux qui confondent codes et rites spirituels peuvent tout à fait se retrouver victime des mêmes dérapages. La force du film est de ne jamais aborder le sujet sous le seul angle politique ou historique.

Saisissant et essentiel. Je vous invite tous à voir et à faire voir ce film.

Par parenthèse, je trouve triste qu’on nous matraque avec la promotion de films insipides (Coco, Indiana Jones 4, Safari, Slumdog Millionaire, Milk, Watchmen, …. la liste ne s’arrêtera pas) et qu’on passe à côté d’un tel bijou.

8 avril 2009 at 15:40 Laisser un commentaire

Industrie du divertissement


Lindustrie du disque cherche à retourner la technologie à son avantage pour retrouver ses anciens profits

L'industrie du disque cherche à retourner la technologie à son avantage pour retrouver ses anciens profits

3 mars 2009 at 15:09 Laisser un commentaire

L’obscurité n’est pas la sécurité


Des chercheurs de l’UCL ont mis au point un logiciel capable d’extraire des données de la carte MoBib de la STIB. Cette carte permet à l’abonné des transports en commun bruxellois de pointer son abonnement devant un portique sans contacts physique. L’abonnement électronique est aussi nettement plus flexible. Il en ressort un confort pour l’usager et un meilleur contrôle pour l’entreprise publique.

Toutefois, contrairement à ce qu’avaient affirmés les responsables de la STIB relayés par les édiles politiques (Pascal Smet), cette carte contient des informations qui posent question d’un point de vue de la vie privée (les 3 derniers voyages, le nom, l’adresse, etc.). En soi, je ne crois pas que cela soit un problème puisque les controleurs doivent avoir la possibilité de … contrôler. Ce qui l’est plus, c’est que ces données sont accessible en clair. Cela signifie que n’importe qui disposant d’un lecteur de carte (20 € en grande surface) et du programme exploitant la faille mis au point par les chercheurs de l’UCL peut lire les données personnelles du détenteur de la carte.

C’est ici que la faute commence. Les responsables cités plus haut contre-attaquent en en argumentant que les chercheurs sont des pousse-au-crime! Qu’ils donnent aux personnes mal intentionnées des outils pour perpétrer leurs méfaits! Après avoir menti (il ont toujours prétendu que ces données n’existaient pas), ils reportent leurs responsabilités (une politique de sécurité défaillante et une négligence du respect à la vie privée) sur ceux-là même qui ont mis en lumière leur incompétence. Dans le passé, les grandes firmes informatiques qualifiaient abusivement de pirates les curieux qui rendaient publique une faille de sécurité de leur produit. Avec dix ans de retard, les responsables bruxellois tiennent le même discour irresponsable.

Lorsqu’un citoyen découvre un problème, il est de son devoir de le faire savoir afin que le problème soit résolu par le responsable. Il est du devoir de la STIB de corriger son problème de sécurité. Si les chercheurs ne l’avaient pas fait, une personne moins bien intentionnée aurait pu en profiter sans que l’usager de la carte Mobib puisse se douter que cela était possible. En matière de vie privée, la transparence s’imposent à ceux qui se vantent de vouloir la préserver. En l’occurrence, l’encryption des données suffirait à résoudre le problème vis-à-vis des usagers.

Nous avons une fois de plus la preuve de l’incapacité des médias à éclairer le citoyen sur des sujets difficiles tels que la vie privée ou le danger des puces RFID.

11 janvier 2009 at 16:28 Laisser un commentaire

La liberté


Arrivé aux USA, je suis allé visiter la statue de la liberté. La Liberté, elle a sa statue là-bas. C’est là-bas qu’elle est enterrée.

Patrick Timsit

19 décembre 2008 at 11:44 Laisser un commentaire

La prison fait la force


La dérive sécuritaire à l’origine de bien des fantasmes de  nombreux scénaristes est en train de prendre un virage dangereux en Belgique.

Plusieurs incidents récents deviennent franchement inquiétants. Il y a quelques mois, des anciens membres des CCC ont été mis en détention pour des raisons qui paraissent bien floues. Une journaliste partageant leurs idées politiques a également été emprisonnée. Le parquet n’a jamais communiqué de faits significatifs justifiant leur emprisonnement.

On a fait un grand battage autour de la menace terroriste sans convaincre réellement du potentiel dangereux des personnes concernées. Leurs avocats notent que le dossier ne mentionne pas clairement ce qui leur est reproché.

Le pire est l’attitude du ministre de la justice Jo Vandeurzen dans le dossier concernant un des meurtriers de la jeune policier. Suite a une erreur administrative, l’assassin aurait du être libéré. C’est la loi. Quelque soit la raison qui se dissimule derrière l’erreur administrative et quelques soient les faits reprochés. Or, le ministre a ordonné au directeur de la prison de le garder jusqu’à ce que on ait trouvé autre chose à lui reprocher afin de le garder « légalement » en taule. Vandeurzen a tout à fait le droit de demander qu’on fouille dans les tiroirs pour voir si on peut trouver quelques chose. C’est ce qu’on appelle le droit d’injonction positive du ministre de la justice. Par contre, dans un état de droit, rien ne permet de conserver quelqu’un en détention sans base légale. C’est un des fondements de la démocratie. Si ces pratiques choquent à Cuba et en Chine, elles mettent en péril nos libertés en Belgique!

Mais il y a pire. Bien pire. Y penser me donne des frissons dans le dos. Si la presse a fait part de ses doutes dans les deux premiers dossiers, il n’y a pratiquement rien eu sur l’attitude de Vandeurzen et du directeur de la prison. Que le prévenu soit un salopard n’excuse  en rien l’attitude de ces deux responsables. C’est une question de principe démocratique. L’approche des élections, la nature des faits, le respect des victime ne justifient en rien que la loi ne soit pas respectée. Si la loi est mal faite, il faut la changer. Après un débat démocratique sanctionné par les élus. Dans le cas contraire, qui nous protègera contre une détention arbitraire parce que notre voisin au bras long ne supporte plus les aboiements de notre chien  la nuit.

Le silence assourdissant de la presse peut signifier deux choses: soit ils approuvent les agissements du ministre fédéral (et c’est grave) , soit ils n’y trouvent rien d’anormal (et c’est terrifiant).

17 décembre 2008 at 19:24 Laisser un commentaire

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