Posts tagged ‘Horreur’

Il faut qu’on parle de Kevin – Lionel Shriver


Ne vous fiez pas à la tristesse de la couverture

A l’entame de ce billet, je me rend compte que je manque de vocabulaire pour qualifier ce bouquin. Excellent? Pas seulement. Dur? Difficile? Dérangeant? Palpitant? Je pense que mon choix va se porter sur l’ambivalent « terrible ».

On connait d’emblée la fin de l’histoire. Eva écrit à son mari dont elle est séparée pour lui faire part de ses état d’âme depuis que leur fils de 16 ans a tué 10 de ses condisciples à l’école. Le choix de la correspondance à sens unique (seule Eva y participe) développe une dimension excessivement intime à ses propos.  cela accentue l’horreur de ses révélations mais cela permet également de briser nombre de tabous en décrivant le désarroi d’une mère confrontée à un enfant qu’elle pressent foncièrement malfaisant dès sa naissance. On ne peut réduire ce livre à une complainte d’une maman terrifiée par sa progéniture ni au cheminement d’un gamin mauvais. Shriver décrit par ailleurs fort bien une société américaine en décalage avec le reste du monde. Un pays en perte de repères dont sa jeunesse peine à briser le rideau de superficialité pour donner un sens à  son avenir.

Je dois dire que, bien qu’emballé par l’écriture de Shriver dès les premières lignes, j’éprouvais un malaise presque physique à lire les lettre d’Eva. Principalement dans la première partie du bouquin où je n’avais pas encore pris toute la mesure du drame vécu par les parents de Kevin. Chaque lettre d’Eva était une épreuve que j’avais peur d’entamer mais dont je ne pouvais me soustraire. Les malheurs d’Eva me revenaient sans cesse dans mon quotidien. On ne peut s’empêcher de s’identifier à elle et de se demander ce qu’on aurait fait à sa place. Dans ma jeunesse, je dévorais les livres de Stephen King, Peter Straub ou Dean Koontz. J’en aimais le style délié et leur approche du mal que je jugeais moins caricaturale que les « mauvais » qui hantaient les films d’action de l’époque (ça doit encore être le cas). Ici, Shriver donne une vraie dimension littéraire au mal. Kevin est un damné qui ne croit en rien, n’espère rien, ne veut rien. Il incarne le mal. Mais ce n’est pourtant pas de là que provient le malaise. Le pire est dans la solitude de sa mère (dont nous partageons l’intimité) qui est la seule a deviner la profondeur malfaisante de son fils. Ce n’est pas un livre d’horreur, c’est une histoire horrible. C’est superbement écrit (Shriver entre dans mon panthéon personnel) et c’est un roman auquel il est difficile de rester indifférent.

Ne vous laissez pas rebuter par la noirceur de mes propos. « Il faut qu’on parle de Kevin » est un livre essentiel qui donne un éclairage nouveau sur le fait d’être parent, sur la société moderne et sur le déni culturel envers le mal inné.

Voici, pour quelques euros, la preuve qu’un livre est plus qu’un divertissement. Voici le genre de bouquin qui donne un sens à ce blog que j’ai entamé pour partager mes coups de coeurs et mes coups de gueule. Voici une évidence. Une vraie baffe que je recommande à tous ceux qui n’attendent pas famille (ça pourrait plomber l’ambiance ;-))

22 décembre 2009 at 12:08 5 commentaires

Pig Island – Mo Hayder


Comme j’ai déjà pu l’écrire, j’ai lu énormément de polar et thrillers  étant plus jeune. Adolescent, je dévorais les  Stephen King, la collection ‘Suspense’ de chez Albin Michel mais aussi les aventures de Maigret et les désuets Agatha Christie. Ce préambule pour écrire que d’après moi, les mécanismes de ces intrigues sont souvent similaires. Il y a deux grand schémas utilisés par les romanciers du genre. C’est plus qu’un ensemble de code à respecter, c’est juste qu’on n’a plus inventé grand-chose depuis Conan Doyle. Soit il s’agit d’un personnage récurrent à la vie privée hors norme (Holmes,  Poirot, Marple, Maigret, Wallander,  Rebus, Blomkvist, …) ou nous avons affaire à un serial killer sadique (genre de loin le plus répandu).

