Juliet, naked – Nick Hornby


J’ai failli refermer définitivement le bouquin au bout de quelques pages. Comme beaucoup, j’avais adoré Haute fidélité qui reste un trophée à poser sur toutes les bibliothèques des lecteurs occasionnels aux plus compulsifs.
J’ai failli le reposer car, comme beaucoup, Nick Hornby m’a énormément déçu. Chacun de ses livres semblait un peu moins bien que le précédent. Comme s’il avait puisé tout son talent du puit et qu’il se voyait réduit à pomper le fond de la nappe phréatique pour assurer sa subsistance. C’est par pure nostalgie que je tente de temps à autres de me confronter à la déception pour relire un de ses textes.
Ce n’est pas uniquement par pur nombrilisme que j’évoque ceci mais parce que c’est précisément la raison qui m’a poussé à en poursuivre la lecture. Un des thèmes développés dans Juliet Naked repose précisément sur l’espoir d’un fan que son idôle lui fasse l’aumône d’une nouvelle création.

Tucker Crowe est un musicien des années 80 complètement retiré du circuit qui fait l’objet d’un culte que lui vouent une poignée d’admirateurs en se livrant sur des forums internet à l’exégèse des textes les plus obscurs de l’artiste retraité.

C’est un aspect du roman fort bien pensé. Chaque artiste ou groupe semble semer un sillage plus ou moins profond de spécialistes qui vivent plus de l’image qu’ils se font de l’artiste par le biais de leur ressenti de leur oeuvre que l’artiste lui-même. Ce dernier ne maîtrise plus son oeuvre une fois celle-ci rendue publique. Qu’on songe à tous les livres, émissions, biographies des Beatles, de Gainsbourg, voire même de médiocres has been façonnés, broyés et recrachés par la télé-réalité.

Un autre versant du roman repose sur le phénomène des couples qui se nouent sur internet. Je peux me tromper mais, étrangement, aucun auteur ne s’était penché sur les rencontres virtuelles. Il est déconcertant de voir le nombre de gens de tous âges qui vivent une vie de couple épanouie qui se sont rencontré par le biais d’un moyen de communication qui était encore confidentiel voici quinze ans.

Juliet naked n’est pas Haute fidélité mais c’est une lecture fort agréable. C’est assez rare pour ne pas passer à côté.

3 avril 2011 at 09:25 1 commentaire

Double Faute – Lionel Shriver


Double faute est le produit d’un défi  à la fois stylistique et romanesque. Comment traiter du couple en évitant les écueils d’un thème si souvent abordé ? Sans manquer de culot, Lionel Shriver utilise l’allégorie du tennis pour aborder la question du mariage. La subtilité tient dans le style et le rythme du roman : les personnages s’étudient, s’amusent, s’affrontent, souffrent, jubilent comme si  leur vie se limitait à un terrain de jeu où les joueurs ne perdaient que si la compétition l’emportait sur le plaisir de jouer. Si la compétition dans le couple l’emportait sur le plaisir d’être ensemble.

Le périmètre de vie des protagonistes est entièrement limité voire dévoré par le tennis.  Shriver va jusqu’à calquer l’ambiance dans le couple sur leurs classements ATP/WTA.

On peut se laisser abuser par la couverture et le thème sportif qui encadre le récit mais le roman n’est en rien un livre sur le tennis. C’est un roman sur la vie en couple qui puise son originalité dans le traitement du sujet. Shriver tire parti des spécificités du tennis : on joue l’un contre l’autre (ou l’un avec l’autre), un filet coupe le terrain en deux, le nombre de points ATP/WTA reflète la valeur du joueur, etc. Si on peut regretter l’évidence de la symbolique utilisée, on reste bluffé par la maitrise de l’auteure.

J’ai énormément apprécié la fluidité et la pertinence du roman mais il souffre néanmoins de la comparaison (inévitable) avec Il faut qu’on parle de Kevin (du même auteur) qui lui est supérieur en bien des points. Je n’ai pas pris la peine de vérifier les dates de premières publications des deux romans mais j’ai le sentiment que Double Faute lui est antérieur. On sent la même intelligence de plume mais l’écriture semble plus technique que vivante. Le lecteur prend un coup de poing avec Kevin mais ne fait « que » apprécier une belle plume dans Double Faute.

