Posts tagged ‘Heroic Fantasy’

Le trône de fer – George R.R. Martin


Cela fait une éternité que je n’ai plus publié de billet à propos d’un livre. C’est une sensation bizarre de perdre le goût de lire. Pour être tout à fait exact, il vaudrait mieux parler de disponibilité à la lecture. Comme un passage à vide ou se concentrer sur un texte de quelques lignes vous parait insurmontable après une journée de boulot. En tout état de cause, le livre n’a rien à voir avec ce passage à vide.

En vérité, Le trône de fer est plutôt un bon bouquin. Il goupille les codes des intrigues historiques avec ceux du roman policier dans une saga de fantasy. Le style est fluide et les personnages assez profonds pour nous faire goûter ce monde qui craint tant l’hiver. George Martin développe une intrigue riche dans un univers cohérent en évitant les travers qui sont communs dans le genre (je déteste les artifices de la magie, je les assimile à la paresse du narrateur). Ici, point de magicien au pouvoir insensé mais des hommes faibles et ambivalents qui se frayent une place dans un monde médiéval qu’on sent sur le point de basculer dans une époque de troubles.

Seul bémol, à l’instar de beaucoup de récits du genre, ce livre n’est qu’un épisode de la saga. Rien ne l’indique clairement sur la couverture mais, le moins qu’on puisse écrire est qu’on reste sur sa fin (jeu de mot idiot que je ne peux m’empêcher de commettre).

Un incontournable pour les amateurs du genre qui ont aimé l’Assassin Royal de Robin Hobb. Je suis impatient de lire la suite.

25 février 2010 at 10:16 Laisser un commentaire

Anansi boys – Neil Gaiman


C’est David qui m’a fait découvrir Neil Gaiman avec ce bouquin aux accents fantaisistes, drôles et poétiques. Gros Charlie est le fils du dieu Anansi. Pas un dieu au sens figuré. Anansi est le dieu araignée à qui appartiennent toutes les histoires. Un père qu’il n’aime pas. Un père qui lui jouait constamment des farces dont il riait aux dépends de son fils. Gros  Charlie est devenu un comptable timide et sans ambition. C’est avec peu d’enthousiasme qu’il se rend aux obsèques de son père (c’est ainsi qu’on apprend qu’un dieu doit mourir de temps à autres pour ne pas oublier ce que c’est). Une ancienne amie de son père lui explique alors qu’il a un frère qu’il a oublié (!) doté des pouvoirs divins qu’il peut appeler en parlant à une araignée.

D’habitude, je ne résume pas un bouquin pour en donner mon opinion. Chacun peut lire le quatrième de couverture. Toutefois, ici, le sujet donne une idée (fort imprécise il est vrai) du ton du roman. A la relecture, je constate que je n’ai d’ailleurs pas réussi à restituer l’univers loufouque du livre. Car il s’agit bien d’un univers où le quotidien des humains bouscule celui des dieux. Un univers drôle, cruel et très cohérent. J’ai lu que Anansi boys avait reçu plusieurs prix de SF. J’avoue ne pas comprendre en quoi il relève de la SF. Il m’est d’ailleurs difficile de le catégoriser (le ton me fait penser à Terry Pratchett et son disque monde). En revanche, le bouquin mérite effectivement ses éloges. On ne peut s’empêcher de rire aux frasques des fils d’Anansi. En outre Neil Gaiman a une plume corrosive qu’il trempe souvent dans un jus de comparaisons hilarantes. J’ai également l’intuition que le livre gagnerait encore à être lu en anglais car bien que la traduction soit excellente, j’ai l’impression que les références constantes aux chansons prennent plus de sens dans le texte original.

A découvrir. (Merci David)

28 décembre 2009 at 10:23 1 commentaire

Le quatrième Cavalier – Bernard Cornwell


Il s’agit du deuxième tome de la saga d’Uthred le Saxon qui fût élevé par les Danes. Vers la fin du IXème siècle, les Viking déferlent depuis le Danemark sur l’Anglie qu’on n’appelle pas encore l’Angleterre. L’Anglie est constituée d’une myriade de petits royaumes que tente d’unifier le dévôt roi Alfred du Wessex.