Dans Pig Island, Mo Hayder nous plonge dans une atmosphère que j’avais oubliée. Une troisième piste rarement  suivie par les romanciers modernes. Malgré le ton résolument actuel, le ton et l’intrigue me font résolument penser à Edgar Poe. On est dans une horreur suggérée et implacable. Les coups de théâtre se succèdent sans brusquer le lecteur. On ne comprend pas trop les obsessions du héros. L’histoire s’articule autour d’une île battue par les vents, ancienne décharge de produits toxique, hantée par des cochons et  dont la population se résume à une secte qui réprouve la médecine. Le héros est un journaliste qui traque les arnaques des mystères tels que les vierges qui pleurent ou les yétis du Tibet. Il boit trop, son couple bat de l’aile. On pense qu’on se dirige tout droit vers un de ces personnages récurrents que j’ai cité plus haut. Mo Hayder transcende les codes avec un style fluide et direct pour distiller une tension permanente. S’il ne s’agit pas d’un bouquin qui va modifier votre point de vue sur les problèmes du monde, il vous fera passer un excellent moment.

19 août 2009 at 17:10 Laisser un commentaire

Alien Raiders


En fin de journée, une bande de malfrats braque un supermarché dans un bled de l’Arizona (donc, c’est un vrai bled). Très vite, ils abattent deux clients et se comportent bizarrement. Ils n’ont aucun intérêts pour l’argent et laissent filer la plupart des otages.

Alien Raiders est un film d’horreur revisitant le principe éculé de l’invasion extraterrestre par contamination. A défaut d’originalité dans le sujet, son traitement est excellent. Il reprend nombre de recettes éprouvées telles que celles d’Alien et des Dix petits nègres tout en restant original. La réalisation n’est pas sans faiblesse mais malgré le manque patent de moyens, ce film sort du lot et surpasse la plupart des grosses productions.

Un bonne surprise.

4 janvier 2009 at 08:33 Laisser un commentaire

Les ruines – Scott Smith


Etant plus jeune, j’ai lu des dizaines de livres classés dans la catégorie « horreur ». J’ai dévoré des auteurs tels que Stephen King, Dean Koontz, Peter Straub mais jamais je n’ai eu réellement peur. Ces livres me plaisaient pour la tension qu’ils entretenaient mais on était loin des sensations éprouvées lors de la diffusion de massacre à la tronçonneuse (le pire que j’ai jamais vu).

Les ruines suit exactement le schéma traditionnel des films d’horreurs. Tous les codes sont respectés: un groupe de jeunes s’amusent au Mexique, pour un prétexte idiot ils se rendent dans sur un chantier archéologique. Ensuite, ça se corse. L’introduction dure une centaine de pages. A tel point que j’ai failli abandonner lassé que j’étais de lire les tribulations d’une bande d’ados moyens. Je n’avais jamais réalisé que les films d’horreurs sont construits sur le même schéma. L’auteur va plus loin dans sa technique d’émulation des films du genre. Le livre est divisé en longs paragraphes qui, chacuns, prennent le point de vue d’un des personnages. C’est ainsi qu’on peut ressentir la tension s’installer et qu’on peut suivre l’évolution des protagonistes en fonctions de leurs propres caractères.

Le roman est vraiment très bien maitrisé et on ne peut s’empêcher de frissonner au fur et à mesure que l’auteur referme les issues possibles pour ses héros.

A recommander à ceux qui aiment les nuits blanches.

8 octobre 2008 at 10:24 Laisser un commentaire

Phénomènes – The Happening


C’est vraiment pitoyable. Cela fait des années que je n’ai plus vu un film aussi mal fichu. La presse s’était montrée tiède avec ce film mais cela démontre juste la capacité d’influence des attachés de presse. Il n’aurait jamais dû être mentionné par qui que ce soit.

La qualité principale tient à son auteur M. Night  Shyamalan qui a écrit et réalisé coup sur coup deux des films les plus enthousiasmant de ces dix dernières années: Le sixième sens et Incassable. En plus d’être bien réalisé et de bénéficier d’un jeu d’acteur très sobre, le ressort de l’intrigue était tellement bine ficelé que le spectateur ne se rendait compte à quel point il avait été roulé qu’en toute fin de film.