Un grand merci à l’opération Masse Critique de Babelio pour ce bon moment de lecture.

Critiques et infos sur Babelio.com

13 janvier 2011 at 20:20 2 commentaires

iPad – Les raisons d’en rire


Une video qui ravira les connaisseurs. A comparer avec la pub originale d’Apple. Un bijou.

20 juin 2010 at 12:37 Laisser un commentaire

La Flandre


La transcription du débat virtuel que le rédacteur en chef du Standaard a fait avec les lecteur de La Libre est un peu longue mais c’est intéressant de connaître le point de vue d’un prescripteur d’opinion en Flandre. Voici le résumé qu’en fait un participant (texto):

– De wever est sympathique et vous l’aimez bien, il va jouer un rôle historique pour la Flandre
– les Flamands ne veulent pas l’indépendance mais vont voter de Wever en masse
– Maingain est un extrémiste
– les frontières linguistiques sont inamovibles et c’est de la provocation d’en parler
– c’est normal que les 3 bourgmestres ne soient pas nommés,
-Bourgeois est « un peu bizarre » quand il soutient ceux qui boycottent les élections
– Il faut une grande réforme de l’état et le confédéralisme, c’est mieux pour tout le monde

Un autre:

Il est extrêmement révélateur que M. Vandermersch parle de la frontière linguistique comme d’une chose sacrée (« nous, néerlandophones, considérons la frontière linguistique comme une chose acquise. C’est très difficile pour nous de voir que les francophones essaient de faire bouger cette frontières et qu’ils n’acceptent pas le principe de territorialité qui est si important pour nous. ») mais qu’il oublie que les facilités ont été précisément octroyées aux francophones en échange de la fixation de la frontière linguistique, qu’elles constituaient la seconde partie de l’accord de 1962 et qu’elles devaient être permanentes et non temporaires, comme les Flamands nous le racontent maintenant.

C’est très exactement la manière dont Kennedy résumait la technique de négociation des Soviétiques : « ce qui est à nous est à nous. Ce qui est à vous est l’objet de nos discussions. »

Ou enfin:

Que l’on arrête les frais. Ils se foutent de notre gueules. Je préfère avoir 100 euro en moins que d’être méprisé comme ça.

On peut adhérer ou réprouver ces propos mais je trouve singulier qu’ils proviennent de lecteurs d’un journal francophone qui n’a jamais caché ses options belgicaines. J’y vois un profond changement dans l’opinion francophone qui n’accepte plus de courber l’échine devant la majorité flamande par peur ou par honte du passé. Je me demande sincèrement si la Flandre a conscience de ce basculement de l’opinion.

9 juin 2010 at 13:59 Laisser un commentaire

L’ombre du vent – Carlos Ruiz Zafon


Certains livres ont une vie propre et veulent absolument finir entre vos mains. Une amie enthousiaste m’avait déjà prêté le L’ombre du vent et je l’avais laissé tomber au bout d’une trentaine de page en soupirant d’agacement. Le ton, le style, le sujet me déroutaient tout en me laissant de glace. Entretemps, j’ai lu beaucoup de commentaires dithyrambiques sur ce bouquin (à l’exception de l’article en boulet de canon de Reka) et j’avais beaucoup de connaissances qui me poussaient à fléchir ma détermination de ne pas retenter l’expérience. Ce livre est ce qu’il est convenu un phénomène de librairie porté par sa réputation et le bouche-à-oreille.C’est ainsi qu’un proche qui ne lit jamais et qui a voulu me faire plaisir en m’offrant un livre soigneusement choisi en accord avec mes goûts et les conseils du vendeurs. Je ne pouvais plus me défiler.

J’ai relaté cette anecdote car la vie des livres est un des thèmes traité par L’ombre du vent. Un enfant de 11 ans (Daniel) est emmené par son père dans le cimetière des livres: un lieu -qui fleure bon la tendance pseudo gothique à la mode) où sont entreposés tous les livres disparus. Daniel en adopte un (ou le livre adopte Daniel). Daniel décidera d’enquêter sur l’auteur du livre. C’est sur ce socle fort fragile que Zafon bâtit une intrigue prévisible et passablement ennuyeuse. Seul le contexte (Barcelone après la guerre civile au coeur du franquisme) sauve le roman.

