Posts tagged ‘economie’

Croissance


Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.

Kenneth Boulding

13 avril 2010 at 08:22 Laisser un commentaire

Haro sur Henry?


La gestion  du dossier Citta Verde à Farciennes me semble emblématique de deux conceptions fondamentalement différentes de pratiquer la politique (de gérer la cité au sens étymologique).

D’un côté l’ensemble du PS Carolo villipende la décision de Philippe Henry (Ecolo) pour sa décision concernant l’annulation du permis pour le gros projet immobilier à finalité commerciale ‘Citta Verde’ à Farciennes. Le promoteur (privé) du projet a des mots moins durs que Magnette (PS – Carolo) qui a qualifié Henry d’amateur. Le collègue (!) d’Henry Paul Furlan (PS – Carolo) au gouvernement régional  a enjoint les bourgmestres, promoteurs, citoyens à inonder le cabinet Henry de recours.

Je peux comprendre que le promoteur soit énervé. Je peux comprendre que les responsables communaux des environs de Farciennes soient en colère. On vient de leur retirer leur jouet qui pourrait rapporter gros à la commune. J’ai beaucoup plus de mal à comprendre les propos de Magnette et Furlan que j’ai connu plus inspirés.

J’ai mon opinion sur le projet. Sans être docteur en économie, croire qu’on peut créer ex nihilo 1500 emplois dans la distribution me parait hautement illusoire. Allez demander aux commerçants du centre ville à Mons ou à Charleroi (!) ce qu’ils pensent des Grands-prés ou de Ville 2. Le pouvoir d’achat global de la population n’est pas extensible et ce n’est pas créer de nouveaux commerces qui va créer de nouveaux acheteurs. Donc, en gros, on va simplement déplacer l’emploi et les consommateurs à Farciennes. Ce qui, je le répète, est une manne inespérée pour les finances de Farciennes. Le hic, c’est que la déclaration de politique générale (DPR) qui est l’équivalent de l’accord de gouvernement pour la coalition régionale stipule clairement qu’il faut évaluer l’intérêt de tout nouveau projet commercial en terme d’aménagement du territoire. Désertifier les villes où se trouvent les noeuds de communications pour envoyer les emplois et les clients à perpette les bains de pieds (Désolé pour Farcienne mais ce n’est pas précisément une métropole) n’a aucun sens en terme de développement, d’environnement et de sécurité (une ville sans passant devient vite un coupe-gorges).

Cela dit, mon opinion ne compte pas. Henry a été désigné responsable pour l’aménagement du territoire Wallon. Il a rempli son job en suivant à la lettre la DPR dans le cadre de ses compétences (ce que ne fait pas Furlan)

Deux manières de faire de la politique: le clientélisme et le sous-régionalisme du PS contre l’application des règles et la vision à long terme d’Ecolo.

Un dernier mot. Je n’ai plus regardé la télévision depuis jeudi mais le reportage de jeudi sur la RTBF quand le ‘scandale’ a éclaté m’a laissé perplexe. On y voyait Rudy Demotte (PS) qui entrevoyait la possibilité de ‘réétudier’ le dossier (de désavouer la décision de son ministre compétent),  on y entendait le promoteur éructer que le ministre Ecolo était contre la création de 1500 emplois, et on devinait Henry (un grand communicateur) minauder timidement que c’était comme ça. Na.

Cela fait longtemps que je m’insurge contre la dérive de la ligne éditoriale de la RTBF mais ces derniers temps, le tempo semble s’accélérer. On a vu pendant 25 minutes des reportages sans intérêt (et toi mon petit, tu aime bien la neige?) sur la neige qui bloquait la circulation. On a vu des louanges pour Justine Hénin qui a repris le boulot. On a vu des torrents d’émotion à Haïti et à Liège (en quoi la tristesse et le recueillement des familles sont de l’information. La RTBF confond émotion et information). Et, en ce qui concerne Citta Verde, on a vu des déclarations incendiaires sans aucune (!) mise en perspectives des propos tenus par chacun des intervenants.