J’avais beaucoup apprécié le premier tome que j’avais lu voici quelques années. La période historique qui suit la chute de l’empire Romain et qui précède le moyen âge est bizzarement peu exploitée par les romanciers. Le faible taux d’alphabétisation et les luttes d’influences religieuses expliquent probablement que peu de documents nous soient parvenus mais il n’en reste pas moins que la période est très fertile en intrigues pour un auteur imaginatif.

Malheureusement, j’ai trainé ce bouquin comme un fardeau qu’on se résigne à porter malgré les courbatures et les jambes flageolantes. C’est uniquement porté par le souvenir du premier opus que je suis parvenu au bout de celui-ci. Peut-être que je vieillis. On est loin des considérations politiques ou historiques bien qu’on suive le roi Alfred tout au long de l’épisode. Il semble que l’Histoire n’est faites que de batailles, de viols et de bains de sang dans une ambiance de religiosité superstitieuse. Cornwell se permet même des épisodes magiques qui auraient leur place dans un contexte de fantasy mais qui sont franchement malvenus dans un récit qui se veut historique. Au secours!

Une déception. Toutefois, j’appécierais qu’un lecteur de ce billet me recommande quelques titres qui traitent de cette période historique. L’Europe actuelle s’est bâtie pour une bonne part à cette époque et je réalise à quel point les manuels scolaires l’ont passé sous silence.

8 juillet 2009 at 10:58 Laisser un commentaire

L’assassin royal, tome 6: la reine solitaire – Robin Hobb


Le moins bon et le plus magique épisode de la saga de Fitz

Le moins bon et le plus magique épisode de la saga de Fitz

C’est avec une nostalgie téintée d’amertume que j’ai refermé l’ultime tome du premir cycle de l’assassin royal. Autant je m’étais passionné pour les premiers volumes autant j’ai trouvé indigestes les multiples emprunts à la magie. Jusqu’alors, FitzChevalerie nous avait habitué à évoluer dans un monde féodal où régnait diverses formes de Magies qui étaient d’ordre plutôt exceptionnel. Une forme de don dont seuls quelques uns était dotés et dont les contours étaient mal définis. Certaines formes de Magie étaient d’ailleurs fort mal considérées par la population qui y voyait une forme de damnation (tel le Vif qui permet de communiquer avec des animaux). Bref, la Magie était un adjuvent nécessaire au développement de l’intrigue mais qui n’empêchait pas les protagosnistes à devoir affronter des situations très réelles.

Dès lors, j’ai vraiment eu beaucoup de difficultés à surmonter les cent dernières pages de la quête de Fitz et de Vérité qui, par moment, ressemblaient à un mavais épisode de DragonBall. Je lirai la suite de la saga en espérant que Hobb a évité de sombrer dans ces travers faciles dasn les prochains tomes.

1 juin 2009 at 10:00 1 commentaire

L’assassin royal tome 5 : La voie Magique – Robin Hobb


La suite des aventures de Fitz qui, après avoir longuement voyagé seul, se retrouve accompagné d’une équipe qui l’aidera à trouver Chevalerie pour sauver les Six Duchés de l’oppression de Royal. Ceux qui n’ont jamais lu la saga ne comprennent rien à ce charabia mais ils sont les plus chanceux: ils peuvent encore découvrir les belles et palpitantes aventures écrites par Robin Hobb. C’est toujours aussi bien écrit et, si elle respecte les codes du genre de l’heroic-fantasy, elle prend soin de bien développer toutes les intrigues et de distiller les mystères qui contribuent au suspense. Entamer un Assassin Royal est comme déballer une friandise, on sait ce qu’on va manger mais la saveur nous procure à chaque fois le même plaisir coupable.