L’histoire se déroule sur plusieurs plans: celui du narrateur, celui de l’auteur du livre sur lequel il enquête et celui qui régit le destin de l’auteur du livre (vous me suivez toujours?). Ce jeu de poupées russes littéraires qui prend la forme d’une perpétuelle mise en abîme est assez déroutant mais pas trop désagréable même si la ficelle est trop grosse à mon goût. Ce qui est nettement plus pénible est le style à la fois gothique et désuet choisi du texte. La lecture est facile et on se surprend à lire des chapitres entiers sans lever la tête mais, paradoxalement, je n’avais pas envie de l’ouvrir. Ses personnages ont ce côté artificiel des feuilletons du début du 20ème siècle avec un vilain sans nuance, un faire-valoir plein de ressources et de mystères, un héros naïf et perclus de valeurs morales.

Je peux comprendre que le livre ait eu du succès car il est bien écrit et relate une histoire à tiroirs qui ferait frémir d’aise les nostalgiques de Dumas ou de Stevenson. Je comprends plus difficilement les lecteurs réguliers plus difficiles à satisfaire par nature qui encensent ce roman. Carlos Ruiz Zafon recycle des recettes éculées pour boucler un récit qui ne m’a soulagé que de quelques bâillements. On me dit que L’ombre du vent est un livre magique et poétique. Je l’ai trouvé naïf et prétentieux.

7 juin 2010 at 15:19 6 commentaires

Attendre


L’attente est la rouille de l’âme.

Carlos Ruiz Zafón dans L’ombre du vent

3 juin 2010 at 18:04 Laisser un commentaire

Les pauvres et les riches


Le moyen le plus efficace de rendre les pauvres inoffensifs est de leur apprendre à vouloir imiter les riches.

Carlos Ruiz Zafón dans L’ombre du vent

2 juin 2010 at 18:01 Laisser un commentaire

L’insoutenable légèreté de l’être – Kundera


Lorsqu’elle me l’a offert, mon amie m’a dit ‘tu verras bien’. C’est vrai que mes humanités m’ont rendu réfractaire à tout ce qui est reconnu comme « classique » de la littérature. Je raconte souvent que je n’aurais probablement plus jamais ouvert un livre si je n’en avais pas pris l’habitude (et éprouvé du plaisir) avant d’être obligé de lire Thérèse Desqueyroux. Ce n’est qu’un exemple mais, je persiste à trouver criminel de faire lire un bouquin aussi ennuyeux à des gamins de 16 ans. Je pensais qu’une des missions de l’école était de donner le goût de lire. D’après ce que je peux constater, la mission a échoué.

Ce livre a été élevé au rang de classique quasiment dès sa sortie. A mon avis, ce prestige doit autant au statut de l’auteur – un intellectuel persécuté dans un pays situé du mauvais côté du rideau de fer (le livre est sorti en 1982) – qu’à de la qualité du texte. Autant l’écrire tout de suite, je n’ai pas aimé. Kundera crée ses personnages pour leur faire emprunter les chemins qu’il n’a pas pu ou su prendre dans sa vie (un des thèmes du roman est une réflexion sur l’implication de ses choix conscients et le poids du hasard dans notre existence) plutôt que pour leur donner de la chair. Ils ne sont qu’un prétexte pour articuler les réflexions de l’auteur autour de leurs vies artificielles. J’ai trouvé pénible cette manière qu’a le narrateur de jeter à la figure du lecteur sa faconde et ses sophismes.

Assez étrangement, c’est très facile à lire. Si le style est pompeux (et parfois pompant), le texte reste aéré car aucun chapitre ne fait plus de quelques pages. Le lecteur n’a pas le temps d’être assommé par les pontifications de Kundera.

Cela dit, tout n’est pas à jeter. Les conditions de vie dans la Tchécoslovaquie d’après le printemps de Prague sont intéressantes. Le problème est que j’ai eu l’impression de lire un livre de salon parisien écrit par un intellectuel maudit. Une quasi-caricature. Peut-être aurais-je été moins virulent si Kundera avait écrit un essai philosophique au lieu d’un roman.