15 février 2010 at 11:43 1 commentaire

Bons de réduction électroniques sur internet


Un article du Soir m’a fait sourire ce matin. Présenté comme une avancée, le bon de réduction « électronique » est maintenant une réalité. Il paraît que les Belges sont les champions du monde de l’utilisation de bons de réduction en magasin. Sans doute pour faire moderne, les distributeurs ont mis au point un système où il est possible de se procurer ces bons depuis votre ordinateur. En plus d’être complexe, le système est assez pernicieux.

Complexe? Jugez-en. Vous devez vous inscrire sur un site, choisir le bon, cliquer dessus pour qu’il s’imprime automatiquement sur votre imprimante. Il ne peut pas apparaître sur l’écran pour éviter les fraudes. Ce n’est pas tout. Il vous faut encore découper le bon (les caissières n’accepteront pas les feuilles A4).

Pernicieux? D’abord, les bons sont nominatifs. Les distributeurs pourrons tracer avec précision qui a acheté quel produit à quel moment et avec quel bon. Ensuite, la valeur faciale du bon ne peut pas dépasser 1 €. Ce qui est drôle, c’est que le coût de revient d’une page imprimée à l’aide d’une jet d’encre peut aller jusqu’à 30 centimes.

Ce genre de procédé qui vise à pousser le client à faire le boulot du distributeur et à contrôler la façon dont il consomme un produit se répand de plus en plus. On songe bien sûr aux banques qui découragent l’usage du guichet humain. Mais que penser du DVD qu’on ne peut pas lire s’il a été acheté légalement dans une autre ‘zone’ géographique? Que penser des connecteurs des gadget électroniques qui sont conçus pour ne fonctionner qu’avec une seule marque?

21 octobre 2009 at 09:33 1 commentaire

Taxer les banques


Imaginons que Rudy est le propriétaire d’un petit fritkot Bruxellois. Comme la commune ou il exerce ses activités voit ses caisses se vider, elle impose une taxe supplémentaire sur le litre d’huile à frite consommée. Pour faire passer la mesure, le conseil communal prend garde de peindre la mesure en vert en mettant en avant des raisons ‘environnementale’. Ca se fait beaucoup. Apprenant la chose, Rudy a hausse les épaule, augmente le prix du paquet et râle sur les politiciens qui sont tous des pourris.

Demain soir, nous allons tous voir défiler les responsables politiques nous expliquer fièrement comment ils ont pu éviter de faire payer trop lourdement les effets de la crise au citoyen pour faire peser un maximum de la charge sur les banques. Je me demande comment les banques vont réagir.

D’après moi, la contribution des banques telle qu’elle est envisagée n’est rien d’autre qu’une taxe indirecte qui sera payée par les consommateurs. Pourquoi ne pas s’attacher à lever les secret bancaire? Pourquoi ne pas mieux taxer les plus-values? Imposer les transactions? Il y a quelques années, l’industriel Flamand John  Cordier a revendu pour plusieurs dizaines de millions d’euros la société Telindus qu’il avait achetée une bouchée de pain avant de la développer. Il n’a pas eu à payer un centime d’euro sur la plus-value.

Tous ces bidules qui consistent à taxer les banques et supprimer les bonus sont des fumisteries qui loupent leur objectif.

12 octobre 2009 at 17:05 1 commentaire

Rouche: La couleur de l’argent


Je ne connais rien au foot. Je ne comprends rien à l’extase du supporter. La couleur du maillot du gars qui met le ballon au fond des filet me laisse totalement indifférent.

En fait, c’est plus que de la méconnaissance, de la mécompréhension ou de l’indifférence. C’est de l’ébahissement.

Comment investir autant d’émotions dans ce qui n’est finalement qu’une marque commerciale comme une autre? Des professionels assurent un spectacle et un suspense pour lequel ils sont rétribués. Leur employeur perçoit des bénéfices qui leur permet de développer leur masse salariale afin de recruter des collaborateurs plus efficaces afin de développer les parts de marché.

Reconnaissez que, sous cet angle, il est plus difficile de s’enthousiasmer. Il m’est tout autant impossible de comprendre pourquoi la marque ‘Standard’ fait la une de tous les médias sans devoir écorner son budget marketing. Je me demande ce que penserait le CSA si la RTBF relayait les efforts de Coca Cola (rouge et blanc) pour marquer des points contre Pepsi (bleu).

Que des parents encouragent leurs enfants sur un terrain de sport, c’est naturel. Qu’un amateur de sport apprécie de beaux gestes, c’est une question de goût. Qu’on soutienne une marque, ça me dépasse.