Ici, point n’est besoin d’attendre très longtemps pour savoir qu’on a été roulé. Et pas parce qu’on a mal anticipé l’intrigue. En effet, cette dernière est basée sur une peur aussi vieille que l’humanité et singulièrement utilisée depuis le début de la guerre froide. L’humanité est mise en danger par un ‘gaz’ qui pousse les gens  à se suicider. Bien qu’usé jusquà la corde, ce thème a récemment été exploité avec succés par Cloverfield ou par 28 jours après (voire par son excellente suite 28 semaines plus tard). On ne peut donc même pas donner comme excuse au film de s’être fourvoyé dans une histoire que tout le monde connaît déjà. D’ailleurs si c’était une excuse, comment expliquer le succès de Titanic (Le bateau coulera-t-il?)

Non, si on est abusé, c’est par le film dans son ensemble. La réalisation ferait passer Les sous-doués en vacances pour un bijou de créativité et de subtilité. Le jeu des acteurs ferait pleurer de rire méprisant n’importe quel second rôle de Derrick. Et tout est à l’avenant. Les effets spéciaux (?) doivent avoir été recyclé d’un film d’horreur des années 50 (La maison Husher?). On pourra m’objecter que c’est justement pour faire référence aux films de série B de ces années-là. Franchement c’est possible. En fait, c’est un espoir que j’ai envie d’entretenir car je trouve trop déprimant de croire qu’un auteur (quel que soit son moyen d’expression) aie une quantité finie de créativité et d’inspiration. Je m’explique. Les deux premiers films du réalisateur étaient remarquables. Ça s’est gâté avec Signes qui était mauvais mais bien réalisé. Son film suivant – Le village – était encore pire mais il restait au moins la chute spectaculaire qui avait jusque là fait la patte de Shyamalan. Je n’ai pas vu le suivant qui avait été descendu par la critique. Mais, celui-ci atteint un fond qui laisse pantois. La qualité constamment dégressive des œuvres de l’auteur fait vraiment peine à voir.

Profitez de la pluie de ce mois d’août pourri, reprenez  le travail, lisez les page nécros du journal, faites ce que vous voulez plutôt que de regarder ce navet.

21 août 2008 at 09:38 Laisser un commentaire

Solitaire / Rogue


J’aime bien les pizzas. On en trouve de toutes les tailles, dans tous les pays, avec des ingrédients qui peuvent varier, des qualités allant de l’épouvantable à la sublîme. Cependant, quelle que soit l’originalité du pizzaïolo, il ya des règles à respecter. Une pizza est souvent ronde, d’un support en pâte, cuite au four, etc…

Ce préambule pour parler d’un film d’horreur. Il y en a de diverses qualités mais ils doivent tous respecter un certain nombre de règles. Je suis absolument certain qu’il y a une école d’où i lfaut sortir pour pouvoir réaliser un film de studio. C’est effrayant de voir comme il y a peu d’originalité.

Quoiqu’il arrive, un film d’horreur commene ce par un groupe de personnes (ils doivent être deux minimum) dans un environnement hostile (ça ne se passe jamais dans un Starbuck). Vous pouvez choisir: la maison hantée, le bled de rednecks atteints de consanguinité, un hôpital la nuit, une cabane au fond des bois.

Le prédateur peut être un fantôme, un tueur en série, des redneck atteints de consanguinité (je sais, je l’ai déjà dit, mais je ne me suis jamais remis de Massacres à la tronçonneuse), un loup-garou, etc.

Enfin, il est de bon ton d’avoir un chevalier et une princesse qui ne forniquent JAMAIS! S’ils succombent aux plaisirs de la chair, il leur en coûtera.

Dernière règle, le groupe doit TOUJOURS se disloquer pour une raison toujours mauvaise (ça permet au spectateur de copieusement huer ces idiots).

Pour ce film, telle une pizza, je vous propose les ingédients suivants: un groupe de touristes dans un parc naturel du nord de l’Australie faisant du bateau dans le cadre d’un safari photo à la rencontre des crocodiles. Le prince charmant est un journaliste américain qui n’aime pas les bouseux (il voyage en costume) et la belle est la guide touristique qui n’a jamais quitté son bled. Autant vous l’annoncer tout de suite: ils ne vont pas forniquer (j’aime beaucoup ce verbe. C’est tellement plus classe que baiser).

Comme pour les pizzas, il y en a des bonnes et des moins bonnes. Ce film est un bon cru. Les images sont superbes (même après avoir vu le film, on a envie d’aller visiter le parc à crocos) et la réalisation tire parti des poncifs du genre pour en faire un bon divertissement.

14 août 2008 at 16:56 Laisser un commentaire


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