1 juin 2010 at 14:02 3 commentaires

La ballade de l’impossible – Haruki Murakami


Ce n’est que le deuxième livre de Murakami que je lis (après le fabuleux Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil ) mais ses autres bouquins se trouvent désormais sur ma liste virtuelle de mes prochaines lectures.

Watanabé est un étudiant un tantinet asocial qui tombe amoureux de l’ex de son ami qui s’est suicidé un an avant de rentrer à l’université. Ca n’a pas l’air passionnant comme ça et cela ne l’est pas. La force de l’écriture de Murakami réside plus dans le plaisir de la lecture que dans la quête de ses personnages. Le voyage est plus important que la destination.

Je n’ai pas la prétention d’expliquer l’oeuvre de Murakami. Comme dans Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, le personnage principal (le roman est écrit à la première personne) semble se débattre dans une bulle de verre. La vie se déroule sur un écran qu’il peut toucher mais qui n’a aucun relief. La distance exprimée par Watanabé envers le monde qui l’entoure (le Japon de la fin des années 60, ses amours, les livres, la politique, …) rend paradoxalement plus facile au lecteur la tâche de comprendre l’étrange torpeur qui percole à travers tout le roman.

Murakami réussit le tour de force d’écrire un roman à la fois accessible et profond. Son style est fluide et ses personnages sont attachants malgré la distance qu’ils entretiennent avec la réalité.

Une lecture agréable et apaisante.

28 mai 2010 at 11:07 Laisser un commentaire

Coquetterie


Qu’est-ce que la coquetterie? On pourrait dire que c’est un comportement qui doit suggérer que le rapprochement sexuel est possible, sans que cette éventualité puisse être perçue comme une certitude. Autrement dit: la coquetterie est une promesse non garantie de coït.

Kundera dans L’insoutenable légèreté de l’être

26 mai 2010 at 10:34 Laisser un commentaire

Questions


Une question  à laquelle il n’est pas de réponse est une barrière au-delà de laquelle il n’y a plus de chemins. Autrement dit: ce sont les questions auxquelles il n’est pas de réponse qui marquent les limites des possibilités humaines et qui tracent les frontières de notre existence.

Kundera dans L’insoutenable légèreté de l’être

25 mai 2010 at 10:31 Laisser un commentaire

Orgasme


Avait-elle les yeux clos? Non, mais ils ne regardaient nulle part, ils fixaient le vide au plafond et, par instants, elle tournait violemment la tête tantôt d’un côté, tantôt de l’autre.

Kundera dans L’insoutenable légèreté de l’être

24 mai 2010 at 10:28 Laisser un commentaire

La séparation – Christopher Priest


C’est avec des sentiments mitigés que j’ai refermé ce bouquin. L’idée est franchement excellente même si elle n’est pas tout à fait originale. Deux jumeaux anglais suivent une trajectoire différente à partir de 1936. L’un s’engage dans la RAF pendant que l’autre devient objecteur de conscience et militant pacifiste au début de la seconde guerre mondiale.

Christopher Priest poursuit une intrigue à tiroirs en imaginant plusieurs futurs possibles selon que l’un des frères survive à un moment charnière de la guerre. La première partie du récit prend la forme d’un carnet de souvenir qui décrit l’issue de la guerre telle que nous la connaissons. L’autre développe l’uchronie sur la base de la réussite de négociations de paix survenues en 1941 avant l’invasion de l’URSS par les nazis.

Cependant, résumer ce roman à une simple dérive possible de l’Histoire se révèle inexact. Christopher Priest axe son roman autour de la singularité de l’individu et de la relativité de la réalité pour chacun. Il m’est difficile, en quelques mots résumer l’ambiguité entretenue par l’auteur envers le but poursuivi par son texte. C’est pour tant de cette ambigüité que provient mon manque d’enthousiasme. J’ai l’impression d’être passé à côté de la moelle épinière de son roman. En dépit de son érudition, la partie qui se déroule dans le contexte historique que nous connaissons soulève des questions qui déstabilisent le lecteur qui a l’impression permanente de parcourir un terrain instable.

Pour ceux d’entre vous qui seraient tenté par un roman qui se déroule dans un contexte historique alternatif (uchronie), je ne peux que vous recommander chaudement Fatherland de Richard Harris (dont tous les livres sont au minimum très bons). Sur fond d’enquête policière, Harris décrit le monde des années cinquantes si l’Allemagne Nazie avait gagné la guerre. Un régal.