25 mai 2009 at 10:28 Laisser un commentaire

G20 et le mot qui fait peur


C’est fait. Les édiles mondiaux se sont penchés sur les problèmes du monde et ont injecté nos milliards et pourfendu notre beau paradis fiscal pour restaurer la confiance en attendant la relance. Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous mais, en ce qui me concerne, relance est un mot qui me fout les jetons.

Il implique qu’on place tous nos efforts pour effacer le désastre où nous a conduit l’ancien système en attendant de pouvoir le relancer. Ce beau système qui rend les riches toujours plus riches et les plus pauvres plus nombreux. La croissance qui ne mesure que la richesse générée en un temps donné. Pas le bien-être, pas le pouvoir d’achat (devenu l’aune du bonheur dans les médias), pas le niveau d’éducation. Juste la richesse générée. Pas sa répartition. Le ratio entre les salariés les mieux payés et ceux du bas de l’échelle n’a fait que s’agrandir ces 30 dernières années. Le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté n’a fait que croître. Et tout ce que demandent les élites en place est que ça reparte pour trente nouvelles années.

La relance.

Deux millions de personnes défilent dans les rues pour exprimer leur angoisse de l’avenir et tout ce qu’on en retient, ce sont les polémiques entre les organisateurs et la police. Trois millions pour les uns et 500.000 pour les autres. Un débat fondamental.

Vingts personnes (selon les organisateurs, la police présente en masse n’a pas pensé à compter) se réunissent à Londres et c’est une grand messe où chaque mot est rapporté dans le monde entier. Et tous les 20 n’avaient qu’un mot à la bouche: relance. On a utilisé les paradis fiscaux comme cache-sexe (vous saviez que Jersey était une île qui tirait toutes ses ressources de la pêche et du tourisme? en tous les cas, ce n’est offciellement pas un paradis fiscal. Et la Belgique est au même niveau  que Monaco. Cool.) mais tous les trilliards injectés n’ont qu’un seul but. Relancer le système. Comme avant.

Ca me fiche le bourdon.

6 avril 2009 at 08:55 1 commentaire

Industrie du divertissement


Un article sur l’excellent Blog politique m’inspire quelques réflexions

Pendant des décennies, l’industrie du divertissement a multiplié les supports en nous faisant racheter plusieurs fois les mêmes disques. Si vous aviez acheté Sgt Pepers en vinyle en ’68, vous pouviez le racheter en CD 20 ans plus tard. Beaucoup plus cher. Pendant la période où les CD et les vinyles cohabitaient dans les étalages des disquaires, les CD coutaient 50% plus cher. On a vécu la même chose avec les DVD qui ont replacé les VHS. Comment a-t-on pu nous vendre plusieurs fois les mêmes droits d’auteur de plus en plus cher?

A droit d’auteur égal, pourquoi un disque de Madonna vendu à des millions d’exemplaires est-il vendu au même prix que celui d’un obscur artiste local? Les économie d’échelle devraient rendre le disque de Madonna beaucoup moins cher. Si c’est par pure logique de marché, pourquoi les lobbies des majors insiste-t-il si lourdement sur la sauvegarde de la création artistique? Pourquoi sont-ce toujours les mêmes rentiers de la musique (ceux dont la réputation est établie depuis longtemps) qui servent de porte-drapeau à ces mêmes lobbies? Les artistes sont-ils un groupe homogène qui ont tous le même avis que Goldman, Halliday ou Bruel?

Ensuite, la technologie a complètement et très brutalement changé le rapport de force. Pourquoi la seule possibilité réaliste de voir un film de manière légale est de l’acheter? Je sais qu’il y a les videothèques, mais qui ont un choix tellement restreint qu’elle ne sont qu’un pis-aller. Si vous voulez voir la dernière saison de Lost, vous DEVEZ l’acheter. Peu d’entre vous la regarderont des dizaines de fois. La technologie permettrait facilement aux studios de distribuer des films en location par internet. Victime de sa cupidité, elle n’a pas su s’adapter et les consommateurs ont pris d’autres habitudes.

Ça ne va pas être facile de faire rentrer le dentifrice dans le tube.

16 mars 2009 at 10:13 Laisser un commentaire

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