2 mars 2009 at 10:19 Laisser un commentaire

Assassin Royal – Robin Hobb


C’est toujours avec un sourire teinté de mélancolie que je referme un tome de la saga de FitzChevalerie, l’homme lige du roi Subtil, Bâtard de Chevalerie élevé par Burrich et Umbre. Que ce charabia ne vous détourne pas des aventures merveilleuses écrites par Robin Hobb. Il s’agit d’une longue série d’épisodes (à la manière d’Alexandre Dumas) qui reprennent la vie d’un enfant abandonné qui se révèle avoir du sang royal. Il est élevé comme garçon d’écurie mais les joutes politiques et les menaces externes (les pirates rouges) font qu’il se voit former comme assassin pour le roi.

Les nombreuses intrigues connexes et les personnages complexes sont à l’origine de la mélancolie que j’ai mentionné plus tôt. On s’attache tellement à leurs destins que les quitter ne fût-ce qu’un temps est comme faire ses adieux à un ami qu’on ne reverra pas avant un moment.

Ce conte d’heroic fantasy puise dans tout l’imaginaire des sagas modernes. Je pense notamment au Seigneur des Anneaux (pour l’ancrage dans un univers médiéval) mais aussi à Star Wars (dont l’histoire est manifestement inspirée). Je ne saurais trop conseiller à tous de suivre Fitz dans ses aventures. Pour ceux que l’Heroic Fantasy rebute (j’en faisais partie), cette série est sans doute la plus abordable. Pour ne rien gâcher, elle est fort bien écrite. Absolument recommandable à tout âge.

23 décembre 2008 at 10:56 1 commentaire

Légende – David Gemmell


Druss est une légende. C’est un vieux (60 ans!) guerrier qui a connu et vaincu tous les ennemis possibles. Tous le vénère. Cette fois, les Nadirs ont décidé d’envahir le riche empire Drenaï. Pour ce faire, ils doivent faire tomber la citadelle aux 6 murs de Dros Delnoch.

C’est léger, c’est violent, c’est de l’heroic fantasy, et c’est très bon. Les personnages feraient hurler les plus féministes (les femmes sont solides, belles et intelligentes mais elles sont aux côtés de leurs hommes) et les plus pacifiste (les combats sont omniprésents et d’une violence absurde), mais c’est fort bien écrit et donne à réflechir à l’absurdité de la guerre. Une absurdité complètement comprise par les personnages.

L’auteur enfile les annecdotes au fil du récit pour donner de la consistence aux personnages. S’il s’agit du premier livre de Gemmell, il a construit un tel univers autour de ce Fort Alamo médiéval que plusieurs livres viendront illustrer les raisons qui ont poussés Druss à venir mourir à Dros Delnoch.

J’ai lu, après avoir fini le bouquin, que David Gemmell a écrit son roman pour passer le temps alors qu’il suivait une thérapie contre un cancer. Sous cet éclairage, la lutte désespérée d’une poignée de guerriers pour défendre un bastion qui n’a aucune chance de résister à la supériorité numérique de l’ennemi, prend un autre aspect.

Ce qui fait dire au personnage du Comte qui dirige la citadelle au chef ennemi:

– Vous arrêter n’est pas ce qui compte rétorqua le comte. Cela ne l’a jamais été.
– Alors que faites-vous?
– Nous essayons de vous arrêter.
– Y a-t-il une subtilité à saisir?
– Il importe peu que vous la saisissiez. Il se peut que le destin veuille que vous gagniez. Il se peut qu’un empereur Nadir se révèle une bénédiction pour le monde entier. Mais demandez-vous ceci: s’il n’y avait eu que Druss et pas d’armée ici, quand vous êtes arrivé, vous aurait-il ouvert les portes?
– Non. Il se serait battu et il serait mort, répondit Ulric.
– Mais il n’aurait pas pu espérer gagner. Alors, pourquoi l’aurait-il fait?

29 août 2008 at 10:32 Laisser un commentaire

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