23 mai 2010 at 10:18 2 commentaires

Mariage


Joëlle Milquet propose ’’L’Union fait la force’’. Elle est folle ou quoi ? Une femme qui dit non pendant 3 ans de mariage et puis qui vient dire que le mariage c’est le secret du bonheur…

Bart De Wever dans Le Soir

22 mai 2010 at 10:26 2 commentaires

Le dernier voyage d’Horatio II – Eduardo Mendoza


Horatio II est le commandant d’un vaisseau spatial où tout va de travers. Il ne sait pas trop combien de temps durera le voyage car il n’en connaît pas la destination. Le ravitaillement est un problème vu que personne ne le gère. Le premier et second officiers sont juste un poil plus incompétents que le commandant.

J’ai eu par moment l’impression de lire un bouquin de management qui raisonnerait par l’absurde. L’équipage comporte des « Vieillards Imprévoyants », des délinquants et des « Femmes Dévoyées » . Tous sont cantonnés dans leurs quartiers tant qu’ils suivent les consignes. Comme personne ne songe à respecter quoi que ce soit …

C’est souvent drôle mais trop répétitif à mon goût. Le vaisseau évolue d’une station spatiale à l’autre au fil de péripéties qui se ressemblent e. Je me suis vite lassé bien qu’il s’agisse d’un roman fort court.

17 mai 2010 at 10:44 1 commentaire

Suremballage – pétition


Cela ne rate jamais. Après la file dans le parking bondé du Colruyt, la file à la caisse, le chargement des courses, le rangement du frigo et le garnissage des étagères, il reste toujours une dernière corvée pour ponctuer le samedi matin. La corvée la plus inutile et probablement la plus coûteuse (normal si elle est inutile): il faut jeter tous les emballages à la poubelle. On tasse les plastiques qui recouvrent les bouteilles, on plie les cartons qui protègent les tubes de dentifrice, on tasse, on pousse, on grogne… pour quoi faire? Il paraît que le consommateur veut de beaux emballages colorés. Pas moi.

Les chiffres concernant le suremballage sont démesurés.
Comment agir ?
Désormais, tout le monde a le droit de proposer une pétition au parlement européen sous condition d’avoir un million de signatures.
Ca n’a encore jamais été fait par un citoyen européen ? Et bien, faisons-le !
– Après avoir distingué emballage et suremballage,
– Après avoir proposé une action rectificative pour les pratiques industrielles et commerciales,
– Après avoir créé le texte de la pétition sous la forme juridique appropriée et l’avoir traduit dans le plus de langues européennes possible, nous l’amènerons au parlement européen.
Créé sur FaceBook, le groupe contre le suremballage est totalement apolitique.
Nous avons besoin de tout le monde. Chaque signature compte. Chaque signataire aura concrètement contribué à faire bouger les choses.

Signez la pétition!

16 mai 2010 at 11:55 3 commentaires

Contraintes


La vie est ainsi faite que les gens vivent en se contraignant mutuellement.

Haruki Murakami dans “La ballade de l’impossible

15 mai 2010 at 11:44 Laisser un commentaire

Dolce agonia – Nancy Huston


J’ai des amis formidables. Beaucoup d’entre eux m’ont offert des livres pour mon récent anniversaire. J’ai toujours trouvé que c’était un cadeau intime et un peu casse-gueule. On n’offre pas un simple tas de papier, mais on partage un texte qu’on a apprécié. Voire aimé. On peut aussi en offrir un qu’on n’a pas lu mais dont on pense qu’il plaira. On transmet ainsi le une image qu’on a de celui à qui on fait le cadeau. évidemment, c’est aussi extrêmement difficile à offrir si vous ou votre ami ne lisez pas.

Bref.

Une amie m’a donc offert Dolce Agonia qui lui avait été conseillé par une amie. Si on y pense, c’est drôle de se rendre compte que je n’aurait probablement jamais lu ce livre si tout un réseau de connaissances ne m’avait précédé dans sa lecture.

Le roman dont le thème porte sur l’amitié une variation littéraire de ces films de dîner qui pullulent sur les écrans Français (Le code a changé, Cuisine et dépendances, …). Je n’ai jamais particulièrement aimé ces histoires de bourgeois qui croisent le fer d’un mot assassin autour d’un repas et où se nouent et se révèlent les intrigues amoureuses et souvent clandestines. Pourtant, ce qui m’irritait dans ces films est probablement ce qui m’a tant plu ici. Nancy Huston pousse très loin le don d’ubiquité et d’omniscience du narrateur en faisant prendre la plume à Dieu lui-même. C’est ainsi qu’Il nous dévoile les secrets de chacun, leurs peurs enfouies ainsi que leurs histoires publiques et les autres inavouables. Avec une pointe de cruauté, Il nous précise également où et comment chacun des participants de ce dîner de Thanksgiving vont mourir. Enfin, Il décrit avec brio les pensées qui s’enroulent autour des personnages au gré de conversations d’apparence anodine. Les pensées évoluent comme un ruisseau dont le lit évoluerait au fil des personnages.

Peut-être est-ce une forme de voyeurisme mais j’ai  dévoré le livre avec beaucoup de gourmandise. J’ai éprouvé un peu de tristesse à connaître la fin de personnages auxquels je m’étais attaché malgré (ou à cause) de leurs failles parfois révulsantes.

Un très bon moment.

14 mai 2010 at 16:09 Laisser un commentaire

Ruines


On avait l’impression de vivre seul au milieu de ruines parfaitement entretenues

Haruki Murakami dans « La ballade de l’impossible« 

13 mai 2010 at 17:39 Laisser un commentaire

Sukkwan Island – David Vann


Un dentiste convainc son fils de 13 ans de passer un an avec lui dans une cabane perdue au fin fond de l’Alaska.  Sur cette trame légère, David Vann construit une intrigue solide et étouffante dans un décors sauvage qui souligne la solitude des personnages.
Ce livre plongera dans un abîme de perplexité tout lecteur souffrant de troubles obsessionnels du comportement qui le pousse à classer ses livres exclusivement par catégories. Sukkwan Island navigue avec beaucoup de bonheur entre les genres. C’est à la fois une réflexion sur la complexité des relations père-fils, un huis-clos et un thriller. En effet, la construction du roman pivote autour d’un moment clef qui prend le lecteur à contrepied surprendra tout amateur de sensations fortes. L’auteur installe également une atmosphère pesante qui tiendra en haleine les lecteurs les plus exigeants.
Une anecdote: je lisais avec avidité lorsqu’une phrase me frappa tellement que je cru avoir mal lu. J’ai relu le paragraphe pour m’assurer que j’avais bien lu. Ce coup de théâtre est un vrai coup de maître. Une seule phrase d’à peine quelques mots retourne complètement le sens du roman sans bouleverser la cohérence du récit. J’ai rencontré le procédé de temps à autre au cinéma mais jamais avec un tel bonheur dans un livre.

Le style nerveux de David Vann contribue au plaisir de la lecture. Les dialogues ne se distinguent jamais du reste du texte comme l’usage le prescrit: aucun tiret, aucun guillemet, pas d’italique. Juste le texte dans sa nudité brutale. Si le procédé m’a effrayé dans les premières pages, il s’avère très efficace pour pénétrer la profondeur des deux protagonistes.On ne peut s’empêcher de penser à Into the wild de Jon Krakauer (que je n’ai pas lu mais dont j’ai adoré l’adaption de Sean Penn au cinéma) et à La route de Cormac McCarthy(dont j’ai vainement tenté à deux reprises de passer le cap des 40 pages) auxquel Sukkwan Island fait immanquablement écho. Toutefois, la tension et la folie qui percolent à chaque page rendent ce roman plus saisissant.

Une belle idée de cadeau. Je regrette le peu de couverture médiatique qu’il suscite.

20 avril 2010 at 14:18 Laisser un commentaire

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates – Mary Ann Shaffer, Annie Barrows


Un roman fort désuet tant dans la forme que dans le fond malgré un thème intéressant.

Le roman se situe en 1946 dans l’île anglo-normande de Guernesey. Le lieu est particulièrement bien choisi car, à l’exception du film ‘The others‘ qui y fait brièvement référence, ces îles sont les seules qui furent soumises au joug nazi.  Les auteures peuvent donc illustrer un pan méconnu de l’occupation au fil des nombreux flashback propre aux romans épistolaires.

C’est en effet la forme littéraire qui suscite la première surprise et la première déception. Je n’ai en tête que les Liaisons Dangereuses de Choderlos de Laclos qui utilise la même ficelle du recueil de correspondance fictive entre les divers protagonistes. C’est un choix singulier (voire courageux) à une époque où les sms ont supplantés les missives mais elle se conçoit dans un roman situé après-guerre. Cela n’empêche pas le texte de sembler fort daté au lecteur.

Si j’ai vraiment été séduit par la fluidité du récit et l’éclairage nouveau et bien documenté sur une période méconnue de l’Histoire, je ne peux qu’exprimer mon incompréhension pour la manière dont le thème est abordé (au-delà de la forme du roman). En effet, le romantisme fleur bleue et  les personnages caricaturaux semblent sortir tout droit d’un dix-neuvième siècle idéalisé par une jeune fille tenue à l’écart du monde par des parents amish. Alors qu’on est sensé pénétrer l’intimité d’une correspondance multiple où les intrigues historiques et romanesques se nouent, on n’est témoin d’aune passion. Tout au plus, l’héroïne est-elle « gaie » lorsque l’objet de son amour secret lui « jette un regard ». De même, elle est « révoltée » par les exactions nazies. Tout est à l’avenant. C’est plat et sans chair. Les Liaisons dangereuses (publié en 1782) étaient autrement moins prudes. Les Hauts de Hurlevent (1847) nous plongeait fort explicitement dans les tréfonds de l’âme humaine. On nage ici en plein roman Harlequin haut de gamme.

La large couverture médiatique et les bonnes critiques ont largement influencé mon achat. Cela prouve une fois de plus que je suis trop influençable et que les seuls conseils que je devrais suivre sont ceux de mes amis. Si je n’en regrette pas la lecture, le livre est largement surévalué. Il fera néanmoins le bonheur des producteurs hollywoodiens en mal de bluette pour un public au coeur d’artichaud.

14 avril 2010 at 14:45 1 commentaire

Croissance


Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste.

Kenneth Boulding

13 avril 2010 at 08:22 Laisser un commentaire

L’heure BHV


Résumons.

Trois bourgmestres élus en 2006 ne sont toujours pas reconnus par l’autorité flamande. Ils ont enfreint un décret flamand qui s’oppose à une loi fédérale. Le débat juridique n’est pas clos.

Des commerces de la périphérie bruxelloise se sont fait tancer par les autorités communales flamandes pour avoir affiché des propositions commerciales en d’autres langues que le néerlandais. Dans des endroits où tant de clients sont francophones ou anglophone, c’est un non-sens commercial qui ne s’appuie sur aucune règle juridique.

Il y a quelques années, un chauffeur de bus de la société De Lijn s’est fait réprimander pour avoir oublié de changer la langue d’affichage de son terminus une fois passée la frontière linguistique.

Il y a eu le sketche de François Pirette qui démontrait que les employés communaux de Dilbeek ne pouvaient parler français que si leur chef l’autorisait explicitement. Foin du service au citoyen et foin de la simple politesse. Qu’on ne réponde en néerlandais par ignorance de l’autre langue est une chose. Refuser d’aider quelqu’un par règlement en est une autre.

Il y a le ‘wonen in eigen streek’ qui laisse une latitude suspecte à la province. Les critères d’autorisation à l’achat d’un bien immobilier dans certaines communes flamandes ne sont pas d’une transparence absolue.

Il y a les accords entre certaines communes flamandes et les agences immobilières pour écarter les francophones des listes de candidats acheteurs. On se demande quelle est la contrepartie pour les agences immobilières. La cerise sur le gâteau est qu’un des bourgmestres qui a institué cette pratique illégale n’est autre que Jean-Luc Dehaene qui est la personne sensée mettre tout le monde d’accord.

Ca fait beaucoup. Je ne sais même pas pourquoi ça m’énerve autant. Il n’y a aucune chance pour que j’aille m’installer à Vilvoorde et on m’a bien fait comprendre que je n’étais pas le bienvenu. Qu’on ne me parle pas d’intégration car la connaissance du néerlandais ne suffit pas pour être jugé assez flamand pour acheter une maison. Qu’on ne me parle pas de bourgmestres hors-la-loi car ceux (dont Dehaene) qui avaient refusé d’organiser les élections tant que BHV n’était pas scindé n’ont même pas eu droit à un  froncement de sourcils. Pour le coup, il n’y avait pas d’arguties juridiques. C’était clairement illégal. Deux poids et une seule mesure. Flamande.

12 avril 2010 at 12:15 1 commentaire

Black Album – Hanif Kureishi


Black Album a été publié en 1997. C’est, d’après, moi le principal attrait d’un livre qui traite entre autre du radicalisme islamique. Kureishi nous décrit les péripéties d’un jeune anglais d’origine pakistanaise féru de littérature et de Prince. Shahid est en permanence tiraillé par les différentes composantes de son identité: la culture, son âge, l’explosion de sa sexualité, son pays, ses parents immigrés, et surtout … son rapport à la spiritualité. Son désir de s’intégrer à la vie estudiantine le mène à fréquenter des étudiants très religieux emmenés par un ascète charismatique au discours radical.

L’auteur a réussi un tour de force a posteriori en décrivant les mécanismes du communautarisme et du radicalisme musulman. Comme beaucoup, j’ai découvert l’ampleur du phénomène le 11 septembre 2001. A cette époque, je croyais que les extrémistes religieux vivaient très loin de nous dans des régions où la pauvreté et le manque d’éducation servait de terreau à une foi intransigeante. En utilisant un jeune immigré comme personnage atypique, Kureishi donne de l’épaisseur à un phénomène que je ne connaissais que par les articles de journaux.

Cela écrit, je conserve une opinion mitigée sur le roman lui-même. Il est conçu comme un longue fable plombée par une symbolique trop évidente pour être efficace. En outre, comme dans tous les contes, la vraisemblance est délaissée au profit de situations explicites et bancales. On a l’impression que l’auteur a écrit 600 pages pour n’en garder que 400 et je me suis surpris plusieurs fois à revenir quelques pages en arrière pour comprendre comment le personnage en était arrivé là. L’accumulation de ces ellipses et l’artificialité de ce conte moderne n’aide pas le lecteur à s’attacher aux personnages. En effet, qui a jamais réellement frémi pour le Chaperon Rouge ou pour Blanche Neige?.

En ce qui concerne la thématique, j’avais été nettement plus séduit par Terroriste de John Updike qui décrivait également les mécanismes et les racines de l’extrémisme religieux. Toutefois, Updike avait clairement choisi le mode journalistique pour appuyer son propos. Kureishi commet le péché d’orgueil en voulant en faire de trop et affaiblit de fait son propos.

2 avril 2010 at 13:37 Laisser un commentaire

Je ne comprends pas


Cette semaine, on a pu se procurer l’hebdomadaire Télémoustique accompagné de 6 cannettes de bières. Le tout pour 2 euros. Mon libraire m’a dit que l’action avait eu un succès considérable: des gens qui savent  à peine lire se sont précipité pour l’acquérir. On peut saluer un tel effort pour relancer l’alphabétisation.

Dans un autre registre,Nicolas Sarkozy a pris des mesures énergiques pour lutter contre le déclin de l’intérêt des électeurs envers leur représentants politiques. Il a conditionné la taxe carbone à un accord européen. Si vous désirez éviter de faire preuve de courage envers un sujet polémique, posez comme condition que 27 pays aux intérêts divergents se mettent d’accord sur ce même sujet. Même les calendes grecques sont dépassées. Ce qui est étrange, c’est que ce même Nicolas Sarkozy présentait cette réforme comme la plus importante pour la société française depuis l’abolition de la peine de mort. Alors qu’il avait déjà subi un revers sur le sujet lorsque la cour constitutionnelle avait rejeté le projet de loi (pour des raisons d’équité entre les contribuables), il avait annoncé qu' »il n’était pas de ceux qui renoncent à la première difficulté« . Alors que le vote écologiste ne fait que progresser depuis plusieurs élections, j’ai un peu de mal à comprendre comment interpréter la gifle infligée aux quelques électeurs qui croyaient encore que voter avait un sens.

30 mars 2010 at 10:41 Laisser un commentaire

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